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Here's the smell of the blood still

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APARECIUM : 27/02/2016
HIBOUX : 418
CREDITS : Avatar ROXY
AVATAR : Gemma Arterton
PSEUDO : Linda Oswin
AGE : Trente-six ans
SANG : Son sang est pur mais elle ne se considère pas comme tel
ANCIENNE MAISON : Elle a fait des études avec un professeur Particulier
SITUATION : En couple avec Ludovic Descremps
IDÉOLOGIE : Contre les mouvements extremistes
MÉTIER : Directrice des Auror


MessageSujet: Here's the smell of the blood still Lun 21 Aoû 2017 - 16:17



Here's the smell of the blood still

Morgan Winterfield

Morgan fermait et rouvrait le poing lentement, le regard rivé sur la danse de ses doigts comme hypnotisé par le mouvement que ces derniers exécutaient. Affalé dans son fauteuil, la tête pendant mollement sur le côté, Morgan était dans un état pitoyable avec son teint plus blafard qu'il ne l'avait jamais été, mais sur son visage une expression un peu folle étirait un sourire absent qui laissait découvrir ses dents. Ce n'était pas sa main qui le passionnait autant, ce n'étaient pas ses doigts, c'était... Cette sensation.
Sa peau était froide, glacée alors qu'il ne faisait même pas si froid, et il sentait rien qu'en fermant le poing chacun des muscles de son bras se contracter puis se détendre. Il sentait ses articulations tirer sur ses tendons et savait qu'elles pouvaient tirer bien plus que cela à présent Cette énergie qui coulait en lui depuis plusieurs mois maintenant, qui lui donnait cette force, ce soutien, tant et si bien qu'il n'avait qu'à peine le besoin de fermer l'oeil lorsque venait le jour. Comme une douce addiction, elle coulait sur lui sans jamais s'interrompre, l'abreuvant quand lui venait même l'envie de piquer un somme pour le revigorer au moment même. Il se doutait que devenir un vampire serait difficile, plein de concessions, mais jamais il n'avait pensé que le plaisir qu'il en tirerait serait si grand.
Un souffle amusé passa ses lèvres avant que son buste ne fut secoué d'un rire qui s'amplifia peu à peu, finissant par résonner dans le grand salon vide tandis qu'il se laissait glisser encore plus dans son fauteuil jusqu'à finir couché. Passant ses mains sur le visage, son rire continua puis il se saisit d'une énième bière posée sur le sol et qu'il avait commencé plus tôt pour la porter à ses lèvres en regardant le plafond d'un air absent, son esprit noyé dans des vapes d'alcool et de folie.

Rendu hagard par son état, il étira les bras derrière sa tête, ces derniers pendant dans le vide en faisant glisser peu à peu son corps vers le sol, et il ne tarda d'ailleurs pas à finir totalement à terre, se tordant dans tous les sens en laissant parfois échapper quelques soupirs bienheureux. La mort avait bien des attraits dont il ne se serait jamais douté.
Alors qu'il profitait de sa tranquillité d'une façon qui deviendrait bientôt une habitude, un son strident retentit aussitôt, lui faisant lever la tête l'air alerte. C'était comme un sifflement qui lui striait les oreilles, un son clairement désagréable et qu'il mit quelques instants à comprendre, ou ne serait-ce que se souvenir à quoi il correspondait. Pourquoi avait-il fait ça déjà ? Pour quelque chose d'important... Quelque chose de grave... Comme un chien aux aguets, il tourna la tête, cherchant l'origine de ce son en s'appuyant sur le fauteuil pour se relever tant bien que mal. Il le savait, il savait à quoi ça correspondait mais...
Oui !

- Ludovic !

Ce nom sonna doux comme du miel aux lèvres du Mage Noir, et ce fut comme animé d'une énergie toute nouvelle qu'il se redressa, titubant de plus en plus rapidement vers la sortie comme si son vieil ami se trouvait juste derrière la porte. Ouvrant la première venue aussi brutalement qu'il le put, un large sourire s'afficha sur les lèvres tandis que la porte trembla dans ses gonds, et, comme s'il y avait du monde dans le couloir, le cadavre s'exclama malgré le boucan de l'alarme :

- Ludovic Descremps nous faire l'honneur de sa présence ! Un rire, il tourna sur lui, les bras écartés et regard rivé sur le plafond. Debout bande d'ignares, nous devons accueillir notre hôte comme il se doit !

Et sur ses mots, il se précipita sur sa baguette abandonnée à quelques mètres sur le sol et jeta son sort pour disparaitre et réapparaître immédiatement dans un lieu beaucoup plus silencieux.
Le regard allumé par une lueur excitée, l'écossais regarda la grande demeure une seconde, impressionnée par sa taille et son aspect. Ca avait du clinquant, il fallait bien l'avouer, et Morgan aimait le clinquant. Il allait prendre plaisir à tout faire brûler une fois qu'il en aurait terminé avec ce cher Descremps. Fermant les yeux, humant profondément l'air, il tenta d'utiliser ses nouvelles capacités pour détecter la présence de son vieil ennemi mais il n'entendait rien encore et ne connaissant pas encore l'odeur de son némésis, il ne pouvait la reconnaître. Alors, il s'engagea dans la maison, le pas léger, les mains dans les poches comme s'il visitait un musée fort intéressant. Il continua sentir l'air de manière régulière, tendant l'oreille pour essayer d'entendre quoi que ce soit, mais au bout de quelques minutes quand il s'aventura à l'étage, il comprit que l'odeur qu'il sentait depuis quelques minutes n'était pas l'odeur de la maison, mais celle d'un intrus. Alors, il fit demi-tour, suivant cette piste alors que l'excitation montait en lui plus il se rapprochait de sa proie. La bibliothèque du padre. Bien évidemment.

Esquissant un sourire en coin plus carnassier, Morgan ralentit le pas, se faisant plus prudent et prenant cela comme un jeu jusqu'à ce qu'il aperçoive, au loin, une figure frêle, bruyante, et ensommeillée. Stoppé dans son élan, l'homme se fit immobile, paralysé et les yeux rivés sur cette chose qu'il cherchait depuis si longtemps. Le goût de son sang lui remplit déjà la bouche et il riait presque tant la perspective de vengeance l’exaltait. Lui qui avait tué Hesper. Lui qui avait foutu sa vie en l'air. Lui qui avait tout gâché et brisé le cœur de la seule femme qui en valait la peine...

- Salut Ludovic. susurra-t-il, penché sur le corps endormi du français avant de lui donner un brutal coup de pied dans la mâchoire et sur la crâne pour s'assurer qu'il ne se réveille pas de si tôt.

Maintenant tranquille quant à cette perspective, il souleva d'une main le corps assommé de son rival, l'observant longuement en hésitant à le tuer là, maintenant, dans le silence sans que plus personne ne parle jamais de lui. L'oubli. Voilà tout ce qu'il méritait.
Mais...
Non, ce serait trop facile, trop rapide, pas assez satisfaisant. Il fallait plus pour le satisfaire, alors, il allait se faire plaisir.
Il installa une lourde chaise au centre de la pièce, chaise sur laquelle il assit Ludovic après l'avoir privé de sa baguette. Il l'y accrocha à l'aide de sangles de cuir qu'il fit apparaître et s'assit enfin face à lui, se mordant les lèvres d'envie en attendant que l'autre n'ouvre enfin les yeux... Allez... Plus vite, réveille toi... Il lorgnait sur le filet de sang qui coulait de sa bouche depuis ce coup qu'il lui avait donné, sans doutes une dent déchaussée ou quelque chose du genre... C'était de la provocation. Même sur le point de mourir, il lui casserait les pieds jusqu'au bout. Mais enfin il se réveilla, allumant dans le regard du vampire une lueur tout à fait électrisée.

- Salut Ludovic. Je suis de retour, tu ne m'embrasse pas ?

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Linda Oswin
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MessageSujet: Re: Here's the smell of the blood still Mar 22 Aoû 2017 - 23:30



Here's the smell of the blood still
Here's the smell of the blood still
Cévènnes ; France – Manoir familial des Descremps – 1961

Un écho dans la nuit.
Il n'avait jamais vraiment prêté attention à ce que cela faisait de transplaner. Un claquement sec, une sensation étourdissante. Il l'entendait à chaque fois, ce coup de fouet, cette décharge, lorsqu'il apparaissait ou disparaissait, se plaisant parfois à imaginer ce que cela faisait à d'autres d'entendre ce son trop tard surgir dans leur dos, le dérober à leurs assauts. Un claquement de doigt, un clin d'oeil, une dernière bravade, une façon de partir sur un dernier pic d'orgueil, d'arrogance, un parfum de vengeance, un parfum de voyage. Tout ça dans une seconde, à la fois exaltant et imperceptible, le genre de chose à côté desquelles vous passez tout le temps. Mais lorsque l'éclat retentit, lorsque le fouet claqua, Ludovic le sentit, cette morsure, cette violence, qui faillit l'abattre sur le sol alors qu'il reprenait corps. Comme une déchirure à travers son être, cette sensation insoutenable où chaque cellule explose et se compresse, voltige et se reforme. Il l'avait déjà ressentit, plusieurs fois, lorsqu'il tentait de mettre au point ce sort alternatif qui lui permettait de se déplacer d'un ou deux mètres dans un espace où transplaner lui était interdit. Plus ou moins fort selon le temps qu'il aurait à passer à l'infirmerie par la suite, mais il ne l'avait jamais sentit en transplanant. C'était la même chose pourtant, cette impression de sentir l'air vous lacérer alors qu'il tentait de vous retenir à votre place, cette impression d'être écorché vif et comme recomposé à la va-vite, parfaitement, mais avec ce vide étrange, comme si vous n'étiez plus tout à fait celui que vous étiez au départ. C'était tout ce qui s'était passé dans cet grondement de tonnerre et pourtant, ce n'était pas cela qui lui donnait envie de vomir.

Chancelant dans l'écho, Ludovic haletait, les yeux écarquillés. Le son du sort résonnait désormais comme un coup de feu lointain dispersé par l'atmosphère rompue. Il avait atterrit dans un carré d'herbe familier, fragment d'un petit parc perché au sommet de la plus haute des collines. La froidure et l'humidité n'avaient pas changé. Comme si mettre des milliers de kilomètres entre lui et l'endroit qu'il venait de quitter n'avait pas suffit à l'en éloigner. Se pliant en deux, agrippant ses mains sur ses genoux le français respirait l'angoisse. Il respirait, il le sentait, l'air filtrait de ses poumons au froid des sommets, mais plus il le faisait, plus il avait l'impression que tout cet oxygène ne circulait pas vraiment, mais ne faisait qu'enfler la buée épaisse qui s'échappait de sa gorge et l'empêchait de voir le sol. Tout irait bien, tout irait bien.

Ludovic laissa échapper un sanglot, fermant les paupières, ses épaules secouées d'un frisson. Il le voyait encore, ce visage, cette haine sur son visage, cette baguette tournée dans sa direction et cet éclat émeraude prêt à crépiter. Comme une vision, trop limpide et éblouissante pour être un simple souvenir et pourtant si réelle, si présente. Plus jamais. Plus jamais il ne le ferait. Le brun haleta encore, plus lentement, plus profondément, cherchant à se calmer en s'interdisant de recommencer à sangloter. Tout irait bien, tout irait parfaitement bien. Personne ne l'avait vu, personne ne pouvait savoir où ni qui il était. Tout irait bien. Relevant la tête, lâchant ses genoux, le maigrichon s'efforça à se redresser, à garder les yeux rivés sur la masse confuse d'une énorme maison aux contours ondulants. Un pas, après l'autre. Lentement, le brun s'empressa de rejoindre la porte d'entrée, traversant l'allée et se voyant forcer la serrure d'un sort avec un détachement étrange, ses gestes, pourtant tremblants, lui paraissant bien trop calmes comparé à la pulsation hachée qui lui secouait le buste. Ouvrir la porte, entrer, traverser les pièces et les couloirs... il fit tout cela sans le voir, craignant que le simple fait de lever les yeux ferait apparaitre au détour de chaque virage cette même scène qui dansait dans sa tête.

Il ouvrit la dernière porte sans y jeter le moindre coup d'oeil, connaissant par coeur la manoeuvre pour faire bailler la sculpture. La bibliothèque était vide, uniquement peuplée de hautes étagères si dénudées qu'elles semblaient les côtes rongées d'une énorme créature et d'un bureau paré de sa livrée de fantôme. Vide, bien sûr. Il aurait dut s'en rendre compte. Loin de toute période de vacances ou de beau temps, quand aucun Descremps ne prévoyait de séjourner au manoir, tout était vidé par des elfes de maison. Tableaux, mobilier de fortune, livres... tout partait pour un coffre-fort qui n'avait rien à envier à ceux de Gringotts. Il ne restait plus alors que le gros des meubles, les lits, les armoires... toutes cachées sous de grands draps pour ne pas prendre la poussière. La maison prenait alors un air de deuil, un air inerte, quelque chose qu'il n'avait encore jamais vu et n'aurait pas manqué de lui donner le cafard s'il n'avait pas eut tant besoin de cet endroit, là, tout de suite.

Allumant au passage un feu dans la cheminée, le brun avança à toute allure vers le bureau, faisant demi-tour bien avant de l'avoir atteint pour commencer à faire les cent pas sur une ligne invisible. Il s'arrêta bien avant d'attendre le compte, s'appuyant d'une paume contre la cheminée pour fermer les yeux. Plus calme désormais. Rouvrant les paupières, le brun baissa les yeux sur sa main, celle qui tenait toujours aussi fermement serrée une baguette trop courte, usée et craquelée plus que n'importe qu'elle relique qui avait pu passer entre ces murs. Il n'en avait plus la force. Ces raisons pour lesquelles il avait voulu faire tout cela ne lui semblaient plus en valoir la peine. Terminé. Même pour elle.
Caressant une dernière fois du pouce l'écorce fendue du morceau de bois, Ludovic hésita à peine avant de libérer sa deuxième main pour le casser en morceau et le jeter dans le feu, s'assurant que son geste avait bien été définitif pour la baguette. Il la regarda se consumer quelques instants, son essence crépitant et explosant tandis que son coeur fondait dans les flammes qu'il venait de créer. Terminé.

Laissant là la cheminée, l'homme pivota et se laissa tomber au pied d'une des étagères, enfouissant sa tête entre ses bras et ses jambes avant même d'avoir tout à fait touché le sol.

***

Il s'était endormit sans même s'en rendre compte, battu par des semaines de sommeil éparse, mais dans un somme si léger et troublé qu'il ne mit pas longtemps à en immergé en devinant une présence à ses côtés. On ne pouvait pas réellement parler là de réveil, les choses en seraient restées là, l'autre homme serait repartit, le français aurait même pu croire qu'il avait rêvé, aurait pu ne même pas s'en rappeler. Il ne devina qu'à peine une ombre, tracées par deux jambes et le timbre d'une voix qui l'aurait fait frémir s'il n'avait pas été aussitôt plongé dans le noir.

Quelques minutes, quelques heures, il n'aurait pas sut dire depuis combien de temps il était inconscient. En grande partie, d'ailleurs, parce qu'il n'avait aucune idée de quand cela avait commencé et qu'il ignorait même que quelqu'un ait pu le frapper. Il le sentait bien tout de même, quelque chose n'allait pas, ne serait-ce qu'à cause de sa mâchoire qui l'élançait, réveillant ses migraines, mais son esprit se trouvait encore incapable d'en déduire le simple fait qu'il ait pu ne pas être seul. Sa tête penchait dans un angle inconfortable, une salive épaisse lui emplissant la bouche au point qu'il aurait pu s'étrangler, mais malgré sa nuque fatiguée de tant de tension il n'arrivait pas à bouger. Il déglutit, réveillant une vive douleur dans sa molaire fendue de haut en bas et à moitié déchaussée qui lui fit froncer les sourcils mais ne parvint pas encore tout à fait à le réveiller. Drôle de goût cette salive. S'étranglant à demi dans une plainte étouffée, en essayant à grand mal d'empêcher sa langue d'appuyer contre la plaie, le brun déglutit encore, redressant un peu la tête sans pour autant parvenir ou oser ouvrir les yeux. Vu comme ses tempes l'élançaient déjà il ne voulait pas savoir ce que cela donnerait s'il ajoutait ne serait-ce qu'une once de lumière à tout ça. Malheureusement pour lui, il n'en eut pas vraiment le choix, mais sa migraine soudain, ne risquerait plus d'être son principal problème.

Se figeant à la seconde où l'écossais parla, Ludovic se crispa légèrement avant d'ouvrir grand les paupières et d'esquisser un brusque mouvement de recul en voyant apparaitre devant lui la dernière personne qu'il aurait pu s'attendre à voir. Si la surprise avait été fulgurante, elle s'interrompit vite, le français buttant contre le dossier de son siège en sentant ses mains bloquées par des lanières qu'il n'avait pas remarqué. Fixant ses bras attachés, beaucoup plus paniqué, le maigrichon fit ce que tout personne aurait fait à sa place : tirer de toutes ses forces pour tenter de se détacher. Une chose qu'il ne fit pas longtemps, sentant bien qu'il faudrait plus que quelques coups de poignets pour qu'il parvienne à se défaire. Piégé, reculant plus encore au fond du fauteuil, le faisant même reculer légèrement tant ses jambes se tordaient en une tentative désespérée de fuir sans leur propriétaire. Le brun leva un regard terrorisé en direction du mage noir, la panique ne tardant pas à tourner à la colère alors qu'un filet de sang plus large et épais venait enfler la ligne rouge sur son menton.

— Qu'est-ce que tu m'as fait ? cracha-t-il en même temps que quelques postillons rouges, trop affolé par cette situation à laquelle il n'avait pas l'habitude pour réaliser qu'en dehors de sa dent il ne semblait pas réellement blessé. Qu'est-ce que tu fait là ? souffla-t-il encore en tournant à la tête pour chercher à la hâte de quoi se défendre. Détache-moi ! vociféra-t-il enfin, s'escrimant encore sur les sangles en ruant tant et si bien que le lourd fauteuil fut parcourue d'un sursaut. Détache-moi putain ! rugit-il encore, épuisant ses forces à tordre des bras entre les lanières.

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MessageSujet: Re: Here's the smell of the blood still Mer 23 Aoû 2017 - 21:32



Here's the smell of the blood still

Morgan Winterfield

L'animosité du français éveilla une grande satisfaction chez le vampire qui, comme totalement subjugué, se penchait peu à peu en avant en souriant, d'un large sourire qui lui ouvrait la bouche, les yeux brillants d'une sorte d'amusement mêlé à de la fierté. Immobile, il l'observa se débattre, s'esquinter la voix à force de lui hurler dessus, se demandant si, à force de tirer de cette manière, il finirait par se frotter ses liens jusqu'au sang. Certains animaux finissaient par s'arracher un membre force de tirer de la sorte, peut-être serait-ce ce qu'il se passerait s'il le laissait assez longtemps sur cette chaise.

- Te détacher ? Déjà ? Roooh, non. repondit-il en posant son menton dans sa paume. Non, pas si vite, ce ne serait pas drôle. Et puis, tu n'as pas envie de savoir ce que je t'ai préparé pour lorsque je te détacherai.

Il sourit, laissant passer un temps avant de sauter de son siège pour s'étirer sur toute sa hauteur, lâchant un soupir satisfait avant de tourner sur lui même, les bras écartés.

- J'adore cette maison ! s'exclama-t-il gaiement. C'est d'un chic ! Et puis la décoration... je me sens comme à la maison ! S'arrêtant une seconde, il regarda autour de lui pour enjamber et sauter en un geste ample sur le siège qu'était le sien où il se tint debout. Penses-tu qu'après ta mort, ici, dans cette pièce, ta famille voudra revenir ici ? demanda-t-il tranquillement comme s'il cherchait réellement la réponse. C'est moins humide que chez moi, j'y passerait bien quelques vacances.

Il observa la pièce, la jugeant avant d'acquiescer, satisfait de ce qu'il en avait vu, puis, il leva un regard pétillant sur son vieil ennemi, sautant de son perchoir avant de s'en rapprocher vivement et de lui saisir le menton pour lui faire lever la tête. Il le scruta, d'un côté puis de l'autre, le provoquant volontairement, prenant plaisir à voir la rage dans son regard avant d'approcher tout proche son visage tout en tenant bien fermement le menton de l'homme pour éviter qu'il ne le morde.

- J'ai toujours su que t'étais un gars intelligent. Il le relâcha, le poussant brutalement de manière à faire tomber sa chaise en arrière. Dés la première fois que je t'ai vu, j'ai su que t'allais être un p'tit malin arrogant, un vrai aimant à problèmes. Et pour être tout à fait sincère, il y a eu un moment où je pensais qu'on pourrai s'entendre ! Il sourit largement, levant la tête au ciel tandis qu'il se dirigeait derrière la tête du français, se plaçant juste derrière lui, Ludovic toujours renversé par terre, avant de se pencher au dessus de lui pour le regarder en face. J'étais con hein ? J'étais jeune aussi. Mais toi... Toi ! Tu me sidère !

Les mains dans les poches, Morgan lâcha un rire en se redressant, relevant de la pointe du pied la chaise de l'autre avant d'y donner un coup de pied pour la rattraper avec la main et la stabiliser. Il la remit dans une position plus commode et, une fois cela fait, il croisa les bras après avoir sorti sa baguette, les reposant sur le dossier de la chaise, juste derrière Ludovic.

- Mais je dois avouer que tu as un côté très... Impressionnant parfois. Casser les os d'un homme les uns après les autres, tous ses os... Chacun d'entre eux... Un... Par... Un... Il se délectait de ces mots. C'est moche. Une très bonne idée d'ailleurs, peut-être essaierai-je prochainement. Dis moi, les as-tu brisés par ordre alphabétique ? Ca serait bien ton genre non ? susurra-t-il à l'oreille de son nemesis en caressant sa gorge de la pointe de sa baguette.

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MessageSujet: Re: Here's the smell of the blood still Jeu 24 Aoû 2017 - 17:47



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Non, la réponse était claire. Il ne fallait pas s'attendre à autre chose en même temps, mais la tentative valait l'essai et au moins permit-elle au français de déverser un peu du torrent de panique qui l'avait envahit, juste assez pour qu'il parvienne à retrouver un peu d'aplomb et de sang froid. La situation n'était pas si désespérée après tout, techniquement, il n'avait jamais rien fait de très dommageable à l'écossais. Il l'avait traqué, certes, l'avait peut-être un peu insulté à l'occasion, certes, mais il ne l'avait jamais provoqué en duel ni ne lui avait nuit physiquement. Quand bien même ce qu'il disait n'avait rien d'encourageant, l'autre n'avait pas tellement de raison de lui faire du mal.

— Ecoute Morgan, commença-t-il, espérant pouvoir négocier pour calmer son agresseur, il n'y a...

Il n'eut pas l'occasion de terminer sa phrase, prononcée sans doute un peu trop faiblement, que l'écossais commençait à grimper sur sa chaise pour lancer une exclamation à plein poumons qui coupa la parole au captif. Quelque peut étonné par un tel comportement, le maigrichon n'ajouta rien, levant plutôt des sourcils perdus devant ce spectacle étrange dont il commençait à douter de la véracité. C'était peut-être une sorte d'illusion ou de maléfice qui lui faisait avoir de pareilles hallucinations, mais, pour ce qu'il s'en souvenait, il n'avait pas vu souvent le soigneur de dragons agir de la sorte. Préférant donc ne pas risquer un pas de travers, le brun se contenta de s'enfoncer un peu plus dans le dossier de sa chaise, hésitant à s'agripper à ses accoudoirs. Fronçant les sourcils, il écouta la suite avec un mélange d'incrédulité et de hargne. Que voulait-il dire ? Qu'est-ce qu'il imaginait ? S'il y avait une chose dont il était sûr, c'était qu'il n'allait certainement pas mourir ici... et que la chaise était confortable.

Subitement, le brun se trouva d'autant plus bloqué, l'écossais lui compressant la mâchoire en lui faisant pousser un étouffé gémissement de douleur alors qu'il écrasait sa gencive blessée. Il y avait quelque chose qui ne collait pas, c'était son instinct de survie qui lui chuchotait cela alors qu'il était trop occupé à chercher une échappatoire des yeux. Peut-être la pression sur sa mâchoire ou la vitesse à laquelle l'autre avait réagit pour venir lui bloquer la tête, mais il y avait quelque chose qui l'angoissait soudain, accélérant son rythme cardiaque. Quoi qu'il en soit, il avait bien d'autres préoccupations pour l'instant, à commencer par le fait qu'il se trouvait attaché et sans armes aux mains d'un dégénéré avec lequel il n'était pas en bons termes. Quel crétin il avait fait de bruler sa baguette !

L'écossais démentis, lui adressant un compliment inattendu qui aurait presque étonné Ludovic si un brusque mouvement ne l'avait pas fait basculer en arrière d'une façon bien plus surprenante. Sursautant dans une tentative avortée de conserver son équilibre, l'échevelé s'abattit bientôt sur le sol, sentant tout son squelette se secouer à l'impacte, mais échappant au plus gros de la douleur grâce au rembourrage du fauteuil. Une chance que les mages noirs aient eut des goûts de luxe. Tandis que ce dernier continuait à déambuler, le maigrichon tâcha de profiter du temps mort pour tenter à nouveau de se libérer de ses liens, cessant de les secouer comme un damné, mais cherchant par quel moyen il aurait pu les retirer. Peut-être en attaquant suffisamment le bois des accoudoirs avec les ongles ? Il n'eut pas l'occasion de chercher de meilleures théories que le sorcier s'approchait à nouveau, dangereusement près de sa tête. Fermant les yeux et tordant le cou, le français s'appliqua à mettre sa tête hors de portée, se préparant à encaisser le choc, rouvrant un oeil après un moment en voyant que rien n'avait l'air de venir. Sidéré ? Par quoi ? Il n'y comprenait plus rien.

Cependant, la valse n'était pas terminée. Rapidement, Ludovic se retrouva une nouvelle fois baladé, se sentant décollé du sol pour revenir dans une position plus droite, sans ménagement. Être ainsi promené sans aucun moyen de l'empêcher avait tout pour l'horripiler, mais il n'allait pas se risquer à faire le malin. Se renfrognant bientôt avec un léger frisson de dégoût, le brun porta une involontaire attention à son ravisseur en l'entendant lui rappeler ses "hauts faits", réveillant chez lui une viscérale envie de rabattre son caquet à ce vieux snob arrogant. Mais si la promesse de faire bien pire que briser des os à Morgan le jour où il serait parvenu à lui mettre la main dessus lui brula les lèvres, il veilla à la garder solidement entre ses dents. C'était ce qu'il voulait, le provoquer. Il ne fallait surtout pas rentrer dans son jeu. Et puis, quand bien même il aurait voulu se montrer déraisonnable, ce n'était pas avec une baguette plantée dans la jugulaire qu'on prenait le risque de faire le malin. Quand bien même cela lui coutait, il fit donc de son mieux pour rester calme.

— Ecoute Morgan, reprit-il, articulant lentement et déglutissant pour tenter de calmer les tremblements de crainte qui faisaient frémir sa peau, tu n'as aucune raison de faire ça, insista-t-il, son regard affolé fixé sur le plancher. J'arrête, d'accord ? J'arrête de te chercher. Je ne t'approcherais plus et je ne vais plus me mettre dans tes affaires. Laisse-moi partir et je te promets qu'on ne se reverra jamais. Tu n'as pas besoin de me tuer.

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MessageSujet: Re: Here's the smell of the blood still Jeu 24 Aoû 2017 - 22:31



Here's the smell of the blood still

Morgan Winterfield

Boum boum. Boum boum. Boum boum.
Chacun des battements de coeur de sa victime du jour sonnait doucement aux oreilles du vampire qui se réjouissait de cette tendre mélodie. Chaque souffle qu'il expirait tremblait de plaisir et d'excitation, comme si la peur et la confusion de son ennemi ne faisait que lui donner de plus en plus envie de se jeter sur lui. Lui briser la nuque, l'étrangler, le vider de son sang, lui arracher la gorge... Tant de manières, tant de façons, toutes le titillaient d'une délicieuse manière et la gorge nue du français le provoquait toujours plus. La bouche entrouverte, sa baguette caressant le cou de l'homme, il inspirait de lentes bouffées d'air en humant son odeur, celle de sa peau, sentant la chaleur du sang circulant à quelques centimètres à peine de ses crocs... Non d'un Magyar, qu'est-ce qu'il avait hâte !

Alors que Morgan exultait de ce spectacles de sensations que seul lui ressentait, une voix s'éleva, une voix qu'il avait presque oublié tant il le pensait déjà à sa merci, et ce que cette voix étrange lui dit eu de quoi le faire sourire.

- Aucune raison ? Je n'ai... Aucune... Raison ? répéta-t-il, incrédule.

Il resta un muet une seconde avant qu'un souffle amusé ne traverse ses lèvres. Puis ce souffle se transforma rapidement en un pouffement qui le secouait entièrement tandis qu'il se redressait jusqu'à ce qu'il ne rit à gorge ouverte, d'un rire démentiel et contagieux qui le fit se reculer et se tourner vers le ciel.

- Je n'ai aucune raison de te tuer ? reprit-il une nouvelle fois en se saisissant du dossier de la chaise pour la balancer vers lui sans la lâcher et tendre le cou pour fixer Ludovic. Mais non, non tu as raison. Ce n'est pas comme si tu avais passé ces derniers mois à vouloir ma mort mmh ? Pas comme si tu avais tué tous ceux qui m'ont accompagné ce jour hein ? Tu te souviens de ce jour ? Tu te souviens de ce moment Ludovic ?

Il relâcha le fauteuil qui retomba à sa place correcte avant de faire le tour du fauteuil pour venir face à Ludovic et lui asséner un brutal coup de poing dans la mâchoire qui s'accompagna d'autres, rythmant ses paroles.

- Ce jour où tu as tué ta fiancée, Hesper, la seule femme qui valait la peine d'être aimée ! Sa voix se faisait plus grondante alors qu'il lui assénait un nouveau coup dans le ventre. Elle t'aimait ! Elle t'aimait et toi tout ce que tu trouves à faire c'est gâcher SA VIE et la lui arracher ! C'est comme ça que tu la remercies ? C'est comme ça que tu protèges ta femme ?! D'un geste rageur il donna un coup latéral au siège qui tomba sur le côté, glissant bruyamment sur quelques mètres tandis qu'il se rapprochait à nouveau, bouillant de rage. Je l'aimais ! Depuis des années, et j'ai tout accepté ! Ses... Envies, ses rêves, ses hommes... Même toi ! Je n'ai rien dit, elle était tout pour moi ! Tu l'as tuée, alors oui ! Bien sûr, tu as raison tiens, je n'ai aucune raison de vouloir te tuer ! Il s'abaissa face à Ludovic, toujours renversé, posant ses coudes sur ses genoux écartés. J'aurais donné ma vie pour elle. Et c'est ce que j'ai fait, pour la venger.

Le souffle haletant, le regard exorbité, il regarda l'homme quelques secondes durant sans réellement le voir, son visage déformé par la rage prenant peu à peu une teinte plus neutre comme s'il se rendait compte de ce qu'il venait de faire et de dire. Alors, son regard se teinta lentement de suprise avant qu'un nouveau rire ne le secoue à nouveau, un rire qui grandit et grandit en le faisant légèrement se plier vers l'avant.

- Oups. Je crois que je me suis laissé emporté pas vrai ? Roh, qu'est-ce que je peux parler dans ces cas là... Une vraie pipelette ! Rire. Enfin, j'imagine que j'aurais bien du te le faire comprendre un jour d'une manière ou d'une autre. conclut-il en levant un regard prédateur sur l'autre avec un délicieux sourire assorti.

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MessageSujet: Re: Here's the smell of the blood still Ven 25 Aoû 2017 - 0:43



Here's the smell of the blood still
Here's the smell of the blood still
Cévènnes ; France – Manoir familial des Descremps – 1961

Durant quelques interminables instants, toute l'attention du Descremps fut tournée vers ce petit morceau de bois planté contre sa carotide. Il avait beau essayé par tous les moyens de conserver son calme et de se raisonner, cette menace toute particulière, si proche, si présente, lui faisait l'effet d'une lame de couteau appuyée contre sa peau, cherchant le point de rupture, la faiblesse par laquelle passer au travers de sa gorge. Ses efforts payaient tout de même, en apparence, beaucoup auraient donné cher pour pouvoir avoir l'air aussi maitre d'eux-même en de pareilles circonstances. Mais si la façade restait ferme, l'intérieur ne demandait qu'à déserter. Son estomac se contractait d'angoisse, sa peau lui semblait puer d'une moiteur propre à un macchabée pourrissant dans un marais et, s'il n'avait pas déjà déversé les grandes eaux par manque de contenu, tout son être semblait croupir sur place d'être ainsi menacé sans avoir aucun moyen de fuir. Malheureusement pour lui, paniquer ne servait à rien, quand bien même il mourrait d'envie de se laisser aller aux supplications et aux pleurs, son bon sens de Serdaigle le contraignait à faire passer ses neurones avant ses tripes. Mais il était bien difficile de réfléchir en de pareilles circonstances, lorsque vous deveniez si peu maitre de vous même que jusqu'à vos yeux tremblotaient dans leurs orbites, rendant votre vision aussi trouble qu'étrangement limpide. Il n'aurait pas fallut grand chose pour que Morgan parvienne à le tuer, un simple sort un peu fourbe qui aurait terminé le travail déjà bien avancé par son arme. Il n'avait même pas besoin de lancer de sort à vrai dire, paniqué comme il l'était, le français était certain que d'un seul coup net et assez fort, l'autre parviendrait bien à lui planter l'objet dans le cou comme d'aucuns le font d'un clou dans une planche pourrie. Il sentait son coeur battre dans ses oreilles, son oxygène filtrer bruyamment à travers ses lèvres et ses narines, jusqu'à ce que tout s'arrête.

Le mage noir s'écarta et Ludovic lâcha un profond soupir de soulagement. Il n'était pas mort, pour l'instant. Une grande victoire lorsqu'on croyait avoir vu la mort en face. Et même si le ton incrédule qu'employa le sorcier et le rire de dément qui suivit avait de quoi faire frémir, le maigrichon se contentait déjà bien de cette victoire. A vrai dire, ce que l'autre faisait ne lui importait vraiment pas, à peine ce dernier s'était-il écarté que le français avait recommencé à s'escrimer sur les sangles à ses poignets, cherchant, cette fois, à tirer suffisamment fort pour parvenir à casser les accoudoirs. Aux grands maux les grands remèdes, mais il n'espérait pas réellement parvenir à faire ainsi craquer du chêne. Pas même avec la force du désespoir. Soufflant nerveusement quelques encouragements muets entre ses dents alors qu'il continuait à tenter de briser ses liens, le brun se tut soudain en se sentant une nouvelle fois basculer, se plaquant cette fois directement au dossier avec une crainte certaine de tomber ou de se faire envoyer balader. Mal lui en prit, peut-être, car ainsi tendu, il avait un panorama tout à fait atroce sur le visage douloureusement moqueur de son ravisseur. Il lui avait dit pourtant, qu'il ne le pourchasserait plus, qu'il ne lui en voulait plus, que lui fallait-il d'autre ?

La réponse n'allait pas tarder à venir, hélas, le français n'en entendrait probablement pas grand chose. A peine l'écossais était-il revenu en face de lui qu'il reçu un violent coup dans la mâchoire, quasiment de quoi déchausser totalement sa dent abimée. Secoué, sonné, le brun n'eut pas même l'occasion de se remettre de la surprise qu'un nouveau coup suivit bientôt, de plus en plus fort et rapproché à mesure que l'autre parlait. A tel point qu'il aurait eut bien du mal à suivre n'importe qu'elle conversation. Ô, il parvint à en saisir les grandes lignes bien sûr, mais il fut bientôt beaucoup trop occuper à ne pas s'étouffer avec son sang pour parvenir à avoir quelque retour que ce soit là-dessus. Les coups continuaient à pleuvoir, changeant d'angle à mesure que le français essayait de mettre sa tête hors de portée en voulant la cacher derrière son épaule. Joue, tempe, oeil... il finit rapidement par perdre le fil des impacts, ne les sentant tous que lorsque l'écossais s'arrêta enfin, pour lui asséner le coup de grâce d'un puissant coup dans le ventre.

Ludovic sentit son diaphragme se contracter d'un coup avant de le bruler. En l'espace d'un instant, il se trouvait plié en deux à cracher une gerbe de sang et de bave, hoquetant de douleur alors que sa chaise se retrouvait brutalement repoussée à l'écart. Il aurait pu s'étonner, une fois encore, de la facilité avec laquelle l'autre homme était parvenu à déplacer ainsi un meuble si lourd avec un corps - maigre mais pesant - dessus, mais il était bien trop occupé à suffoquer et essayer de relâcher son abdomen tendu pour se préoccuper de ce genre de détails. L'oeil poché, le menton complétement rougit et la moindre parcelle d'os de tout son côté gauche endoloris, l'échevelé s'efforça tant bien que mal de redresser la tête, ne parvenant toujours pas à déplier son abdomen rentré.

— C'est de ta faute si elle est morte, cracha-t-il, peinant à prononcer chaque mot, encore plus en anglais. Si... si tu t'étais pas ramené avec ta bande, elle serait resté avec moi, hoqueta-t-il encore, grimaçant alors qu'il avait l'impression de commencer à saigner par tous les orifices. Tu l'aimais hein ? railla-t-il, laissant filer un bref rire sarcastique. Je le savais. Qu'est-ce que tu crois. Je le savais qu'elle voulait me quitter pour toi, mais moi aussi je l'aimais. Tu aurais dut... tu aurais dut la laisser avec moi, elle serait partie tôt ou tard, pas vrai ? Puisque tu te croit meilleur que tout le monde. Puisque... t'étais tellement parfait. C'est toi qui a merdé, siffla-t-il encore avant de fermer les yeux de douleur et de se recroqueviller un peu plus sur lui-même ; ça passerait, c'était seulement une question de temps.

Soufflant par a coups pour ne pas trop forcer sur son diaphragme, Ludovic ne prit pas la peine de guetter la réaction opposée. Des histoires de vie sacrifiée ou quelque chose du genre... il ne comprenait pas bien. Il provoquait, bien sûr, mais au point où il en était cela ne devait pas faire grosse différence, autant commencer à lui déballer ce qu'il avait sur le coeur. Toujours plié en deux, Ludovic s'efforça de ne pas repenser à ses derniers moments avec Hesper, la femme de sa vie, avait-il cru bêtement, mais qui lui mentait, depuis des mois, qui trafiquait avec cet "ami" qu'il n'avait jamais pu sentir. Il s'était montré jaloux, odieux, bien sûr, mais que faire d'autre lorsqu'on avait la certitude que l'être auquel on tenait le plus au monde vous laissait lentement tomber. Il avait tellement ressassé tout ça ces dernières années alors qu'on en finisse. Heureusement, pour une fois, la douleur l'aidait bien à l'oublier.

Il commençait enfin à se détendre, son ventre toujours douloureux, mais déjà moins crispé, lorsque Morgan, debout face à lui, lâcha quelques mots plus étranges qui lui firent lever la tête et reporter enfin son attention sur son ravisseur. Comment ça lui faire comprendre quelque chose ? Quoi ?

— Qu'est-ce que tu veux dire ? souffla l'échevelé, le regard mi-interrogateur mi-égaré.

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MessageSujet: Re: Here's the smell of the blood still Mar 29 Aoû 2017 - 15:38



Here's the smell of the blood still

Morgan Winterfield

Les sottises que son idiot de prisonnier lui contaient avaient le don d'empirer encore plus l'humeur du vampire, amplifiant sa rage comme de l'huile sur le feu, lui donnant du grain à moudre, une raison de continuer de le taper encore et encore... Rien que pour le faire taire. Rien que pour se donner raison et pour lui faire comprendre que lui, Ludovic Descremps, avait tort.
Mais quand bien même faire pleuvoir les coups sur le corps sans défense de son vieil ennemi faisait un bien quelque peu discutable à Morgan, sa mort ne servirait à rien. Il ne voulait pas le tuer, pas encore en tous cas. Il devait se calmer, se contrôler, mais il faut croire que le français avait un instinct de survie défectueux pour continuer à parler de la sorte sans se douter que cela lui occasionnerait de nouveaux coups.
Il fallait se raviser, se calmer, et c'est dans d'ultimes coups qui envoyèrent valser le siège à qui il manqua d'arracher un bout que Morgan parvint à retrouver un semblant de raison et de sang-froid, sans mauvais jeu de mot. Le souffle haletant, penché vers Ludovic, l'attitude du mage noir sembla changer du tout au tout. Alors que l'instant d'avant il riait au éclats de... Tout et de rien, il avait à présent les yeux ronds comme des billes, la bouche légèrement entrouverte alors que son regard semblait perdu, ailleurs, et que son buste se soulevait rapidement comme après une longue course. Semblant absent, il ne réagit pas tout de suite à ce que lui demanda son némésis, tanguant légèrement sur lui même avant de tout à fait s'assoir, fixant le mur loin devant l'air soudain plus abattu et nostalgique.

- Elle ne t'aimait pas. Elle ne t'aimait plus. souffla-t-il après une éternité de silence, jambes en tailleurs et coudes appuyés sur ses genoux. Et elle ne m'a jamais aimé. Silence, il paru totalement oublier la présence de l'autre. C'est elle qui voulait partir, elle me l'avait demandé. Elle voulait te fuir, elle ne t'aimait plus. Sourire jaune. En même temps qui voudrait continuer à vivre avec un dégénéré comme toi hein ? Elle a mit du temps à s'en rendre compte mais tu n'étais pas fait pour elle.

Petit à petit, il reprenait de l'aplomb et sa voix retrouvait cette agressivité qui lui était propre, comme un grondement au fond de la gorge, cet accent écossais qui donnait l'impression de se retrouver face à un félin sur le point de vous briser la nuque d'un coup de crocs.

- Elle t'avais confié sa confiance, son coeur, et toi tout ce que tu as trouvé à faire c'était venir la tuer à la première difficulté ? Ce n'était pas ta faute tu disais ? Et qui a tenu la baguette qui l'a assassinée ? Et qui lui a lancé le difendo ? C'est qui, le traître dans cette pièce ?!

A nouveau, il venait de hurler, se relevant d'un coup avant d'entreprendre les cent pas d'un rythme enragé mais sans pour autant venir défouler sa colère contre son prisonnier toujours au sol.

- Je déteste la France, je déteste ces montagnes, je te déteste...! Il poussa un cri de rage avant de donner un coup contre une table qui craqua sombrement en voyant son bois se creuser d'un trou à l'endroit de l'impact. Tout aurait été plus simple sans toi... Il laissa passer un temps, enfin immobile alors qu'il tournait le dos à l'ancien Serdaigle. Je déteste ce trou à rat. Tu sais, je suis mort dans une campagne semblable. Je me croyais malin, et... Dans un sens, j'ai réussi mon coup puisque je suis là ! Il se retourna, s'approchant de l'autre, le visage illuminé d'un sentiment étrange. Lorsqu'il m'a mordu, j'étais en extase, je riais, je pleurais toutes les larmes de mon corps, je le suppliais de continuer jusqu'à ce qu'il ne reste de moi qu'une coque vide. Puis je l'ai poignardé. Enfin je crois. Et je lui ai coupé la gorge, juste là... Du doigt, il dessina sur son cou la ligne ensanglantée qu'il avait lui même esquissé il y avait bien longtemps maintenant. Et j'ai bu son sang. J'ai bu jusqu'à n'en plus pouvoir, je crois même que je suis tombé dans les pommes avant d'avoir continué mais j'ai bu. Il m'arrachait la mâchoire, mais j'ai bu. Il m'étranglait, mais j'ai bu. Il s''accroupit près du brun, lui relevant la tête d'une main ferme pour le regarder droit dans les yeux. Je sentais la vie s'échapper de moi, j'ai cru que j'allais m'éteindre, là, juste buté par une merde de vampire. J'ai senti mes forces m'abandonner, la morsure à mon cou me brûler comme un marquage au fer rouge. Et devine quoi ?

Il sourit de toutes ses dents, dévoilant ses crocs et dessinant sur son visage une expression plu avide et terrifiante que jamais.

- J'ai bu.

Et sur ces mots, il fondit sur sa proie, lui plantant les crocs dans sa chair si parfaite encore pour s'abreuver de son sang dont il rêvait depuis des mois.
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MessageSujet: Re: Here's the smell of the blood still Mar 29 Aoû 2017 - 17:39



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Cévènnes ; France – Manoir familial des Descremps – 1961

Un énorme glaire de sang obstruait la gorge du français, il avait beau tenter de le refouler, cette masse étrangère et écœurante semblait constamment abreuvée par le flot pourpre qui s'échappait de sa gencive et remontait dans son nez à chaque inspiration. L'odeur et le goût étaient épouvantables, comme sentir du fer fondu lui embourber les sens, à telle point qu'il était ravi de pouvoir en recracher un peu dans l'autre sens lorsqu'il soufflait suffisamment fort pour faire couler un long filet rouge hors de son nez si douloureux qu'il semblait réduit en une dizaine de morceaux fracturés. Cependant, cette petite gêne n'était rien comparée à la douleur vive qui lui lacérait le ventre. Semblable à une armée de poignards plantés dans son abdomen qui se retournaient dans la plaie à chaque respiration. Il en avait prit un coup, sans aucun doute, mais il doutait que l'autre puisse lui faire plus de mal que ça. Cela n'avait pas d'importance après tout, les coups, la douleur, ce n'était pas comme s'il avait encore eut quelque chose à en faire, mais on sous-estime toujours la volonté qu'un être peut avoir à survivre, la quantité même de peine qu'il est capable de soutenir. Ludovic ne le savait pas non plus. Sa vie n'avait pas été rose, loin de là, il s'était fait bien des fractures dans sa jeunesse, avait encaissé bien des sorts et des blessures, mais même un os cassé lui semblait moins douloureux que le tabassage qu'il venait de subir, s'il y avait survécu, c'était que Morgan n'était pas capable de faire pire non ? Et pourtant...

A peine l'autre avait-il prononcé ces quelques mots que le coup de poing violent qui en découla lui fit l'effet de rabattre son cœur au fond de son estomac, nouant sa gorge et donnant bientôt à son regard une teinte brillante et rougit. Il mentait, c'était faux. Hesper l'aimait, il en était sûr, certain, ça ne pouvait être qu'un mensonge. Il l'avait vu, dans ses yeux, juste avant qu'elle ne laisse partir son dernier soupir, ça ne pouvait pas être faux, on ne faisait pas mentir ces choses là.

Serrant les dents, plus fort, Ludovic sentit une brulure atroce lui transpercer la mâchoire et remonter jusqu'à sa tempe. Il appuyait de toute ses forces sur la molaire fendue, la renfonçant presque dans sa gencive lésée et profitant de la douleur que cela lui procurait pour ne pas se laisser aller à prendre les mots de l'écossais comme vérité. C'était faux, faux ! Se répétait-il en boucle alors que des larmes perlaient aux coins de ses yeux tant à cause de sa mâchoire que du dernier coup qu'il avait reçu. Il fallait que ce soit faux. Sinon, tout e qu'il avait fait, toutes ces vies qu'il avait prises et détruites n'avaient servies à rien. S'il s'était trompé cette fois là, cela voulait dire qu'il n'était vraiment plus rien, rien qu'un meurtrier aveuglé par une soif de vengeance irraisonnée. Il savait ce que cela donnait ce genre de personne, il en avait une juste sous les yeux, aussi hystérique que dangereuse, et il ne pouvait pas, en aucune façon, avoir quoi que ce soit en rapport avec ce monstre là.

De son côté, le mage noir poursuivait, déversant encore et encore son poison, presque comme s'il se délectait de l'effet que cela faisait à son prisonnier. Le maigrichon avait beau faire le sourd, il avait beau tenter de se broyer les dents, de se concentrer uniquement sur le sang omniprésent et de fermer les yeux de toutes ses forces pour obstruer son dernier sens valide qu'il n'arrivait pas à empêcher les paroles de s'insinuer dans sa tête, semant sur leur passage des dégâts plus pernicieux que tout ce qu'une baguette aurait pu faire. Encore et encore.

— Ta gueule !
rugit Ludovic presque en coeur avec les derniers mots que prononça le mage noir.

Il ne pouvait plus l'entendre, il ne pouvait plus supporter sa présence dans cette pièce, cette façon qu'il avait de croire que tout était gagné d'avance. Il ne savait rien, absolument rien de ce qui s'était passé entre Hesper et lui, il n'avait aucune idée de ce qu'ils avaient pu ressentir l'un pour l'autre et encore moins de la douleur que l'accident qui avait entrainé sa mort avait provoqué chez le français. Il n'en avait aucune idée. Pourtant, si l'attitude de l'échevelé s'était faite soudain bien plus agressive, son regard brulant de haine et de rancœur tentant de foudroyer son agresseur à distance, il se ravisa bientôt, son animosité chassée par une crainte soudaine et inexpliquée lorsqu'il vit l'écossais démolir le bureau de son père d'un simple coup de poing. Il en fallait de la force pour faire cela, même Jacques Descremps, dont certains se seraient facilement accordés à dire qu'il avait dans les veines du sang d'ogre ou de géant, n'était pas parvenu à rompre cette table après des décennies de coups de poings rageurs. Alors qu'un homme plus petit que lui et presque aussi maigre que son fils parvienne ainsi à creuser un trou dans le chêne... pourtant, une fois encore, quelque chose échappait à l'ancien Serdaigle. Il présentait que quelque chose allait mal, que les choses n'étaient pas comme elles auraient dut l'être et son instinct même lui disait qu'il aurait du fuir depuis très longtemps, d'une façon presque plus forte que tout ce qu'il avait jamais pu ressentir jusqu'à présent. Pourtant, si cette crainte de ce vieux rivale était étonnement présente, il n'arrivait pas plus à lui donner un sens qu'à réellement l'écouter. C'était Morgan, seulement Morgan, il était abjecte et bien des choses qu'auraient pu dire le français pour le qualifier auraient pu tenir plutôt du dictionnaire de jurons que de la sympathie, mais ce n'était rien d'autre qu'un arrogant soigneur de dragons.

Pourtant, l'impression persistait, emballant toujours son coeur à ce rythme trop pressé. Il devait fuir, il le sentait aux sueurs froides qui trempaient ses omoplates, mais si les mots que prononça alors le vieux lui parurent étrangement inquiétant, il ne parvenait toujours pas à se résigner. Tout plutôt que se défiler face à lui. Bêtise que tout cela, bête bravoure que le maigrichon se regretta d'avoir eut à la seconde où l'autre lui annonça qu'il était mort. Mort ? Comment ça ? Il ne comprenait toujours pas... ou, peut-être qu'il comprenait trop bien et refusait seulement de se rendre à l'évidence. Cependant, plus l'autre avançait dans son discours plus le doute n'y trouvait plus sa place, faisant trembler la gorge du maigrichon lorsqu'il y traça une ligne, mais comme plongé dans un refus de la vérité trop grand pour lui, le français ne tiqua réellement qu'au moment où il vit des crocs aiguisés se dessiner devant la parole.

Vampire.

A peine le constat avait-il était fait que la réaction fut immédiate. Ecarquillant les yeux, Ludovic se sentit sursauter et se débattre comme un lapin pris au piège. Des efforts bien inutiles mais que sa moelle épinière déclenchait pourtant. Il avait beau être bloqué contre sa chaise, ses bras et ses jambes attachées au point qu'il ne pouvait qu'à peine bouger, il parvint tout de même à se contorsionner plus violemment qu'une bête blessée, s'esquintant pour rien alors que ses gestes, aussi désespérément puissants soient-ils, avaient pour seul effet d'égratigner le bois qui passait sous ses ongles. L'autre... le monstre, approchait si vite qu'il n'avait qu'à peine eut le temps de réaliser ce qui se passait, ses yeux écarquillés de terreur alors qu'il continuait à convulser si fort  pour tenter de se libérer, qu'il en aurait presque brisé sa nuque entre les doigts serrés de l'abomination.

— Non... non... supplia-t-il dans un souffle à peine audible, ne parvenant réellement qu'à gémir plutôt qu'à exprimer le moindre mot avant qu'un hurlement terrifié ne commence à s'élever du fond de sa gorge, atteignant un volume à lui crever les tympans lorsque la créature lui planta les crocs dans la gorge.

Il n'interrompit pas son cri immédiatement, loin de là, pas plus qu'il ne cessa de se débattre. Trop terrifié pour réellement comprendre ce qui se passait. Il lui fallut quelques secondes avant que la sensation atroce de sa trachée hurlante vibrant contre les canines ne l'intime au silence, un temps infini avant que ses gestes désordonnés de bête aux abois ne ralentissent. C'était impossible, impossible ! Il fallait fuir ! Fuir très loin ! Mais il avait beau songer à tout cela aucune idée ne lui venait pur savoir par quel moyen il aurait pu empêcher ce qui était en train d'arriver. Une chance peut-être, car au moins n'eut-il pas l'inconscience de mordre à son tour pour tenter de faire fuir son agresseur. Non, la seule chose qu'il parvenait à faire c'était de se débattre, se débattre, se débattre...

Une sensation chaude et cotonneuse lui emplit soudain la gorge, faisant se relâcher peu à peu tous les muscles de sa nuque puis de sa mâchoire. Comme accéléré par l'afflux de sang qui s'échappait de ses blessures, le maigrichon sentit peu à peu le contrôle de son corps lui échapper. La tête, les jambes... tout commençait à partir et se relâcher. Son crâne s'affaissa en direction du sol, sa langue ne tardant pas à suivre le mouvement, lui faisant l'effet d'un morceau de viande fraichement découpé qui lui obstruait la bouche plus qu'autre chose tandis que sa mâchoire se relâchait tellement qu'il ne parvint pas le moins du monde à empêcher un important filet de bave et de sang de lui couler le long de la joue. Mollement, ses prunelles glissèrent dans ses orbites, s'arrêtant sur un coin du parquet qu'il commença à fixer sans le voir, ses paupières retombant petit à petit tandis qu'un sifflement continu emplissait ses oreilles. Il sentit la douleur s'apaiser en même temps que ses épaules se relâchaient, l'ensemble de son corps désormais retenu uniquement par les liens qui l'attachaient à la chaise. Son buste à peine gagné par l'engourdissement général, il sentit un instant ses doigts le picoter avec violence tandis que ses jambes continuaient à remuer sans conviction, loin de toute forme de conscience. Tant de petites choses dont il ne prenait connaissance qu'une seconde avant qu'elles ne disparaissent comme si elles n'avaient jamais existé. Pourtant, même s'il se trouva bientôt si détendu qu'il aurait tout aussi bien pu être mort, certaines choses ne parvenaient pas tout à fait à échapper à sa perception. Il sentait, par exemple, la façon dont son poignet, le plus éloigné du sol, appuyait sur ses liens, devinait les brulures qu'il s'y était fait en s'esquintant la peau à essayer de s'en détacher. Il sentait son buste et son nez peiner à envoyer de l'air dans ses poumons, comme si l'intérieur même de sa personne commençait à céder. Il sentit un liquide chaud lui détremper les jambes lorsque la drogue qui s'insinuait en lui parvint à mettre jusqu'à ses entrailles hors services et, surtout, il sentit les crocs du vampire malmener sa gorge, s'enfoncer dans ses veines pour en aspirer la sève, jusqu'à ce que sa victime ne laisse échapper un profond soupir au goût d'abandon.

Comme dans un état second, Ludovic cessa de lutter, devenant pratiquement incapable de faire quoi que ce soit par lui-même. Son corps qui, quelques secondes plus tôt, avait encore la force de se débattre, se trouvait désormais aussi mou qu'une poupée de chiffon. Même respirer lui aurait semblé impossible si les morsures du vampire n'avaient pas tirés de sa gorge des soupirs toujours aussi las qui sonnaient pourtant parfois d'une étrange intonation de plaisir. C'était comme si son souffle avait dépendu du bon vouloir de la créature penchée sur lui pour continuer à le tenir en vie. Comme si le monstre avait sut exactement comment faire danser ses crocs pour extraire le sang du français dans une délectation presque partagée. Il mordait et sa proie expirait, aspirait et sa proie inspirait de délice jusqu'à lâcher un nouveau soupir tremblant et vulnérable lorsque la morsure atteignait son paroxysme. Pareil à une valse bien rodée qui laissa, lorsqu'elle s'acheva, l'un des partenaires complétement amorphe.

La tête encore penchée en direction du sol, de la bave rouge continuait à dégouliner du visage de Ludovic, s'échappant du trou béant de sa bouche en donnant, par contraste, à ses yeux presque révulsés une teinte d'un blanc laiteux.

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MessageSujet: Re: Here's the smell of the blood still Dim 10 Sep 2017 - 19:01



Here's the smell of the blood still

Morgan Winterfield

Il avait beau se débattre, il avait beau supplier, les dés avaient déjà été lancés, et Ludovic avait perdu. La décision était prise et il aurait fallu un miracle pour que le Vampire ne se détourne de son objectif présent, et quand bien même Ludovic était une preuve asse flagrante comme quoi les miracles existaient en ce bas monde, il fallait croire qu'ils étaient trop loin de toute entité, trop loin de toute civilisation, trop perdus dans leur folie respective pour que quiconque ne daigne accorder une nouvelle chance à l'un ou à l'autre. Ils sombreraient ensemble, Morgan dans sa folie, Ludovic dans sa déchéance.
Alors, Morgan mordit, et semblant totalement sourd et aveugle à tout ce que l'autre lui imposait comme résistance, il se mit à boire son sang avec une avidité grandissante. Il adorait tout particulièrement les premières fois. Il jouissait de sentir la résistance toute particulière d'une peau jeune et encore vierge, il prenait plaisir à sentir sa propre hâte grandir en attendant impatiemment le moment de goûter ce sang nouveau. Quel goût aurait-il ? Amer ? Sucré ? Alcoolisé ? Doux ? Les doux étaient les plus décevants, mais fort heureusement les proches de l'écossais semblaient tous avoir quelque bons goûts en matière culinaire.
Cela lui rappelait aussi la fois où, lui aussi, il mordit pour la première fois. Cela commençait à remonter à présent, et ce fut une époque où lui même n'était pas amateur de ce genre de choses. La première fois qu'il avait planté ses crocs dans quelqu'un... Il avait eu peur. Une seconde, même pas, puis il avait été dégouté. Comment apprécié cette impression insupportable de siroter, d'aspirer le sang d'un être vivant comme on aspirerait le jus d'une orange pour ne pas à en manger le reste ? Cette succion, cet effort qu'il devait fournir pour bien viser la bonne zone, bien aspirer, ne pas laisser couler du sang qui, dans une position fort inconfortable, ne facilitait pas les choses. A ce moment là, il y a bien des mois maintenant, Morgan avait eu peur de lui même. Il aurait aimé se détourner, faire marche arrière, mais il était resté là bien décidé à ne pas fuir. Et peut-être est-ce à ce moment là que l'homme qu'il était encore est mort, disparu à jamais sous une couche d'obsession et de logique déformée par la folie. Car peu à peu, ce dégoût profond se teinta de fascination, d'envie, l'envie d'en savoir plus, d'en avoir plus. Il avait prolongé son étreinte et de ce fait avait commencé à remarquer ces détails qui lui avaient échappés jusqu'à présent. Ce liquide chaud s'écoulant comme d'une fontaine dans son corps froid, gelé même ! La chair de poule de sa victime, ses muscles crispés, son souffle court qui se ralentissait jusqu'à devenir presque imperceptible même pour lui... Il s'était à nouveau senti vivant. Peut-être était-ce cela la malédiction des vampires ? Non pas boire pour survivre, non pas tuer pour le plaisir, mais boire pour se sentir vivant. Pour se sentir exister plus fort que jamais.

Depuis cela, à chaque fois qu'il aspirait le sang d'une nouvelle victime, il croyait même sentir ses muscles se recolorer d'un rouge ensorcelant, ses veines se gonfler, fières d'avoir enfin de quoi travailler pour faire battre son coeur de mort d'une vigueur nouvelle, plus encore que lorsqu'il était réellement en vie. Et aujourd'hui cette vision avait un sens tout particulier à ses yeux : il aspirait littéralement la vie de Ludovic pour se sentir, lui, en vie. Tous ces moments qu'il lui avait volé, avec Hesper, avec ses compagnons du refuge, tous ces souvenirs et ces rires qu'il lui avait pris. Il les reprenait. Minute par minute, gramme par gramme, il lui volait la vie qu'il aurait aimé avoir, et ce ne fut que lorsqu'il sentit le corps de l'autre retomber mollement auprès de lui et que sa tête lui tournait à le rendre malade qu'il se détacha, totalement drogué par cette sensation exquise dont il ne revenait jamais tout à fait.
C'est alors qu'il sourit, fier de son petit effet et, évidemment, des soupirs de plaisir qu'il avait tiré à sa proie, avant de lâcher un rire qui s'amplifia encore et encore jusqu'à résonner dans la pièce comme une macabre symphonie.

Ce ne fut que bien plus tard que Morgan se décida à agir à nouveau. Trouvant son partenaire de danse bien ennuyeux, il s'était finalement relevé un petit sourire satisfait aux lèvres avant de commencer à faire le tour de la maison sans s'inquiéter un instant du devenir de son vieil ami. Guilleret, chantonnant presque en chemin, Morgan profita de la vue, s'appuyant sur les fenêtres le nez à l'air alors que le ciel devenait plus sombre au fur et à mesure que l'après-midi passait à son plus grand plaisir. Un peu de vent, de l'air frais, la nuit promettait d'être belle et mémorable. Enfin il aurait sa revanche, l'esprit tranquille d'avoir vengé Hesper.
Un jour peut-être, à cette pensée, son regard se teinterait de tristesse et de nostalgie. Un jour, Morgan deviendrait sans doutes plus qu'un mage noir parmi tant d'autre qui ne ferait que regretter ce passé qu'il a laissé filer et cette vie qu'il a sacrifié en vain. Mais aujourd'hui, Morgan était trop heureux, emporté dans son élan face à cette vérité qui lui semblait inévitable : Ludovic allait mourir ce soir, et le meurtrier de la seule femme qui avait fait battre son coeur un jour allait être arrêté à jamais.

Souriant, le sorcier s'était alors lentement détaché de la fenêtre en sortant sa baguette, lançant un sort sur celle-ci pour la refermer, elle et ses volets, sans prendre la peine d'allumer les bougies ou autres chandeliers qu'il aurait pu trouver. Dans le noir, il avait l'avantage, alors pourquoi se passer d'un tel bonus ? Bien vite d'autres sorties connurent ce même sort : portes, fenêtres, balcons, vitrines. Tous furent scellés sans ménagement par un vampire qui sautillait presque tant il trépignait de hâte, puis, une fois sa tare accomplie, il redescendit les mains dans les poches rencontrer sa proie qui couinerait bientôt de terreur.
Il s'apprêtait à voir Ludovic toujours dans le même état, hébété sur le sol, la bave aux lèvres dans la plus pitoyable des positions, quand il le vit à un bien autre endroit que celui auquel il s'attendait. Légèrement surpris, il n'en démordit pourtant pas et, voyant que l'autre faisait de son mieux pour trouver un moyen de se libérer, mis joyeusement fin à ses espoirs d'un brutal coup de pied dans la chaise qui envoya valser le meuble et son occupant.

- Alors Ludovic on essaie de me fausser compagnie ? susurra-t-il d'un ton mielleux en se rapprochant sans toujours sortir les mains des poches de son manteau. Ce n'est pas très poli tout ça tu ne trouves pas ?

Il se rapprocha de l'homme d'un pas tranquille, un large sourire aux lèvres qui n'annonçait rien de bon alors qu'il respirait la confiance. Il s'abaissa alors, pliant les genoux pour s'accroupir au niveau du français en le regardant une seconde. Il resta muet, son visage presque inexpressif observant avec une douce curiosité les traits déformés de cet homme qu'il haïssait. Et, soudain, dans le plus grand des calmes, il sortit un main de ses pauches, essuyant du pouces les lèvres sales de son vieux rival, s'y prenant à plusieurs fois pour bien nettoyer la peau de l'autre au niveau de sa bouche quitte à humidifier son pouce de sa salive.
Puis, une fois cela accomplit, il observa encore quelques instants l'autre en silence avant de sortir sa baguette et, d'un bref sort, couper les liens de son prisonnier pour se relever et s'éloigner calmement de l'homme.

- Pars. ordonna-t-il simplement. Pars avant que je ne change d'avis. Mais attention... Si tu traines, je me ferais un plaisir de t'arracher la gorge de mes crocs. rajouta-t-il d'une voix doucereuse, un sourire carnassier aux lèvres.


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MessageSujet: Re: Here's the smell of the blood still Mer 13 Sep 2017 - 1:33



Here's the smell of the blood still
Here's the smell of the blood still
Cévènnes ; France – Manoir familial des Descremps – 1961

Abandonné à son sort et aux sensations cotonneuses qui lui immobilisaient les sens, Ludovic n'arrivait pas à réaliser ce qui s'était passé. Il l'avait vécu bien sûr, en avait presque été conscience de tout cela, mais c'était si absurde, si invraisemblable qu'il ne parvenait pas à l'accepter. Comme si son esprit niait complétement l'évidence, refusait de faire un dossier sur ce nouveau fait qu'il aurait à gérer, mais si le contre-coup risquait d'être terrible, pour l'heure, il fut ravi d'avoir à s'en passer, laissant ainsi dans son crâne plus de place à la survie. A peine le vampire s'était-il retiré que les méninges du français s'étaient activés, passant dans une sorte d'alimentation de secours qui fonctionnait sans lui, sans besoin de son avis. En un instant, l'ancien Serdaigle avait commencé à parcourir les environs des yeux, ne s'étonnant même pas de ne pas y trouver la source de ses ennuis. Il se sentait lourd, mou, et le seul retour qu'il pouvait avoir de son corps se résumait à quelques spasmes qui avaient pour seul effet de lui râper la peau contre le parquet, mais son esprit lui filait d'un bout à l'autre du lieu déjà lancé à la poursuite d'une arme. Car il était sûr d'une chose, c'était qu'il n'allait sûrement pas rester là, à la merci d'un vampire comme un rein de chauve-souris dans l'écuelle d'un potionniste.

Hélas pour lui, dénudée de ses livres, la bibliothèque s'avérait fort vide. Si d'habitude ce "sanctuaire de la réflexion" qu'avait bâti son père pouvait se montrer très austère malgré ses touches d'ornements propres aux vieux manoirs, à cet instant dépouillé il ne lui faisait plus que l'effet d'une énorme boite vide. Les étagères énormes, grimpant jusqu'aux plafond, si bien faites et solides qu'il aurait fallut abattre la moitié de la maison pour en faire tomber une n'allaient sans doute pas beaucoup lui servir, pas plus que l'échelle en laiton accrochée à son rail. Quoique, il aurait peut-être pu en rompre les attaches avec une bonne décharge de magie ou suffisamment de coups de pieds bien ciblés, mais même en considérant le fait qu'il puisse réussir son coup et que le vampire se soit tenu dans le bon axe et suffisamment immobile pour que cela porte, cela ne lui aurait pas servit à grand chose. L'échelle était trop lourde pour qu'il parvienne à la soulever, trop longue pour être maniée, trop légère pour blesser une machine à tuer aux dents longues inutile donc de compter dessus pour achever sa cible. Ludovic laissa donc là la partie "bibliothèque" pour se concentrer sur le reste. En dehors des rayonnages et de la fenêtre aux carreaux épais cerclés de fer comme un grossier vitrail, il n'y avait pas grand chose pour meubler les environs ; seulement la cheminée et le bureau. Une fois encore, Ludovic écarta la première solution - bien qu'elle lui donna une petite idée qu'il mit rapidement de côté - pour se concentrer totalement sur le bureau, plus proche, accessible et, surtout, dans son champ de vision. Le coup de poing du mage noir en avait fendu la surface sur une bonne petite longueur, avec un peu de chance, il parviendrait peut-être à gratter suffisamment pour déloger de la table un éclat de bois suffisamment épais, pointu et solide pour lui servir d'arme, misant sur l'affection particulière des individus de la nouvelle espèce de Morgan envers les pieux pour que ce genre de chose soit un peu plus efficace. Avec la même chance - bien que dans ce cas il y croyait beaucoup moins - il trouverait peut-être même un coupe-papier ou n'importe quel objet un minimum pointu voir tranchant oublié dans un tiroir. La cible était donc choisit, en très peu de temps, quelques dixièmes de seconde à peine, restait à accomplir le plus difficile : y accéder.

C'était là tout le drame habituel. Facile et rapide de faire jouer ses méninges pour imaginer un plan parfait, mais la mise en pratique, elle, s'avérait toujours plus compliquée, surtout lorsque votre corps donnait pour seul signe de vie des soubresauts à peine perceptibles. Ramper ainsi, avec le fauteuil vautré sur le côté, ne l'aurait mené à rien. Ses jambes étaient bloquées, le privant du meilleur système de levier de l'humanité et avec une seule main en contact avec le sol, même une limace l'aurait battu à la course, aussi fallait-il commencer par régler le problème du poids mort dans son dos. Petit à petit, retrouvant le contrôle de son corps un peu plus facilement maintenant qu'il se concentrait sur un but à atteindre, les bras et les jambes serrés autant que possible aux prises de bois auxquelles il était attaché, Ludovic commença à basculer d'un côté puis de l'autre, exactement comme s'il avait voulu rouler sur lui-même. Cela ne payait pas de mine, mais avec un bon rythme et en se servant de l'élan de plus en plus croissant il parvint à soulever de plus en plus son siège jusqu'à parvenir à le décoller un tout petit peu du sol. Il lui fallut plusieurs tentatives occupées à tirer de toutes ses forces sur sa sangle comme sur la corde d'une poulie récalcitrante - tentatives au cour desquels il pu apprécier la solidité du travail réalisé par le menuisier et l'écossais, bien que, pour une fois, il aurait sans doute apprécier un peu moins de zèle de leur part - avant de parvenir à faire ce qu'il voulait et que le fauteuil ne finisse par basculer, vaincu par la gravité.

Le maigrichon lâcha un gémissement plaintif lorsque le poids du meuble retomba sur lui, mais se trouva étonnamment ravi d'être ainsi écrasé entre deux tranches de bois. Le plus dur était fait, la limace n'avait qu'à bien se tenir. Dégageant ses mains et, autant que possible, ses pieds, Ludovic s'employa à soulever le fauteuil pour pouvoir commencer à ramper. Le poids mieux réparti de son siège paraissait un peu moins lourd, mais il se trouva vite contraint de le laisser retomber, avançant centimètre par centimètre alors qu'il sentait son coeur battre dans sa gorge et des sueurs froides ruisseler sur son visage. Il n'y aurait pas eut la morsure, il aurait sans doute pu parvenir à son objectif en un rien de temps, mais son corps entier tremblait tant de l'effort à accomplir que de sa furieuse envie de se prostrer dans un coin en attendant d'avoir retrouvé ses ressources pourpres. Aussi ne fut-il pas tellement surpris d'être coupé dans sa progression, non pas car il s'y attendait, mais parce qu'il était si bien concentré sur sa tâche qu'il n'avait pas entendu la vampire arriver.

Le choc fut rude, faisant craquer le sol avec tant de violence qu'il cru un instant que son poignet s'était brisé. Par réflexe, il tenta d'y plaquer son autre main en vain, s'interrompant bientôt pour se plaquer à nouveau contre le fond du fauteuil, tendant les bras autant que possible contre les accoudoirs comme si cela avait pu suffire à retarder l'échéance ou mettre un peu plus de distance entre lui et le monstre. Il aurait voulu réagir avec plus de dignité qu'il n'aurait pas réussi à cacher la pulsation affolé de sa jugulaire qui semblait vouloir s'enfuir à tire d'ailes sans son propriétaire. De son côté, l'autre avait de quoi apprécier le spectacle, bien sûr, mais si le brun l'aurait bien volontiers cloué sur place pour lui faire passer le goût de ce genre d'amusements, il ne tarda pas à rentrer la tête dans ses épaules, espérant que cela suffise à contrarier un peu une éventuelle nouvelle morsure. Comme si cela pouvait suffire... pourtant, le sorcier ne sortit pas les crocs cette fois, mais commença à passer le pouce sur ses lèvres en un geste tout à fait écoeurant qui fit frissonner de dégoût sa victime. En un instant, une fureur profonde ne tarda pas à se raviver dans les prunelles de l'échevelé qui se retenait à grand mal de mordre cette phalange de toutes ses forces quitte à l'arracher. Pour qui est-ce qu'il se prenait ? Pour qui est-ce qu'il le prenait ? Le brun serra pourtant les mâchoires plus fort, constatant qu'au moins il n'avait plus trop mal à la dent. Il ne se souvenait plus de grand chose de ses cours sur les vampires, mais à en croire ce que l'autre avait dit à propos de sa transformation, mieux valait éviter d'en mordre un. Aussi s'apprêta-t-il plutôt à encaisser le prochain coup, espérant - si cela était possible - que cela serait moins paralysant que la première fois, lorsque la première sangle lâcha. Libre ?

Surpris, perdu, l'échevelé observa l'autre défaire ses liens sans tout à fait comprendre où il voulait en venir, s'empressant pourtant de reculer le plus loin possible du fauteuil pour mettre un maximum de distance entre lui et le prédateur. Ce n'était pas possible, il ne pouvait pas être libre. Peut-être fallait-il seulement cesser de chercher à comprendre et simplement agir, comme il l'avait fait pour parvenir à s'approcher du bureau. Précipitamment, égaré, il essaya quand même de continuer à reculer, sachant pertinemment que quelque chose clochait sans parvenir à savoir exactement quoi ; jusqu'à ce que l'écossais lui affirme qu'il pouvait partir. Oh non, une fois encore, il savait que le prendre encre ainsi pour un parfait demeuré n'allait pas être possible.

— Qu'est-ce que tu crois ? s'empressa de déballer le français, plus paniqué qu'il ne l'aurait aimé. Tu me prend pour un con ? C'est ça ? Je sais parfaitement que tu n'a pas l'intention de me laisser partir alors quoi ? Hein ? Tu va me tuer quand j'aurais le dos tourné ? C'est ça que tu veux ?

Ludovic reculait toujours, son regard affolé, n'attendant pas la réponse alors qu'il passait une nouvelle fois la pièce vide en revue. Si vide. Jusqu'à ce que sa tête ne cogne contre l'un des montant de la cheminée. Levant les yeux puis tournant la tête, l'échevelé se détourna bien vite du vampire, fixant une seconde le petit feu ensorcelé qui commençait à y mourir, puis le vampire et, une seconde plus tard, plongea sans hésiter la main dans le feu pour s'emparer des restes de baguettes transformés en braises. Il les jeta dans la foulée et de toutes ses forces en plein dans les yeux de l'écossais son geste trop rapide pour qu'il en sente la brulure. Ce qu'il avait à peine envisagé pouvoir trouver était là, deux chenets en fonte lourds et contondants solidement arrimés de chaque côté du foyer par un simple pied en crochet. Projetant une nouvelle fois ses mains en avant, le français s'empara du plus proche, se servant de ses manches épaisses - dont une déjà roussie par les flammes - comme protection contre le métal chauffé. Une tentative, deux, l'objet était trop lourd, voir même scellé dans la pierre, mais non il pouvait le faire, restait à savoir en combien de temps avant que la créature ne lui tombe dessus pour se venger. Une, deux... Ludovic passa le bras sous la tige du chenet, le soulevant d'un coup brusque pour l'abattre en plein dans le crâne de son assaillant. Trois. Même un vampire allait avoir du mal à digérer ça. Emporté par son élan et l'objet pesant, le maigrichon bascula par terre effrayé par la vitesse à laquelle il heurta le sol, manquant même de s'empaler lui-même sur son arme. Il ne s'arrêta pas pour autant, s'appuyant sur le morceau de fonte pour tenter de se relever. Une première tentative qui se solda immédiatement par une nouvelle chute face contre terre, ses jambes à peine dépliées n'ayant pas trouvé l'irrigation suffisante pour supporter le changement d'altitude. Maudit hasard que d'être grand ! Mais non, c'était trop bête. L'échevelé continua à s'enfuir, mi-courant mi-trébuchant jusqu'à parvenir à se relever, son arme toujours sur les bras, pour courir droit sur la porte songeant d'abord à détaler à toutes jambes jusqu'au dehors avant de marquer une halte pour refermer derrière lui, verrouillant l'objet magique en hâte. Un endroit dans lequel on ne pouvait pas entrer devait aussi pouvoir empêcher quelqu'un de sortir pas vrai ?

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MessageSujet: Re: Here's the smell of the blood still Dim 17 Sep 2017 - 15:34



Here's the smell of the blood still

Morgan Winterfield

Voir Ludovic fuir sa présence comme s'il avait soudain été brûlé par sa simple présence était un spectacle tout à fait réjouissant qui ne fit qu'étirer un peu plus le sourire de Mogan sur son visage. Voir la peur chez ses proies, le pouvoir qu'il exerçait sur elles entre leur plaisir tout simplement exceptionnel lors de ses morsures et, la minute qui suivait, la terreur dans leur regard... C'était un petit rituel auquel le vampire avait rapidement pris goût. Il était toujours impressionnant de se rendre compte à quel point les êtres humains étaient sensibles et manipulables, totalement impuissants face à leurs émotions et face à tout ce qu'ils ressentaient qui n'était même pas de leur ressort. Et voir que cela s'appliquait bien en effet à Ludovic Descremps... C'en était presque décevant. Au final il était comme tous les autres, mais de l'autre côté, cela prouverait une nouvelle fois à quel point il ne valait rien face à lui.
Alors le voir gémir et aboyer sur lui, si paniqué que sa voix en faisait des bonds originaux et fort distrayants était tout à fait à mourir de rire, et il était certain que si Morgan avait été d'humeur à se moquer il l'aurait fait avec plaisir. Il lui rappelait alors... Ces petits chiens, ridicules, qui aboyaient encore et encore en se croyant impressionnant. Il doutait qu'il avait fait ça par pure bonté d'âme ? Roh, mais voyons, pourquoi ? Il était l'image même de l'altruisme et de la générosité, c'était évident !

- Bien sûr que non, pour qui me prends-tu ? demanda-t-il d'une voix doucereuse alors que son sourire avait tout d'inquiétant. Je te propose seulement un petit jeu : si tu parviens à sortir de ta chère petite maison dans la prairie, je te laisse tranquille. Pour toujours, et tu n'entendras plus jamais parler de moi. Mais si je t'attrape avant...

Il sourit d'autant plus, relevant légèrement le menton en passant avidement sa langue sur ses lèvres comme pour se remémorer avec délice le goût de cet homme qui l'avait hanté durant des années. Il s’apprêtait à rajouter quelque chose quand il vit Ludovic se retourner vers la cheminée, ce qui piqua son attention quelques secondes seulement avant qu'il ne plonge la main dans le feu pour s'emparer de quelques débris de bois et les jeter sur le vampire qui, fort heureusement, eu bien le temps de monter le bras pour s'en protéger le visage. Sentant la chaleur des braises percer à travers sa manche, le vampire lâcha un grognement rauque en chassant d'un geste agacé les salissures de sa veste.

- Ludovic... gronda-t-il, menaçant, fronçant les sourcils en s'approchant lentement. Je doute que cela soit dans les règles de notre petit jeu...

Voyant que l'autre avait empoigné l'une des structures de métal, il modéra son allure en gardant sa baguette bien en main, ce qui ne l'empêcha pas pourtant de sursauter lorsque la chose se décrocha brutalement, retombant bruyamment contre le sol alors qu'il avait instinctivement reculé de quelques pas pour éviter le drame. Les yeux ronds, il eut à peine le temps de réagir que l'autre filait déjà à l'autre bout de la pièce, fonçant vers la porte pour la franchir en rallumant, chez le vampire, une lueur excitée dans son regard.

- Ludooooviiiiiic ! gronda-t-il à nouveau en se jetant à sa suite, un large sourire fou aux lèvres.

Se jetant contre la porte, Morgan tâcha de retenir sa fermeture, bloquant l'espace en y passant les mains et résistant du mieux qu'il pouvait, lâchant de temps à autre des rires silencieux tant cette nouvelle perspective de chasse l'enchantait au plus haut point. Un peu d'amusement, de défi ! Que demander de mieux ? Malheureusement, le vampire du bien admettre que cette porte était un bien bel objet de sécurité car la pression qu'elle exerçait eu bien vite le dessus sur sa propre force pour son plus grand agacement.

- Oh non Ludovic, tu ne vas pas m'avoir si facilement... Ca ce n'est pas dans les règles de notre petit jeu !

Donnant un brutal coup de poing à la porte qui ne trembla en rien contrairement à ce à quoi il aurait pu s'attendre, le vampire grinça des dents avant de se reculer de quelques mètres, de tendre sa baguette en direction du mur qui entourait la porte et de le bombarder sous une pluie de sortilèges qui, petit à petit, firent voler en éclat la paroi tout en étirant sur le visage de l'écossais un nouveau sourire, tous crocs découverts.

- Bien essayé, mais j'arrive...! souffla-t-il enfin, exalté, avant d'enjamber les décombres pour reprendre sa traque.

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MessageSujet: Re: Here's the smell of the blood still Mer 20 Sep 2017 - 13:09



Here's the smell of the blood still
Here's the smell of the blood still
Cévènnes ; France – Manoir familial des Descremps – 1961

Laissant derrière lui la salle et la menace, Ludovic resta un instant pantelant derrière la porte. Son cerveau était parvenu à l'emmener jusque là, mais n'avait pas réellement anticipé la suite, ni même prévu le fait que ce plan puisse être une réussite. Aussi resta-t-il figé, sursautant légèrement en entendant le choc lourd d'une masse contre le battant de bois, le fixant comme pour vérifier qu'il tiendrait le coup.

Avouons-le, il n'avait pas écouté le moindre mot de ce que le vampire lui avait dit, trop accaparé par l'urgence de s'envoler de sa position précaire. Il n'avait aucune idée du petit jeu auquel Morgan semblait vouloir se prêter et il ne s'interrogea pas une seule seconde sur la véracité de sa promesse de le laisser filer s'il parvenait à sortir. Non, sortir était même tout à fait hors de question. Comme s'il avait sut sans le savoir qu'il ne pourrait pas sortir, pas tout de suite du moins, pas tant que le monstre serait à ses trousses ni tant qu'il ne serait pas enfermé derrière autant de portes que possibles dans une pièce avec une sortie directe. Après un instant de stupeur, son esprit déboussolé reprit donc son rythme effréné. Premièrement :

Courir.

Laissant là la bibliothèque, l'échevelé s'empressa de tourner les talons, s'élançant dans le couloir le plus proche pour tenter de mettre autant de distance que possible avec la cage temporaire du vampire. Ses semelles dérapaient à demi sur le parquet, sprintant à travers les salles familières sans parvenir à les reconnaitre. Où aller ? Que faire ? Est-ce qu'il avait seulement une chance d'échapper à une moitié d'homme avide de sang et de vengeance ? Deuxièmement :

Réfléchir.

Ralentissant sa course, Ludovic s'accorda une seconde au pied des escaliers pour observer les alentours, cherchant à savoir où il était et où il aurait tout intérêt à aller s'il voulait avoir une chance de s'échapper. La porte d'entrée ? Sûrement pas, trop évident, le vampire l'avait sans doute condamnée d'une façon ou d'une autre, aux étages par contre il aurait peut-être une chance de trouver quelque chose pouvant lui être utile. Une lucarne oubliée au grenier, un placard délaissé sur la route. Mais s'il se trompait ? S'il restait coincé ? D'accord, autre idée. Les vampires. Que savait-il sur les vampires ? Soyons honnête, pas grand chose, ses cours de Défense contre les forces du mal commençaient à remonter et il avait le souvenir d'avoir arrêté d'écouter le jour où il avait réalisé qu'il n'arriverait probablement jamais à faire un patronus correcte. Mais réfléchissons. Il connaissait ses classiques bien sûr, prouvés en direct, force surhumaine, vitesse surhumaine, sens surhumains. Ils devaient donc se repérer à la chaleur... non, au sang, à l'odeur... au son ? Au coeur ! Il s'en souvenait vaguement oui, ils pouvaient entendre les battements de coeurs. Misère. Portant instinctivement sa main au coeur, Ludovic se maudit une seconde d'avoir besoin de ce traitre plus emballé qu'un centaure au galop. Sans compter le sang qui lui maculait la gorge, la sueur, la bave et tous les autres fluides que le vampire pourrait peut-être sentir. Il devait faire l'effet d'un énorme voyant lumineux au centre d'une clairière à la nouvelle lune. Visible comme la lumière au bout du chemin. Que faire ? Comment cacher une lumière ? Comment cacher une odeur ? Comment cacher un son ? Tout cela sonnait comme les affreuses énigmes du heurtoir des Serdaigles. Sens surhumains... sens surhumains...

— Aller, aller... s'encouragea le français qui entendait de nouveaux coups s'élever du couloir qu'il venait de quitter.

Stopper la douleur avec encore plus de douleur. Oui, ça c'était quelque chose qu'il avait appris récemment. Si l'on faisait souffrir quelqu'un de façon trop intense trop longtemps il finissait par devenir insensible à la douleur et il avait pu constater plusieurs fois que la même règle s'appliquait pour le reste. Trop de lumière et impossible de la voir, trop d'odeur et impossible de sentir, trop de sons et impossible d'entendre. Restait à trouver quelque chose qui puisse faire office de faux corps. Créer un leurre avec une maison ? Oui, c'était possible. Boom boom, boom boom, tic tac. Bondissant aussitôt, Ludovic se rua sur l'une des énormes horloges qui ponctuaient les secondes dans la maison, brisant le verre du cadran pour jouer avec les aiguilles, les tournant de force et les tordant jusqu'à ce que le tic tac fasse du sur place à minuit. Dong, Dong... le son rassurant de la lourde cloche à peine réveillé, le brun s'élança en direction de la salle la plus proche, un salon, s'armant de son chenet pour cogner sur le premier radiateur qui passait jusqu'à en faire exploser une conduite qui cracha aussitôt un épais et brulant nuage de fumée sifflant. Bien, la chaleur, il n'y avait pas pensé. Une chance que sa mère ait eut l'idée de faire installer le chauffage dans la maison. Comme quoi cette lubie contre laquelle son père avait tant protesté pouvait s'avérer utile. Le radiateur défoncé, le brun s'en écarta, se couvrant le visage alors qu'une brume d'eau bouillante se répandait autour de lui. L'important c'était de faire vite. En quelques pas il avait détraqué une nouvelle horloge, plus petite que la première qui lança ses ding à travers toute la pièce et avait ramassé un des draps qui trainait sur un canapé pour le glisser sous son bras, éventrant le canapé du crochet de son chenet dans la foulée. Pour l'instant, soyons une nouvelle fois honnête, il ne savait pas exactement ce qu'il faisait, mais, une chose était sûre, il manquait surtout de matériel. Le temps pour lui de récupérer le tissu et de répandre autant de choses que possible sur le sol pour encombrer le chemin que le vampire aurait pu prendre dans le brouillard et il était passé à la salle suivante, reprenant son manège. Radiateur, horloge... En peu de temps son chemin s'était transformé en un carnage sifflant et tiquant qui ne manquerait pas d'occuper le vampire quelques secondes. Quelques secondes à peine. Le temps, peut-être, pour lui de trouver une meilleure idée.

Essuyant sa crasse sur les morceaux de tissu récupérés sur le fauteuil, Ludovic en sema aux quatre vents. Cherchant à créer autant de leurres que possible avant de se retrouver bloqué dans son parcours par le cul de sac de la cuisine. Sans même prendre le temps d'y réfléchir, le maigrichon se précipita au fond de cette dernière, ramassant un couteau et une petite poêle sur son passage avant de s'engouffrer dans la trappe qui conduisait au cellier. Sans doute une très mauvaise idée, mais, quitte à être coincé, autant que cela soit dans un endroit où il aurait le temps de voir son ennemi venir. Si le chauffage n'avait pas été un problème à installer, l'électricité, elle, avait fait plus de débats, les non sorciers de la maison étaient parvenus à négocier des ampoules dans quelques lieux particulièrement sombres avant que le système soit jugé trop dangereux et que les petits globes de verre soient abandonnés à leur sort, pendant au bout de leurs fils à moitié dénudés par l'usure. Hors de question pourtant de se passer de lumière dans un endroit si sombre. Raison pour laquelle, après quelques essais infructueux sur l'interrupteur, Ludovic dut se résoudre à laisser la trappe ouverte pour que la lumière de l'extérieur éclaire un peu ce qui avait tout de son futur tombeau, avant d'aller se dissimuler derrière les rangements désertés du cellier, encombrés seulement de quelques pièces de viandes laissées là pour être fumés, de vieilles patates à moitié germées et d'une cagette remplie de condiments et d'ail.

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Here's the smell of the blood still

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