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The River of Life

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Ludovic Descremps

APARECIUM : 27/02/2016
HIBOUX : 1407
CREDITS : (vava) Yoshiavatars (signa) Wiise & tumblr
AVATAR : David Tennant
PSEUDO : Ludo
AGE : Quarante et un ans
SANG : Mêlé
ANCIENNE MAISON : Serdaigle
SITUATION : Inconnue
IDÉOLOGIE : Officiellement traitre à l'Ordre
MÉTIER : Sans emploi


MessageSujet: The River of Life Jeu 24 Aoû 2017 - 12:59



The River of Life
The River of Life
Poudlard ; Ecosse – Appartements de Ludovic Descremps – Fin Janvier 1976


The more we live, more brief appear
Our life's succeeding stages;
A day to childhood seems a year,
And years like passing ages.
Thomas Campbell

Une chaleur presque étouffante régnait dans la serre de Ludovic. Malgré la froidure ambiante, il suffisait de s'approcher du toit de verre incurvé pour sentir une bouffée tiède épaissir l'air. L'endroit manquait cruellement de soleil, mais, étrangement, il regorgeait de lumière. Une sorte de magie imprégnait le lieu, éclairant d'une douce égalité les feuilles et les fleurs. Chaleur, lumière... les plantes adoraient ça ! En l'absence de leur propriétaire, elles profitaient du système d'arrosage pour se gorger d'eau. Des petits tubes percés courant des cimes jusqu'aux racines pour déverser de fins filets aqueux sur leur passage, bien plus régulièrement que n'importe quel arrosoir. Clip, clop. Le bruit léger était constant, apaisant. Murmure de ruisseau, clapotement translucides qui faisaient se mouvoir les branches. A rythme régulier, un bref courant d'air agitait les frondaisons, secouait les gouttes, renouvelant l'air pour qu'il ne soit ni trop chaud ni trop froid et donner au lieu un petit quelque chose de sous-bois. C'était un endroit merveilleux, dans lequel il faisait bon venir se perdre, mais qui ne profitait jamais vraiment qu'à une seule personne. Tout le monde était toujours trop occupé pour venir s'arrêter dans cet endroit. Tout le temps, les invités couraient d'une pièce à l'autre, faisaient exploser quelques machines ou créaient de la glace par magie sans jamais venir se promener dans ce carré de verdure relégué au statut de tableau vivant. Rarement la porte de la serre s'ouvrait-elle pour laisser passer un visiteur, on restait toujours dehors, comme refusant d'entrer dans ce terrarium, trop effrayé par le silence et l'innactivité. C'était vrai qu'il n'y avait pas grand chose à faire dans cette serre, seulement des arbres à voir, quelques plantes un peu rares, rien qui n'intéressait vraiment ceux qui se baladaient au-dehors. Certains bosquets fournissaient des plantes aux vertus médicinales, d'autres quelques peu magiques servaient à nettoyer leurs voisines de tout parasites. Aucune n'était vraiment traitée à sa juste valeur, ni même cultivée pour ses propriétés, mais, après tout, là n'était pas le but, cette serre n'était qu'un simple cadeau, fait par une mère et optimisé par son fils.

Les plantes, elles, voyaient les choses tout autrement. Pour elles, non seulement cet endroit avait tout du petit paradis où elles pouvaient proliférer en toute liberté, mais le spectacle qu'elles avaient à admirer avait tout de captivant. Chaque jour, elles voyaient passer cette même petite tête échevelée faire des choses étranges de l'autre côté du mur de verre, elles jetaient une ombre curieuse sur son bureau caché derrière et frémissaient de soif en le voyant élever des colonnes de glace hors de portée. Elles s'étonnaient aussi des autres visages qu'elles apercevaient parfois. De cette étrange créature qui bavardait tout le temps et qu'elles n'avaient vu qu'à de rares occasions, de cette jeune femme blonde qui critiquait l'obscurité et la tête échevelée et de cette autre brune qui les avait contemplé la première fois avec un air tout à fait émerveillé qui les avait ravi avant de ne plus vraiment leur accorder le moindre regard, par habitude. C'était un véritable défilé auquel elles assistaient chaque jour, mais ce spectacle ne faisait que pâle figure face aux eaux dormantes sous leurs racines. Car sous le sol terreux où elles poussaient se cachait un secret sur lequel elles prenaient grand soin de veiller. Elles ne pouvaient pas y accéder, la salle secrète appartenant à une de ces dimensions que seule la magie savait créer, mais la magie elle-même est pleine de mystères et de débordements et, régulièrement, filtraient quelques échos de mémoire que seules les plantes parvenaient à saisir dans leur écorce. Des souvenirs de voyages, qui les faisaient parfois grincer d'inquiétude, parfois frémir d'exaltation, les animaient dans cette lenteur toute propre aux créatures inanimées pour qui la seconde se comptait en heures.

C'était ce que l'apparition se plaisait à imaginer, à contempler depuis son siège d'herbes et de petites pierres lisses qui marquaient les contours d'un bassin irrégulier construit au centre de la serre. Le nez levé, souriante, l'image restait là durant des heures pour écouter le bruit de l'eau et du vent, le son du silence et du temps qui passe. Elle adorait ces moments de vide, de liberté tranquilles où personne ne pouvait la remettre à sa place, où elle pouvait faire ce qu'elle voulait sans avoir à se soucier de la logique. On pouvait bien croire que tout était possible lorsqu'on côtoyait de si près un Ludovic. Se relevant dans un silence impossible, la silhouette intangible déambula un instant sur le petit sentier unique qui traversait la serre. Elle s'ennuyait, c'était étrange, elle ne comprenait pas très bien ce que cela voulait dire, ni même pourquoi, mais depuis le temps où personne n'était venu, même pour se contenter de regarder les plantes par les carreaux, elle commençait à tourner en rond. Au début, cette absence lui avait bien plu, elle lui avait permis de se promener à sa guise sans craindre de devoir disparaitre avant d'être vue, mais cette petite sensation d'interdit avait peu à peu été chassé par une certaine inquiétude. Et s'ils étaient seuls désormais ? Si leur protecteur les avait abandonné ?

Pivotant soudain, l'image tourna la tête vers l'entrée de la chambre, invisible à travers les branches. Il lui avait semblé entendre un bruit, quelque chose qui l'inquiétait, à tel point que l'apparition avait faillit disparaitre par réflexe. Elle resta pourtant, se penchant et se cachant parmi les arbres et les buissons, s'approchant du verre de la serre en entendant clairement un nom qu'elle connaissait bien. Ludovic ? Qui pouvait l'appeler ?
Jouant de ses atouts digne d'un fantôme, la créature suivit la nouvelle venue des yeux, observant cette femme approcher avec l'impression de la connaitre à moitié. Que faisait-elle là ? Qui était-elle ? Tant de questions qui taraudaient sa cervelle alors que l'autre non plus ne semblait pas savoir par où commencer. Peut-être fallait-il faire quelque chose, ce n'était pas normal que quelqu'un vienne ici sans être accompagné de son échevelé. Hésitant longuement, le souvenir mouvant fini pourtant par se décider, attendant que l'Auror s'approche assez près avant de prendre corps derrière elle, apparaissant en silence tel un fantôme, sur un sol invisible, mais avec une opacité plus forte et une réalité bien plus tangible, digne d'une véritable personne.

— Qui êtes-vous ? demanda-t-elle, d'un ton mi-intrigué mi-ferme pour tenter de cacher son inquiétude face à cette étrangère. Et que faites-vous là ? intima encore Hesper.

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Linda Oswin

APARECIUM : 27/02/2016
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PSEUDO : Linda Oswin
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SANG : Son sang est pur mais elle ne se considère pas comme tel
ANCIENNE MAISON : Elle a fait des études avec un professeur Particulier
SITUATION : En couple avec Ludovic Descremps
IDÉOLOGIE : Contre les mouvements extremistes
MÉTIER : Directrice des Auror


MessageSujet: Re: The River of Life Jeu 24 Aoû 2017 - 23:52




The river of life
We're born alone, we live alone, we die alone.
Only through our love and friendship can we
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we're not alone.


Plantée droite devant une certaine porte de bois, Linda se tenait droite, les bras croisés, tendue comme elle l'était rarement et victime d'une certaine anxiété qu'elle était loin d'apprécier. Elle trépignait, là, dans ce couloir devant cet idiot plateau de bois, n'arrivait pas à se décider, ne cessait d'enchainer les faux départs et les inspirations profondes dans le but de se donner du courage. Mais peine perdue. Elle était inquiète, et elle n'aimait pas l'idée de pénétrer les appartements de Ludovic.
Cela faisait maintenant plusieurs jours qu'il avait disparu, et si elle avait été la première à s'en rendre compte, elle ne s'y était pas attardé plus que cela depuis. Il reviendrait, alors oui, ça l'agaçait, mais il revenait toujours. Elle aussi avait fait ce coup là une fois, il lui avait bien rappelé d'ailleurs à son retour, en lui faisant comprendre par la même occasion qu'il n'approuvait pas, mais alors pas du tout. Ce après quoi ils se retrouvèrent coincés dans un livre fictif avant de devoir défaire une créature démoniaque... Parfois, tout ce qu'elle avait vécu depuis le début d'année lui donnait le vertige.
Mais les jours étaient passés, et elle finit par comprendre que ce soit dans les couloirs ou à la table des professeurs le matin que personne ne savait où il était allé cette fois. Pas même Lakenstridge ou Starkweather qui étaient, pourtant, les enseignants les plus proches du français. Ce n'étaient que des bruits de couloir, mais Oswin remarquait bien du coin de l'oeil que même dans le regard de McGonagall, une pointe de confusion persistait.
Alors, l'inquiétude grandit. Elle la fit taire, continua ses activités durant un temps, mais elle n'avait jamais été très douée pour noyer ces tracas là sur le long terme.

Désormais, elle se tenait donc devant la salle de classe de l'enseignant, classe qu'elle savait vide mais qui l'angoissait d'autant plus. Rentrer dans son domaine en son absence revenait à accepter son départ, avouer qu'il était disparu. Peut-être si elle attendait encore une heure, un jour, une semaine... Peut-être reviendrait-il ? Mais cette impuissance la rongeait, sans oublier que s'il ne revenait pas rapidement il risquait sa place à Poudlard, et si il y avait quoi que ce soit à découvrir, cela se trouverait là-bas, dans sa chambre.
Pour la énième fois au moins, Linda prit une profonde inspiration, se balançant nerveusement pour tenter de se détendre en vain. Allez... Pousser la porte...

- Allez Linda... Il n'y a rien derrière, seulement les réponses...

Et dire qu'en temps normal elle était plutôt du genre à enfoncer les portes ouvertes ou les envoyer valser d'un sort bien placé...
Fermant les yeux une seconde, Linda posa sa main sur la poignée avant d'enfin ouvrir la porte, se dirigeant d'un pas hâtif vers son objectif pour éviter de risquer de faire demi-tour en se décourageant, et malgré une brève hésitation tremblante une fois face au mur qui la séparait de la véritable chambre, elle parvint à atteindre la fameuse chambre.
Une fois parvenue à bon port, elle ferma les paupières, prenant une profonde inspiration comme après une longue apnée pour se détendre, enfin. L'atmosphère, l'odeur, cet endroit lui était familier. Pas un bruit comme d'habitude, mais elle se sentait suffisamment chez elle pour parvenir à se détendre fort heureusement.
Toujours quelque peu tendue, Oswin rouvrit lentement les yeux sur l'immense espace qui se dessinait devant elle, quelque peu attristée de ne pas voir de figure longiligne l’accueillir joyeusement. Il fallait qu'elle trouve des réponses, et s'il n'y en avait pas ici il n'y en aurait nulle part.

- Ludovic ? tenta-t-elle en haussant le ton.

Rien, rien que le silence évidemment.

- Rognure ? Quelqu'un ?

Elle attendit à nouveau, n'obtenant bien évidemment aucune réponse.
Lâchant un soupir, Linda se frotta le visage en se demandant bien à quoi elle s'était bien attendu de toutes manières. C'était ridicule, autant tout de suite s'atteler aux choses sérieuses.
Liant le geste à sa pensée, la brune commença à se diriger vers le bureau de l'homme, à pas lent pour observer le alentours. Ludovic avait la mauvaise tendance de tout étaler un peu partout, il y aurait du travail à faire, des endroits à fouiller, mais autant commencer par l'endroit où ils avaient pris l'habitude de s'entrainer à l'ancienne magie. Elle allait de bon train quand une voix se fit entendre juste derrière elle, la faisant sursauter et se retourner immédiatement. Dans un même geste, un réflexe, l'Auror tira sa baguette et la pointa vers l'intruse :

- Qui êtes-vous ? Identifiez vous !

Mais à peine eut-elle dit ces mots que la personne disparu devant elle à sa plus grande surprise. Les yeux ronds, elle ne se laissa pourtant pas démonter, restant sur ses gardes et tournant lentement sur elle même en cherchant des yeux celle qui l'avait surprise.

- J'ai déjà vu Descremps faire ce petit tour. lança-t-elle assez fort pour s'adresser à l'inconnue. On ne peut pas transplaner dans Poudlard, mais on peut... Sauter. Vous êtes toujours là. Montrez vous ! Je ne vous ferais aucun mal si vous êtes raisonnable.

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MessageSujet: Re: The River of Life Ven 25 Aoû 2017 - 1:12



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Poudlard ; Ecosse – Appartements de Ludovic Descremps – Fin Janvier 1976

A peine avait-elle parlé que l'inconnue avait pivotée comme une furie, arme à la main, pour la pointer avec sa baguette d'une façon qui avait tout de menaçante. Écarquillant les yeux de surprise, Hesper laissa échapper un bref son d'effroi avant de disparaitre en silence, aussi rapidement que l'on ferme les yeux ou s'endort. Elle ne comptait pas réapparaitre, ça non ! Pas pour une folle furieuse qui avait l'indécence de la menacer ainsi comme si elle n'était... qu'une vulgaire... Ah elle n'avait pas d'idée ! Pourtant, sa curiosité fut bientôt de nouveau piquée lorsque l'impolie jeune femme reprit la parole, d'un ton toujours assez désagréable, mais qui avait au moins la décence de se vouloir se montrer plus raisonnable. Du dialogue, voilà quelque chose qui lui plaisait ?

Hésitant encore quelques centièmes de seconde à peine, l'image réapparue somme une cascade, toujours dans un parfait silence, préférant  revenir dans le dos de l'inconnue plutôt que de lui faire directement face. Après tout, elles ne se connaissaient pas. Etirant le cou comme si elle épiait la brune armée depuis l'angle d'un mur, la jeune sorcière observa un peu plus la nouvelle venue, toujours aussi intriguée et inquiète. Jusqu'à quel point pouvait-elle représenter une menace pour elle ? Est-ce qu'elle avait des raisons d'être là ? Si seulement elle aussi avait pu être legilimen.

— Vous connaissez Ludovic ? s'enquit-elle, prête à retourner se cacher derrière son mur invisible au moindre signe de menace. Après tout, elle non plus n'était pas censée être là, elle était prête à parier qu'il y avait quelque chose de mal à ne faire que lui parler. Qui êtes-vous ? demanda-t-elle encore, fronçant légèrement un sourcil et levant l'autre en considérant cette étrange personne. Vêtements de cuir ? Corset ? Bottes à talons s'élevant sur des kilomètres ? Quel genre de personne est-ce que ça pouvait être là ? Vous pouvez baisser votre baguette, lança soudain l'apparition, comme si elle avait bêtement oublié de proposer du thé à une invitée. Je ne vais pas vous attaquer et j'espère que vous ne le ferez pas. Je m'appelle Hesper, Hesper Rowle, annonça-t-elle, s'approchant légèrement en tendant une main translucide à la jeune femme. Et vous êtes ?

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MessageSujet: Re: The River of Life Lun 28 Aoû 2017 - 21:45




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Malgré l'attention que Linda portait aux alentours en espérant trouver signe de vie de cette mystérieuse personne, rien ne lui répondit, rien ne se produit. Esquissant une légère grimace, lâchant un soupir passer entre ses dents, elle se redressa quelque peu en passant un dernier regard circulaire sur la pièce. Disparue, ou du moins absente. Elle ne savait trop comment quelqu'un pouvait arriver à cela, même si Ludovic était capable de faire ses "sauts", elle doutait qu'un grand nombre de personnes ne connaissent ce sort qui brisait toutes les lois établies de Poudlard. Raison pour laquelle cette voix lui paraissait un signe particulièrement inquiétant...
Mais pourtant, la voix retentit à nouveau derrière elle en la faisant se retourner de la même manière qu'elle l'avait fait plus tôt. C'est alors qu'elle fit face à l'inconnue, la découvrant, surprise il fallait le dire de la voir si... Frêle. Elle était fine, brune, belle, un visage délicat et, bien qu'elle était bien placée pour savoir que l'habit ne faisait pas le moine, elle ne ressemblait en rien à un Mangemort ou une sorcière dangereuse. Devant bien se rendre à l'évidence que cette femme n'était pas armée, Linda rangea sa baguette avec lenteur, jaugeant la nouvelle venue qui se présentait.
Une Rowle ? Hesper Rowle ? Elle avait beau connaître les familles sang pur britanniques, ce prénom ne lui disait rien... Sans doutes une fille de l'une des branches moins connues des Rowle, il faudrait qu'elle pense à vérifier ça. Tentant de se détendre face à cet évènement inattendu, Linda ne put pourtant se résoudre à laisser aller sa confiance. Personne ne pouvait rentrer dans la chambre de Ludovic, personne ne pouvait pénétrer Poudlard sans qu'elle ne le sache, personne... Alors que faisait une Rowle ici ?

- Linda Oswin. répondit-elle simplement en remerciant une énième fois le hasard de lui avoir donné le nom plus méconnu de son père. Auror.

C'était un risque à prendre que de dévoiler son véritable métier, mais cela faisait aussi office d'avertissement. Elle avait du monde derrière elle, et serait intransigeante face à tout acte de magie noire. Il n'y avait qu'à espérer que cette Hesper était suffisamment réfléchie pour ne rien tenter d'incongru.

- Ludovic est un bon ami, et mon collègue. Et, sans vouloir vous vexer, j'aimerais savoir ce que vous faites dans sa chambre.

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MessageSujet: Re: The River of Life Mar 29 Aoû 2017 - 11:00



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Réprimant tout juste un élan de surprise mêlée d'un certain respect lorsque la jeune femme l'informa de son métier, Hesper ne put s'empêcher de glisser l'une de ses mèches derrière son oreille dans un geste contrôle pour calmer sa nervosité. Une Auror, c'était assez impressionnant. Elle connaissait le travail et le talent nécessaire pour accéder à ce post et, si son éducation lui avait appris à se méfier d'eux, elle leur nourrissait une certaine forme d'admiration pour tous ceux qui se lançaient sur cette voie. Tant et si bien à vrai dire qu'elle ne releva pas le moins du monde l'incohérence flagrante qu'il y avait à ce que son Ludovic soit, de près ou de loin, en relation avec une personne de ce genre là.

— Oh, lacha-t-elle par réflexe pour faire la conversation, l'une de mes amies voulait devenir Auror.

Elle ignorait si cette dernière y était parvenue, mais elle se souvenait très bien de cette fille ambitieuse et toujours prête à plaisanter qui avait partagé son dortoir à Poudlard. Elle aurait dut songer à lui rendre visite, voir ce qu'elle était devenue, cela faisait quelques années désormais qu'elles ne s'étaient pas croisées, mais, pour l'heure, elle se retrouvait avec bien d'autres sujets de préoccupation.

— Je ne vois pas très bien ce que vous voulez dire par «sa chambre», reprit la jeune anglaise qui ne s'était pas interrogée une seconde sur l'endroit où elle se trouvait avant ça. Ce n'est pas «sa chambre»…

Ou, du moins, elle n'y avait jamais mis les pieds. En effet, pour ce qu'elle en avait vu dans la serre, il n'y avait bien qu'en Ukraine qu'elle pouvait se trouver. De la végétation luxuriante, un petit air de magie imprègnant l'atmosphère et, bien sûr, la présence en coup de vent de Ludovic ; tout indiquait qu'elle se trouvait dans la réserve des pansedefer. Pourtant, la jeune Auror avait dit qu'elle se trouvait dans «sa» chambre, peut-être parlait-elle de leur chambre. Oui, cela devait être ça, elle s'en rappelait très bien désormais, elle se trouvait chez elle, dans leur appartement, Ludovic venait de sortir et cette femme... était entrée ? Qui était-elle d'abord ?

— Et vous alors ? reprit la sorcière, d'un ton soudain nettement plus agressif, je peux savoir ce que vous faites chez moi ?! Vous croyez que, parce qu'on vient d'arriver vous pouvez vous permettre de vous inviter chez nous sans prévenir ? Pour qui vous nous prenez ?! Qu'est-ce que vous voulez ? Nous voler ? Nous faire peur ? Je vous préviens, je ne compte pas me laisser faire, avertit l'anglaise en tirant sa baguette au cas où l'inconnue tenterait quelque chose, la gardant contre elle de manière discrète si jamais l'intruse s'avérait être une moldue. Vous avez intérêt à déguerpir rapidement avant que Ludovic ne revienne ou il va vous faire passer un très mauvais quart d'heure !

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MessageSujet: Re: The River of Life Mar 29 Aoû 2017 - 16:13




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La confusion de la jeune femme était quelque peu remarquable, et si Linda avait cru bon de ne pas la voir, pour le moment en tous cas, comme une menace, son manque de repères et son esprit embrumé ravivèrent la méfiance de l'Auror. De quoi voulait-elle parler ?
Bien évidemment qu'elles se trouvaient dans la chambre de Ludovic, et si une jeune femme non-armée n'était pas un danger, une personne effrayée et perdue, elle, l'était beaucoup plus. Sa main sur sa baguette, bien décidée à ne pas la lâcher de si tôt, Oswin fronça les sourcils tout en gardant son calme pour ne pas paniquer encore plus l'étrangère qui semblait ailleurs.

- Si, nous sommes dans sa chambre. Toute cela est sa chambre. Sa chambre à Poudlard qu'il a décidé d'agrandir pour pouvoir entreposer tout... Tout ce qu'il a besoin d'entreposer.

S'avançant lentement vers elle, une main en avant comme pour ne pas effrayer un animal sauvage, Linda sentait son coeur battre et son crâne bourdonner de questions alors que son instinct, lui, lui hurlait que tout cela allait mal finir. Est-ce que Ludovic retenait ici quelqu'un sous oubliette ? Avait-il introduit cette femme dans le manoir sans que personne ne le sâches ? Etait-elle sa protégée ? Sa captive ? Pouvait-elle lui faire confiance ?
La gorge serrée, elle était sur le point de doucement se saisir de la femme pour éviter toute mauvaise tournure que la brune reprit avec beaucoup plus d'ardeur cette fois et en dégainant sa baguette par la même occasion. Au moins aussi rapide que son adversaire, Oswin fit de même, tenant l'objet à une main alors que de l'autre elle continuait à tenter de calmer l'autre par des gestes plus paisibles.

- Je ne me suis pas introduite pour vous faire du mal ! tenta de raisonner l'Auror, grognant intérieurement face à son manque d'expérience dans le domaine "calmer les victimes et gens paniqués". Calmez-vous, je ne vous veux pas de mal, réfléchissez un peu, d'accord ? reprit-elle sur un ton plus doux et compréhensif. Je suis Auror, Linda Oswin, fille de Friedrich Oswin et de Barbara de Convert, je connais Ludovic Descremps c'est un bon ami. Nous sommes à Poudlard, dans sa chambre. Ludovic est professeur depuis Septembre ici, et j'ai été envoyée ici pour protéger le personnel et les élèves. Elle déglutit, restant silencieuse une seconde avant de fouiller fébrilement dans sa sacoche pour en sortir sa carte d'Auror britannique et la déplier face à la sorcière. Vous voyez ? Je ne vous veux pas de mal. Lentement, elle rangea sa carte, prenant une profonde inspiration avant de continuer. Je suis venue ici parce que Ludovic a disparu depuis quatre jours, il ne répond à personne, personne ne sait où il est pas même ses amis. Je voulais découvrir où il était parti en cherchant des indices dans sa chambre, je suis déjà venue plusieurs fois, il m'a invitée. Pause. Et pourtant je ne vous ai jamais vue. Depuis quand êtes-vous là ? Vous garde-t-il captive ? Votre famille sait-elle que vous êtes là ? Je peux vous en prie, laissez moi vous aider.

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MessageSujet: Re: The River of Life Mar 29 Aoû 2017 - 21:45



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Poudlard ; Ecosse – Appartements de Ludovic Descremps – Fin Janvier 1976

Ecoutant l'Auror sans croire un seul mot de ses paroles, Hesper lâcha un bref rire étouffé, le cachant derrière sa main, incapable de croire que e que la jeune femme racontait pouvait être réel. Comme si ils étaient à Poudlard. Bien sûr ! Pour qu'elle raison se trouveraient-ils ici ? En plein milieu de l'école réputée être le lieu le plus sécurisé de Grande-Bretagne. C'était absurde, mais elle n'eut pas le temps d'en faire la remarque que l'inconnue pointait une baguette dans sa direction, la faisant aussitôt lever la sienne par réflexe. Elle n'était peut-être pas très forte en duel, mais elle savait lancer un protego. Ce qu'il lui fallait, c'était gagner du temps, jusqu'à ce que Ludovic revienne. Lui, elle savait qu'il avait les capacités d'envoyer la sorcière à l'autre bout du monde. Si loin qu'elle ne parviendrait jamais à remettre la main sur eux. Sans oublier que, si jamais le français ne rentrait pas assez vite, elle pourrait toujours envoyer un message à l'attention de Morgan. Lui arriverait dans la seconde, ça c'était certain. Reculant tout de même légèrement, la jeune sorcière n'en menait pas large. Elle n'était pas du tout habituée à ce genre de situation. A croire que Ludovic n'avait pas mentis lorsqu'il lui avait dit être souvent un nid à ennuis.

La brune ne semblait pourtant pas des plus agressive envers elle, au contraire, elle paraissait vouloir la calmer. Si bien que l'anglaise fini par baisser légèrement sa baguette, soudain étonnée d'entendre l'autre se présenter comme une Auror. Sans compter qu'elle avait déjà entendu parler des De Converts. Une grande famille sang pur française. Ce n'était pas vraiment bon signe en vérité, une sang pure, cela pouvait vouloir dire que sa propre famille avait fini par la retrouver. Jetant des coups d'oeils inquiets aux alentours, Hesper chercha un moyen de s'enfuir rapidement pour aller prévenir son compagnon de ce qui se passait. Si ce qu'elle croyait était vrai, ils auraient plus qu'intérêt à changer d'endroit rapidement. De son côté, l'étrangère continuait à vouloir l'embrouiller, racontant que Ludovic était devenu professeur de sorts depuis Septembre, mais si la jeune sorcière n'y prêta pas la moindre attention, trouvant tout cela beaucoup trop aberrant pour être réel, ce qui suivit bientôt lui tira soudain une sincère expression d'effrois. Ludovic ? Disparu ?! Et la suite encore !

— Quoi ?! s'exclama l'apparition. Comment ça "captive" ? Qu'est-ce que vous insinuez ?! C'est mon père qui vous a dit de dire ça ? Ludovic est mon fiancé. Je l'aime, affirma-t-elle, toisant l'autre avec toute sa volonté. Et dans une semaine, un mois tout au plus, nous serons mariés. Si ça ne convient pas à mon père, dites-lui que ce ne sont plus ses affaires. Maintenant, reprit-elle, tâchant de se calmer, dites moi ce qui est arrivé à mon fiancé. Il ne peut pas disparaitre comme ça ! Il me l'aurait dit s'il avait dut s'absenter et je lui ai dit de ne pas quitter la ville tant qu'ils continueraient à me chercher, commença-t-elle, inquiète, sa baguette disparaissant dans sa robe tandis qu'elle continuait à aller venir, nerveusement. Ils ont dut le voir, le trouver, faire quelque chose pour l'empêcher de revenir... poursuivit-elle de plus en plus inquiète. Je n'aurais jamais dut le laisser sortir, s'arrêtant, dos à l'Auror, l'image se tut une seconde, respirant lentement pour se calmer. Il est parti ce matin, expliqua-t-elle, pour trouver du travail. Il m'a dit qu'il reviendrait avant la fin de la journée. Je sais qu'il va revenir... il est déjà revenu... souffla la jeune femme, plus bas, alors que l'image de son compagnon rentrant bredouille de ses recherches s'imposait à son esprit tandis qu'elle se pinçait les yeux du plat des deux mains pour tâcher de mettre un terme à toutes ses images qui défilaient sans cesse dans sa tête. Je sais qu'il est revenu, on s'est disputé ce jour là, mais ce n'était pas comme d'habitude... se récita-t-elle. Il n'aime pas cet endroit, mais il ne veut pas me le dire. C'est parce que je l'empêche d'en partir.

Baissant les mains, Hesper mordilla soucieusement une des phalanges de son index. Elle perdait les pédales, elle le savait, sa mémoire lui faisait l'effet de n'être qu'un enchevêtrement de pièces de puzzle qui ne s'emboitaient jamais tout à fait. Et si Ludovic avait disparu, si elle l'abandonnait...

— Dites-moi où il est, supplia la jeune femme, faisant de son mieux pour conserver son calme. Dites-le moi, je vous en prie.

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MessageSujet: Re: The River of Life Mer 30 Aoû 2017 - 20:51




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Evidemment qu'Oswin avait du mal à croire que cette femme était réellement une sorte de prisonnière de l'autre français, cela serait vraiment étrange et, même si Linda avait conscience ne pas tout savoir à son propos, elle le voyait incapable de faire pareille chose. Et puis, quand bien même il retenait quelqu'un captif dans sa chambre -qui après réflexion aurait fait une parfaite prison- il se serait montré bien plus prudent que cela que de laisser trainer une prisonnière ainsi alors qu'il savait parfaitement qu'une certaine Auror pouvait pénétrer sa chambre sans le moindre mal.
C'est pourquoi elle ne s'était pas attendu à entendre de réelles plaintes mais c'était plutôt des explications ou indices qu'elle recherchait actuellement. Alors imaginez sa surprise lorsque la jeune femme se mit soudainement à parler de mariage et de fiançailles avec encore plus d'agressivité qu'elle n'en n'avait eu jusqu'à présent ! Reculant soudain, comme brutalement remise à sa place par la détermination de la brunette, Linda papillonna des yeux, totalement perdue, sourcils froncés et yeux grands ouverts par la stupéfaction. Pardon ? Elle cru même essayer de balbutier quelques mots tant son esprit semblait avoir jeté l'éponge face à l'absurdité de la situation. La fiancée de Ludovic ?
Muette, la baguette toujours bien en main, Linda ne réalisa même pas avoir écouté la suite des paroles de l'inconnue jusqu'à ce que cette dernière ne le supplie sur un ton qui sembla ranimer l'Auror. Plus qu'à espérer qu'il était sincère...
Alors, la française prit une profonde inspiration, faisant une seconde tourner sa baguette dans sa main, hésitante, avant de se décider et de s'approcher lentement.

- Je ne sais pas où il se trouve, mais j'aimerais bien le savoir.

Elle marqua un temps, cherchant à se convaincre de ne pas vouloir convaincre cette pauvre femme de la réalité de la situation... Si jamais, elle appellerait un professionnel une fois sortie qui, lui, viendrait parler et calmer cette fille. Quel âge avait-elle d'ailleurs ? Vingt ans ? Une enfant...

- Je suis venue ici pour trouver des indices. Alors si vous connaissez cet... endroit, ses recoins et ses secrets, est-ce que vous pouvez m'aider à trouver quoi que ce soit qui puisse m'être utile ? Je ne sais pas... Des rapports, des papiers, des mémoires, un journal intime... Vous avez une idée ?
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MessageSujet: Re: The River of Life Jeu 31 Aoû 2017 - 15:41



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Secouant légèrement la tête, Hesper se sentait de plus en plus perdue et dévastée. Comment aurait-elle pu jamais imaginer qu'elle serait un jour face à une pareille situation. Son fiancé dans la nature, livré à elle ne savait qui et avec, pour seule source d'information, une jeune femme qui n'en savait pas plus long qu'elle. On avait connu plus encourageant. Elle se sentait l'envie de hurler sur cette fille qui se disait Auror, la secouer jusqu'à ce qu'elle aille faire son travail et ne revienne pas avant de lui avoir retrouvé son compagnon, mais il fallait faire bonne figure, se montrer digne malgré l'adversité. Ce n'était pas en paniquant qu'elle allait aider le français. Mais comment faire alors qu'elle ne connaissait même pas cet endroit ?

— Venez avec moi, souffla-t-elle seulement avant de se détourner de tout ça pour s'avancer en direction de la serre.

Elle avait besoin de temps, de distance, de refaire ces petits rituels inculqués par des années de bonne éducation pour retrouver son calme. Pour commencer, proposer du thé à cette invitée, quand bien même elle aurait préféré ne pas avoir à la rencontrer. Une fois bien installées peut-être que la britannique serait assez rassurée par le côté familièrement formel de la situation pour mieux y faire face. Il lui suffirait alors de rechercher ces informations que l'Auror lui demandait. Oui, c'était une bonne idée, du moins, la seule qu'elle avait.

Franchissant la porte de la serre en passant littéralement au travers comme si elle n'avait jamais existé, l'apparition se détendit un peu à la seconde où elle retrouva le calme confort de la végétation. Le bruit de l'eau, l'air chargé d'odeurs... elle se sentait bien à cet endroit. Oubliant tout à fait l'existence de la jeune femme derrière elle et des barrières de verre qui entouraient l'endroit, l'anglaise déambula sur le sentier, retournant au centre du lieu, là où se trouvait le petit bassin d'eau claire creusé expressément pour ne pas avoir l'air trop artificiel malgré sa petite taille. L'eau était si claire qu'elle en était presque plus translucide qu'une larme donnant à l'ensemble l'effet d'une large flaque cerclée de pavés de pierre. A la tête du bassin se trouvait une sorte de petite fontaine qui déversait un flux d'eau constant, renouvelant celle du bassin et, en y regardant de plus près, on pouvait voir des runes gravées sur les contours de la fontaine qui ressemblait plutôt à une sorte de bénitier percé. Des gravures discrètes, polies par l'écoulement du ruisseau, certaines rehaussées d'un sablage cuivré, plus ou moins vert selon la proximité avec l'humidité. Les runes se poursuivaient sur les pierres le long du bassin sous une forme un peu plus grossière, comme taillées par un amateur. Elles formaient, tout comme la roche, un encadrement parfait du bassin, comme une ceinture de lettres autour des eaux, toujours si discrètes qu'on aurait pu les confondre avec l'usure des pierres.

Se laissant tomber à genoux, Hesper posa la main sur l'une des runes près du bassin, caressant la roche vers la gauche en déclenchant une petite onde trouble de magie qui fit permuter deux gravures l'une avec l'autre, les remettant dans le bon ordre. Aussitôt celles-ci remises à leur place, toutes les gravures s'illuminèrent une seconde d'un éclat blanc qui débarrassa le cuivre de ses traces vertes et fit soudain s'élever un grondement et plusieurs craquements alors qu'une bonne vingtaine d'étagères métalliques couvertes de fioles remplies d'un vaporeux liquide d'argent étaient apparues sans crier garde entre les arbres.

Il fallait être observateur, ou voir les étagères en place, pour comprendre que la serre entière avait été aménagée autour du bassin et de son secret. Là où, dénudé de tout meuble, ce petit jardin d'intérieur pouvait simplement faire l'effet d'une arrière-cour à moitié délaissée organisée par un néophyte - digne, en somme, d'un célibataire endurcit qui fait tout pour ne pas avoir à arroser ses plantes vertes -, la serre prenait désormais une toute autre allure. Certains buissons s'étaient déplacés découvrant de nouvelles petites allées entre les plantes pour permettre un accès facile à tous les rayonnages, apportant une structure plus élaborée à la serre, digne d'un jardin anglais. Les plantes s'agençaient à la perfection entre les étagères, certaines y trouvant une ombre accueillante d'autres captant les lueurs enfermées dans les fioles, voir même trouvant un support sur les étagères en fer. Ces dernières étaient disposées régulièrement, alignés comme le cadran d'une montre autour du sentier unique, d'un genre tout à fait unique que seuls les experts en pensines pouvaient connaitre. Chaque étagère était dotée de biens étranges mécanismes sur les côtés et de plusieurs plaques sur lesquelles étaient notées des dates remontant toutes aux six derniers mois assortis de noms et de notes tracées à la va-vite par la main de Ludovic. Assez sommaires tout de mêmes, elles ressemblaient davantage à de monstrueuses cages de fers qu'à des objets de collection.

Et pourtant, de tout ce que l'on pouvait trouver dans cette chambre, ce qui composait cette pensine presque hors norme était bien l'une des rares marques de richesse que l'on pouvait s'attendre à trouver chez un fils de ministre. D'aucuns se seraient damnés pour ne posséder ne serait-ce que la moitié des étagères dont il disposait et malgré tout, le réaménagement n'était pas terminé. Au centre du bassin, le grondement avait été provoqué par plusieurs pierres s'étant affaissées pour dégager un escalier, toute l'eau ayant au préalable été vidée dans des petites rigoles tout autour des étagères et si le sommet de l'iceberg était déjà des plus impressionnant, ce qui se trouvait en dessous aurait tenu de la salle des prophéties cachée au Département des Mystères. Malgré tout, l'apparition n'en avait cure. Se relevant sans se soucier un instant de ce qui était apparu, Hesper se dirigea vers l'une des étagères, un peu à l'écart, au sommet de laquelle la plaque indiquait en toutes lettres "Linda Oswin". S'y arrêtant pour fixer les fioles avec un air absent, la jeune femme s'efforça de donner un sens à sa question : Qui était-elle ?

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MessageSujet: Re: The River of Life Jeu 31 Aoû 2017 - 22:12




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Linda ne rajouta rien, attendant la réaction de la jeune fille avant d'entreprendre quoi que ce soit d'autre. Qui sait comment elle pouvait réagir ? Elle voulait l'aider, elle le voulait sincèrement, et elle ne supportais pas de la voir agir ainsi, si confuse, si paniquée, quand bien même une bonne partie d'elle même aurait juste aimé se trouver autre part où taper sur le problème était une manière au moins envisageable de trouver une solution. Malheureusement, ce n'était pas le cas, et alors qu'une bonne douzaine de questions tournaient en boucle dans son esprit qui tentait de trouver une logique à tout cela, la petite brune lui souffla seulement quelques mots avant d'aller dans une toute autre direction, un changement de comportement quelque peu brusque qui fit à nouveau froncer les sourcils à l'Auror qui remarqua alors un détail qu'elle aurait du voir bien plus tôt. Elle ne marchait pas.
Evidemment, sa robe longue empêchait en grande partie de voir ses mouvements, mais pour bien connaître ce genre de mécanique, elle savait reconnaître quand quelqu'un boitait, était entravé, ou ne marchait pas du tout quand bien même on essayait de le lui cacher. Alors quoi ? Elle flottait ? Pour quelle raison ? Il y avait bien des sorts qui permettaient de léviter et elle ne doutait que quelques illuminés eurent tôt fait de trouver quelques sorts pour se déplacer de la sorte pour un moindre effort. Mais là ? Dans la chambre de Ludovic ? Par cette "Hesper" qui lui donnait une désagréable impression ?
Tout ça ne collait, et ce ne fut que lorsqu'elle la vit passer à travers la porte qu'elle comprit réellement.
Ayant un mouvement de recul, surprise qu'elle se fonde ainsi dans le bois sans aucune résistance, Linda se permit de tâter un instant la porte pour s'assurer de sa théorie avant de bien devoir admettre qu'elle était devenue franchement lente à la détente : c'était un fantôme.
Linda ferma les yeux une seconde, grinçant des dents en s'insultant mentalement, elle se serait bien frappé la tête si elle ne craignait pas que l'étrangère ne trouve son comportement suspect. Un fantôme... Elle ne savait par quelle magie elle paraissait si réaliste, la voix, la carrure, mais cela expliquait tout à fait ses transplanages, cette impression de flotter, et ses... Confusions. Qui sait comment elle était morte ? A quand remontaient ses derniers souvenirs ? Etait-elle... Morte dans cette chambre même ?

Cette dernière idée fit frissonner la française dont le regard s'éteignit quelque peu. Trop de hasards et d'incohérences entourait le Descremps. Il lui avait caché des mois durant sa legilimencie, ça et quoi d'autre encore ? Il lui mentait, elle le savait, mais depuis longtemps maintenant elle avait décidé d'omettre ses devoirs d'Auror pour tenter de le connaître... Et sans doutes s'était-elle trop laissé abuser. Serrant le poing sur la porte une seconde, la brune fini par s'humecter nerveusement les lèvres avant de pénétrer la serre quelques instants seulement avant que la Rowle n'active quelque chose à quoi elle ne s'attendait pas.
Elle avait déjà vu la serre qu'entretenait Ludovic, entrevu de loin, peut-être y était-elle rentré elle ne s'en souvenait plus. En tous cas, elle se souvenait avoir trouvé ce coin de verdure fort original et appréciable, s'imaginant déjà dans le calme de la forêt artificielle que ce genre d'endroits créaient. Un petit havre de paix, une idée qu'elle aimait tout particulièrement et qui lui rappelait sa propre maison d'enfance perdue dans la forêt. Il n'y avait rien de mieux que le calme sauvage de la nature, malheureusement, entre vouloir et pouvoir y passer plus de temps il y avait tout un gouffre.
C'est pourquoi lorsqu'elle pénétra la serre, elle prit plaisir à inspirer profondément l'air frais de l'endroit, et elle s'avança lentement dans ce paysage tout particulier en profitant de ce qu'elle voyait là. Elle venait à peine de commencer d'explorer les alentours qu'un grondement la prit par surprise, et tandis que tout semblait trembler autour d'elle, elle jeta un regard tout autour, baguette bien en main, prête à réagir quoi qu'il se passait encore. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre que c'était la britannique qui était à l'origine de tout ça mais, loin de s'en réjouir, elle ne fit que grincer un peu plus entre ses dents. Est-ce qu'un jour elle pourrait rencontrer des sorciers normaux qui pensent à la prévenir de leurs plans foireux, surprises douteuses, ou tout autre chose qui sort du normal plutôt que de soudainement la confronter aux faits et qu'elle soit obligée d'accepter ça ? Non ?
A croire que le moindre sorcier de ce monde soit encore pis tête de mule et dramatique qu'elle même...

Une fois faite aux grondements, elle s'avança lentement vers le bassin qu'Hesper avait touché plus tôt, s'apprêtant à lui demander justement ce qu'il se passait avant que l'apparition de toute la machine ne lui apparaisse. Réprimant un souffle de surprise, les yeux écarquillés, Linda observa avec émerveillement toute la forêt se transformer en une sorte de bibliothèque fantastique qui réveillait en elle sa curiosité. Tout toucher, tout découvrir. Qu'était-ce ? Elle l'ignorait encore, mais elle savait une chose.
C'était magnifique.
Jetant des coups d'oeil partout autour d'elle, étonnée que Ludovic ne cache une telle chose dans un tel endroit avant de se rappeler de quel phénomène elle était en train de parler, elle eut beau vouloir tout arpenter pour voir chacune de ces petites fioles qu'elle reconnu rapidement, elle se rappela bien rapidement la raison de sa présence ici. Elle devait trouver des informations, savoir où était Descremps, et si possible, qui il était. Le visage de la brune s'assombrit à nouveau tandis qu'elle prenait une profonde inspiration, commençant à s'approcher d'une étagère aléatoire pour en frôler les bords de métal des doigts. Tant de souvenirs... Elle n'en n'avait jamais vu une telle quantité dans un même endroit. Chacun d'entre eux...

- Sont-ils réellement tous de Ludovic ? demanda-t-elle sans vraiment s'en rendre compte, les yeux passant toujours ces flacons en revue. C'est impressionnant.

Elle resta un instant perdue dans ses pensées avant de se retourner pour voir l'autre face à une certaine étagère qu'elle regardait avec insistance. Se demandant ce qui pouvait bien s'y trouver, Oswin se retourna pour s'approcher doucement, finissant par voir sur l'étagère quelque inscription qui lui fit rater un battement de coeur. Elle ? Son propre nom ?

- Qu'y a-t-il là dedans ? demanda-t-elle immédiatement, plus agressive, en s'approchant des fioles, en saisissant quelques unes pour tenter de voir le souvenir à l'intérieur. Pourquoi y a-t-il mon nom à cet endroit ?

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MessageSujet: Re: The River of Life Ven 1 Sep 2017 - 1:58



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Tournée vers l'étagère, le regard un peu trouble, l'apparition sortit de ses pensées en entendant la voix de son invité l'interpeler. Peut-être ne lui parlait-elle pas vraiment, mais la jeune fille était trop dissipée pour s'en rendre compte. Ludovic ? Et ses souvenirs n'est-ce pas ? La britannique eut un léger sourire, croisant un bras sur son buste en tordant une mèche de ses cheveux entre ses doigts. Dire qu'elle n'avait rien vu au départ et, qu'en quelques mois à peine, son compagnon était parvenu à encombrer la moitié du salon de ses fioles lumineuse, l'exaspérant au plus haut point elle qui adorait l'ordre. Elle lui avait promis pourtant, de ne jamais en parler à personne, ni à Morgan ni à qui que ce soit d'autre, pas de ce qui poussait Ludovic à faire tout cela en tous cas, pourtant, face à cette inconnue, la vérité sortit toute seule, comme si elle savait qu'elle pouvait lui faire confiance ou, plus simplement, comme si elle ne pouvait rien lui cacher.

— Oui et non, répondit-elle, ne tournant même pas la tête, son corps tout entier comme trop captivé par cette étagère. C'est un peu compliqué, Ludovic a essayé de m'expliquer, mais il a l'art et la manière de rendre les choses plus obscures qu'elles ne le sont parfois, souriant encore, la jeune femme esquissa un coup d'oeil en direction de son invité, constatant que cette dernière approchait en contemplant avec une certaine admiration les étagères. Tout est sortit de sa tête oui, expliqua l'anglaise en indiquant les fioles en face d'elle d'un petit geste de l'index, mais tout n'est pas... réellement à lui.

Laissant son explication en suspend, Hesper s'attendait à pouvoir de nouveau contempler l'objet de sa curiosité en silence, lorsque sa voisine reprit la parole d'un ton qui aurait sans doute pu inquiéter la jeune femme si elle n'avait pas été si distraite.

— Des souvenirs, reprit-elle. Tout ici n'est que souvenirs, même moi... fit-elle, son regard se perdant dans le vague avant qu'elle ne se reprenne comme si de rien n'était, une lueur plus qu'enthousiaste dans le regard. Chacun de nous à une étagère dans la "grande tête de Ludovic", railla-t-elle, accusant le ton sur le "grande tête" comme si elle parlait du croque-mitaine. Il l'appelle sa "grande bibliothèque". C'est un système pour se vider la tête vous voyez, commença-t-elle en pivotant sur elle-même afin d'indiquer une étagère croulant sous les fioles avec plus d'étiquettes accrochées en vrac que de plaques gravées. Tout commence ici. Chaque jour, Ludovic sort de sa tête le fil de souvenir de sa journée. Des fois cela lui prend... trois ou quatre fioles, souvent une. Ensuite il les découpe. Heure par heure, et mets chaque petit morceau de souvenir dans une nouvelle fiole. Bien sûr, ça ne se découpe pas comme ça. Il faut qu'il ressorte plusieurs souvenirs de sa tête, la première fiole sert seulement à ce qu'il soit sûr de n'avoir rien oublié. Quand il a fini ça il peut avoir des dizaines de fioles, des fois, quand il ne dort pas cela peut même faire plusieurs journées d'affilée, dit-elle, cette information jetant une petite ombre soucieuse sur son visage qui ne s'attarda pas longtemps. Ensuite il les stocks, jour par jour jusqu'à avoir une semaine, deux, un mois... cela dépend s'il est très occupé ou pas. Quand il a un peu de temps, continua la jeune femme en s'approchant d'une nouvelle étagère, y posant les doigts avec une profonde délicatesse, il revoit tout ça, les nettoie. Il isole les souvenirs selon ce qu'il souhaite en retenir. Cela peut être un événement en particulier, comme le trajet qu'il a fait jusqu'au bureau du directeur le jour de sa répartition, une seconde particulière lorsqu'il cherche à se souvenir d'un visage aperçu dans une foule ou tout simplement une personne en particulier quand il souhaite tout classer, conversation par conversation. Pour chaque fiole d'une heure il peut avoir... fit la jeune femme en lâchant un petit soupir sans réponse, montrant bien qu'elle n'avait pas la moindre idée du maximum que le français avait pu faire. Cent ?  Deux cents fioles parfois ? Des fois il ne trouve rien, mais il fait le tri tout de même, ça le détend. Il dit que c'est comme collectionner les timbres, mais je préfère quand il dit que c'est pour garder des photos du temps.

La brune fit une petite pose, jetant un coup d'oeil à toutes ces armoires avec une douce nostalgie. Le regarder faire était tellement passionnant, c'était peut-être le seul moment où elle pouvait l'apercevoir, quand il avait l'esprit entièrement plongé dans sa pensine.

— Quand il a terminé, reprit-elle, il classe. Il range. C'est impressionnant de voir comment Ludovic peut si bien ranger quelque chose alors qu'il laisse toujours trainer ses vêtements. Il fait des copies quand certains souvenirs rentrent dans plusieurs catégories, il étiquette et il range tout dans des armoires. Chaque armoire concerne une personne ou une année. Dans les années, il y a toutes les fioles "préparatoires" et tout un récapitulatif de ses journées mois après mois, moment après moment. Dans les armoires de personnes, comme dans la mienne par exemple, il y a tous les souvenirs liés à la personne. Cela peut être les siens, tous les moments où Ludovic a vu ou parlé à cette personne, toutes les fois où il en a entendu parler, mais aussi les souvenirs qu'il a trouvé par le biais d'autres personnes. Soit des gens qui ont vu la personne concernée soit de la personne elle-même. Avec ça, souvent, il arrive à reconstituer la vie complète de tous ceux qu'il connait et rencontre. C'est un peu... effrayant, confia la britannique, mais il ne le fait pas à mal. Pas tout le temps. Cela lui permet de retrouver des personnes perdues, d'identifier des sorciers dangereux... quand il était jeune, il s'en est aussi servi pour réviser ses examens. C'est un outil, pour tout et rien. Il n'a jamais voulu montrer ces souvenirs à qui que ce soit. Je crois... songea une seconde la brune en fronçant légèrement les sourcils. Non, je crois que personne ne les a jamais vu. En tous cas il n'a jamais voulu que j'y touche et il passe son temps à essayer de les cacher... au fond, c'est sa vie privée, mais si vous vous inquiétez pour la votre, je sais qu'il efface les choses dont il n'est pas censé se rappeler.

Se taisant de nouveau, Hesper croisa de nouveau les bras, une de ses mains levées pour triturer distraitement le petit bijou qu'elle portait au cou, observant l'Auror comme si elle voulait voir ce qui se cachait à l'intérieur.

— Cela fait longtemps que vous connaissez Ludovic ?

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MessageSujet: Re: The River of Life Jeu 21 Sep 2017 - 8:25




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Oswin eut la même réaction que son aînée alors qu'elle lâchait une petite remarque sur le compte de Ludovic, esquissant un léger sourire qu'elle aurait par ailleurs trouvé tout à fait inadapté si elle s'en était rendu compte. Ludovic avoir l'art et la manière de tout rendre compliqué ? Nooon, pas du tout voyons. Au moins, elle était certaine que cette inconnue qui s'était présentée comme une Rowle parlait bien du même Ludovic qu'elle. La brune baissa doucement les yeux, une ombre un peu plus triste passant fugacement sur son visage tandis que son coeur se serrait une nouvelle fois face à tout ce mystère qui entourait sa disparition. Pourquoi ? Comment ? Où ? Elle aurait aimé savoir ou simplement apporter des réponses à d'autres qui, comme Lakenstridge, vivaient bien plus mal cette absence.
Mais l'autre jeune femme continua à parler, finissant par attirer l'attention de l'Auror qui du bien se résoudre à l'écouter. Ce ne pouvait être que intéressant et bénéfique, alors mieux valait rester attentif. Rapidement, son regard se mit à dériver sur cette forêt d'étagères qui était sortie du sol alors que son oreille restait à l'écoute ce qu'on lui racontait... Des souvenirs. Ce n'était rien d'autre que des souvenirs, encore et encore de lui et d'autres. Comment savoir d'où ils venaient ? De quand ? Evidemment, les souvenirs étaient toujours la meilleure preuve possible dans les procès tant qu'ils n'étaient pas falsifiés, et le meilleur indice pour remonter une trace lorsque l'on traquait quelqu'un, mais il y en avait tant... Et pour le coup, elle était très mal placée pour dire si un de ces souvenirs était piégé, trafiqué ou non. Et si Ludovic ne voulait pas qu'on le retrouve ? Si ce silence n'était pas qu'un... Accident ? N'aurait-il pas enlevé tous les souvenirs qui risquaient de le faire retrouver ? Trafiqué au besoin les plus récents pour envoyer ceux qui s'inquiétaient pour lui sur une mauvaise piste ?
Grinçant des dents, Linda pesta contre sa propre incompétence en sentant peu à peu sa confiance s'effriter. Elle avait beau vouloir essayer de tout gérer seule, elle n'avait décidément pas toutes les compétences nécessaires pour démêler une affaire, chose qu'aurait une équipe bien réfléchie... Mais elle ne pouvait pas non plus demander de l'aide aux Aurors pour une affaire qui n'avait, en soit, aucun rapport avec les Mangemorts.

Linda lâcha un discret souffle tremblant, fermant les yeux une seconde pour chasser toutes ces idées noires de son crâne avant de relever la tête vers les étagères, écoutant le processus de rangement de Ludovic mi-présente mi-absente en ne pouvant s'empêcher d'avoir cette pointe d'admiration pour le français derrière toute la tension et la crainte qui l'occupaient déjà. Il restait quelqu'un... D'impressionnant, et chaque jour qu'elle venait le voir ici même elle remerciait Dieu de l'avoir rencontré. Mais tous ces mystères, tous ces secrets, ses escapades et ses absences dont personne ne savait jamais rien... Cela lui faisait peur.
Sa legilimencie lui permettait de voir dans la tête des gens. Combien de souvenirs volés se tenaient là, face à elle et sous ses pieds ? Des centaines. Combien pourraient briser des vies ? Détruire des gens ? Des dizaines ? Et combien étaient siens ?

Alors que Hesper terminait son explication, Linda croisa les bras autour de son buste comme pour se réchauffer, baissant son regard vide vers un point du vide qu'elle ne voyait même pas. Elle s'était bien trop engagée dans cette histoire, il fallait qu'elle arrête... Quand bien même elle ne le voulait pas, Ludovic se révélait bien trop secret pour qu'elle puisse lui faire confiance et qu'importe à quel point elle aimait flirter avec le danger : un jour, il fallait grandir.
Perdue dans ses pensées, Linda ne remarqua pas tout de suite que sa guide lui avait adressé la parole, et ce ne fut que quelques secondes plus tard que, tardivement, elle reprit consistance pour lui répondre :

- Quelques mois seulement. Nous nous sommes rencontrés à la rentrée, disons qu'étant moi même française il s'est dit qu'il allait un peu m'aider à me retrouver ici.

Elle marqua un temps, son regard vide perdu vers ses pensées avant qu'elle ne se redresse un peu et demande plus fermement :

- Est-ce que vous savez si je peux trouver quoi que ce soit ici ? D'intéressant, qui puisse m'aider à le retrouver ? Il est parti sans rien dire à personne, mais il y a des gens ici qui s'inquiètent pour lui et qui ont besoin d'avoir des réponses.


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MessageSujet: Re: The River of Life Sam 23 Sep 2017 - 19:58



The River of Life
The River of Life
Poudlard ; Ecosse – Appartements de Ludovic Descremps – Fin Janvier 1976


Pinçant légèrement les lèvres, Hesper adressa un regard quelque peu agacé à l'Auror, la devinant légèrement distraite. C'était bien la peine de donner de longues explications si ceux qui vous posaient des questions ne vous écoutaient pas. La jeune femme lâcha pourtant un léger soupir, baissant la tête et fermant un instant les yeux. Bah, de toute façon, rien ne servait de s'emporter pour si peu. Retournant plutôt son attention sur les fioles, la jeune britannique n'eut pas à attendre longtemps avant que son invitée ne finisse par reprendre le fil de leur conversation, lui répondant bientôt quelque chose qui ne faisait pas grand sens pour l'apparition. Rentrée, l'aider ? Elle n'avait pourtant jamais entendu parler d'une française ayant côtoyé son fiancé, mais cette brève explication lui suffit pourtant. Si elle avait voulu en apprendre davantage, c'était auprès du principal intéressé qu'elle aurait dut se renseigner.

Au lieu de cela, la britannique fut soudain interloquée par le discours que reprit son invitée, cette dernière lui posant des questions pour le moins déroutantes. Trouver quelque chose dans une bibliothèque ? C'était pratiquement un pléonasme. Tout dépendait de ce que la jeune femme cherchait et, sans nul doute, c'était bien ça qui était le plus étrange dans sa requête. Quelque chose pour le retrouver ? Le retrouver à quel endroit ? Quand ? Il aurait déjà fallut qu'elle sache où il avait pu partir. La sorcière avait beau tourner et retourner cette demande dans sa tête elle n'arrivait pas du tout à trouver ce qui aurait pu répondre à la demande de l'Auror. Est-ce qu'elle savait seulement ce que Ludovic avait fait ces derniers temps ? La dernière fois qu'elle l'avait vu, c'était quand il s'était enfermé des heures durant dans une de ces salles où il élaborait des pièges anti-vampires. Pourtant, à force de secouer ses cellules grises, une petite idée avait commencé à germer dans sa tête. Distraitement, l'anglaise fronça les sourcils, faisant un petit signe à l'Auror pour qu'elle la suive avant de se diriger en ligne droite vers le bassin ouvert, s'engageant dans l'escalier en disparaissant sous la serre sans même avoir besoin d'utiliser les marches.

Elle attendit là, un instant, ne reprenant consistance que lorsque la brune la rejoignit dans cette nouvelle salle. Ici, elle se sentait beaucoup plus forte, beaucoup plus concrète. Dans le petit espace obscure, des dizaines d'étagères de fine manufacture se pressaient les unes contre les autres, remplissant chaque centimètre carré de l'espace en nourrissant l'apparition de leurs lueurs paisibles. Seuls  l'accès vers les escaliers et l'espace central étaient dégagés, ce dernier occupé par une pensine comme il en existait tant,  large et en pierre, semblable à un bénitier assez sommaire au creux métallique, luisant comme de l'étain. A peine les deux jeunes femmes étaient-elles entrée - du moins à peine un corps physique était entré - que l'eau du bassin s'était mise à ruisseler pour s'amonceler dans la pensine, la remplissant d'une eau claire et prête à l'emploi.

— Ici, lança Hesper d'une voix plus irréelle dont elle n'eut pas conscience, le regard plongé dans le vide, il y a tous les souvenirs que Ludovic a nettoyé. Tous ceux qui ont une réelle importance.

Mécaniquement, Hesper s'approcha d'une des étagères dont le petit verrou magique claqua comme arraché par une force invisible, tendant la main dans cette direction, la sorcière fit s'élever l'une des petites fioles vers la pensine, le souvenir s'y déversant sans même qu'elle ait besoin de le toucher. Lorsque le mince filet d'argent se fut complétement écoulé dans l'eau, la petite fiole se referma, se laissant enfin saisir par l'apparition qui en consulta l'étiquette collée à sa surface, sans réellement avoir besoin de la lire pour savoir ce qui y était écrit.

Parti, sans rien dire à personne.

***

C'était le début de l'automne, un peu avant que les arbres ne se parent de leur bruns et d'or. Il faisait encore chaud, délicieusement agréable, un de ces été indiens comme on les nommait, et la lumière était excellente pour écrire.

Assise à sa petite table, juste à côté de la fenêtre, c'était à cette tâche que la sorcière s'employait, ses longs cheveux rabattus d'un même côté de son visage pour ne pas tomber sur la lettre qu'elle couvrait d'encre fraiche et que l'on pouvait presque entendre résonner aux environs tant la jeune femme se concentrait pour l'écrire.

"Chère Freya,

J'espère que ton nouveau poste te convient et que tu n'as pas trop agressé tes nouveaux collègues. Il y a si longtemps que tu es partie maintenant et j'ai l'impression que tu as fait bien plus de choses en quelques mois que je n'en ait  fait en toute ma vie. Néanmoins, je me plais bien dans ce refuge et je redoute de plus en plus le moment où je devrais en partir."

Levant sa plume pour la retremper dans l'encre, Hesper poursuivit, ne perdant pas de temps avant d'entrer dans le vif du sujet.

"Si je t'écris aujourd'hui après tout ce temps sans nouvelles, c'est avant tout parce que je m'ennuie un peu toute seule. Je sais que tu déteste parler de ce genre de choses, mais rester ainsi avec les garçons pour seule compagnie est assez épuisant à la longue et nos conversations "chocolat" me manquent énormément. Figure-toi que, quelques jours après ton départ, ils s'imaginaient déjà me refiler toutes les corvées ménagères et se contenter de mettre les pieds sous la table ! Mais, rassure-toi, inutile de venir leur faire la leçon, j'ai bien retenu tes conseils et ils ont vite abandonné l'idée. Malgré tout..."

Coupant soudain le cheminement de la lettre, une détonation étouffée retentit à l'extérieur du refuge, faisant à peine tourner la tête d'Hesper en direction de la fenêtre, discernant tout juste deux nouveaux venus avant qu'elle se concentre à nouveau sur sa lettre.

"Malgré tout..."

Malgré tout, justement, son attention semblait s'être évaporée, inlassablement attirée en direction de la fenêtre, comme si son sixième sens voulait lui souffler quelque chose. Elle avait bien vu deux silhouettes apparaitre, assez familières même, mais quelque chose, un détail, lui disait que cela n'allait pas. Tournant une nouvelle fois la tête vers l'extérieur, Hesper vit soudain l'une des silhouettes s'écrouler par terre, tordue dans une position étrange qui n'augurait rien de bon. Bondissant sur ses pieds pour se rapprocher du carreau, la jeune anglaise s'y appuya aussi près que possible pour tenter de discerner un peu mieux ce qui se passait. Ces silhouettes, ces visages familiers et cette façon que le plus jeune avait de se tordre sur le sol...

— Ludovic, souffla-t-elle.

A peine le nom s'était-il échappé de ses lèvres, à peine son coeur lui avait-il semblé s'arrêter de battre, qu'elle s'était élancée à travers sa chambre, s'engouffrant bien vite dans les escaliers puis dans le foyer du refuge, suppliant Merlin de toutes ses forces pour que elle n'ait fait que rêver.

Au rez-de-chaussée de la petite bicoque, l'agitation n'avait pas tardé à grandir. Les autres gardiens, rentrés depuis moins d'une petite heure, s'étaient dressés hors de leurs fauteuils, tendant l'oreille, interdits alors qu'un cri perçant s'éteignait entre les murs. Les deux hommes tournèrent la tête en direction de la sorcière qui passait en furie, l'interrogeant du regard alors qu'elle ne leur prêtait pas la moindre attention. Porte, extérieur.

— Ludovic !
s'époumona la britannique en fonçant droit vers le corps étendu par terre.

Elle passa en bourrasque à côté du sang pur qui se trouvait penché sur le français, s'empressant de constater l'étendue des dégâts, se retrouvant les mains couvertes de sang, affolée, avant de se redresser en rugissant pour pousser brutalement celui qu'elle considérait déjà comme responsable de tout ça.

— Qu'est-ce que t'as fait bon sang ! Qu'est-ce que t'as fait Morgan ?! renchérit la brunette, continuant à repousser le soigneur de toutes ses forces, la rage au visage, frappant sur son buste sans discontinuer. Dégage ! s'époumona-t-elle avant même d'avoir laissé à l'écossais la moindre occasion de répondre. Dégage de là ! Et vous ! rugit-elle en s'écartant un peu de son souffre-douleur pour aboyer sur les deux autres gardiens qui venaient d'apparaitre dans l'encadrement de l'entrée. Ramenez-le à l'intérieur au lieu de rester plantés là comme des abrutis ! Posez-le à l'infirmerie, sur la table et dégagez ! ordonna-t-elle encore à plein poumons, faisant aussitôt s'ébranler les deux gardiens qui lui adressèrent des regards apeurés avant d'obtempérer. Le premier que je vois trainer dans les parages sans mon accord je lui ferait regretter de pas s'être fait dévorer par une goule ! C'est clair ?! rugit-elle une dernière fois, plus fort, en s'adressant directement à Morgan, sortant déjà sa baguette de sa poche pour donner plus de poids à sa menace.

Se détournant se l'écossais, la brunette s'empressa d'emboiter le pas au cortège de gardiens qui entrainaient le blessé à l'intérieur, continuant à les arroser d'ordres jusqu'à ce qu'ils aient déposé le français sur une table et l'aient laissé seule, toute à son ouvrage. Prenant à peine une seconde pour inspirer profondément afin de se calmer, la guérisseuse locale s'empressa aussitôt de récupérer des ciseaux, dans le but de dégager la plaie du tissu lacéré qui couvrait le dos de son patient, relevant la tête machinalement pour balancer un sort explosif sur la porte afin de dissuader un intrus trop confiant d'entrer.

— Ludovic, souffla-t-elle, après plusieurs tentatives infructueuses pour tenter de découper le tissu proprement, ses gestes contraints par les mouvements saccadés du buste du français affolé, il faut que tu te calme, insista-t-elle en posant une main sur le bras de son patient. Je n'arriverai pas à te soigner correctement si tu bouge.

Elle n'obtint aucune réponse, le brun continuant à respirer de manière saccadée, les yeux écarquillés, encore en état de choc alors que d'épaisses vagues pourpres s'échappaient de sa plaie à rythme régulier.

— Chut, Ludovic, chut, respire doucement, souffla encore la britannique, s'approchant un peu du visage de son patient pour poser sa main tâchée sur la joue du français après avoir un peu hésité à l'assommer pour aller plus vite. Tout va bien se passer, il faut seulement que tu te calme d'accord ?

— Mes... mes jambes, bafouilla le brun, je... j'arrive plus à sentir mes jambes... fit-il encore, toujours aussi affolé. J'arrive plus à les bouger...

Tournant la tête, la sorcière discerna tout juste un léger mouvement brusque du côté des jambes du français, comme un spasme alors qu'il devait essayer de les remuer... soit ça soit leur réactivité commençait à sérieusement se détériorer.

— Mais si, reprit-elle, ça va, je t'assure, elles bougent, c'est parce que tu es en état de choc que tu ne les sent pas. Il faut seulement que tu me laisse m'occuper de ta blessure et ça ira. Tu veux bien ?

Ludovic ne répondit pas, fermant les yeux avant de commencer à sangloter, d'une façon si soudaine qu'elle surprit un instant l'anglaise. Garder son calme, tout se passerait très bien tant qu'elle parviendrait à garder la tête froide.

— Je... Je veux pas mourir, s'étrangla le français. Je veux pas mourir là, hoqueta-t-il encore, le visage inondé de larmes. Personne... personne sait où je suis. Je veux pas... ils savent pas...

— Chut, reprit la jeune femme, bien plus autoritaire soudain, tu ne va pas mourir c'est clair ? Je vais faire en sorte que ça n'arrive pas. Tu me fais confiance non ? Tu sais de quoi je suis capable pour ça ? Alors tu me fais confiance et tu ne mourra pas, c'est compris ?

Le brun hésita une seconde, secoué encore de sanglots rocailleux avant de hocher légèrement la tête, tirant un léger sourire qui se voulait rassurant à l'anglaise.

— Bien, alors tu te calme et tu me laisse faire.

Ludovic approuva une nouvelle fois du chef et la jeune femme n'en attendit pas plus avant de reprendre ses ciseaux, découpant les vêtements en pièce du maigrichon désormais immobile, découvrant son dos en sang, barré d'une énorme entaille de son épaule gauche jusqu'à sa hanche droite, si large et profonde que la sorcière cru d'ores et déjà apercevoir la pâleur d'une vertèbre. Inspirant profondément une nouvelle fois, la sorcière s'efforça à garder les idées claires malgré les picotements désagréables qui s'éveillaient dans son propre dos, commençant par nettoyer la blessure d'un sort d'aquamenti avant de passer aux choses sérieuses.

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MessageSujet: Re: The River of Life Mar 26 Sep 2017 - 23:26




The river of life
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Sans même un mot, un regard peut-être qu'elle ne saisit même pas tout à fait, la Rowle sembla tourner les talons en se désintéressant de l'étagère dont elle s'était approchée pour se diriger vers le petit bassin. Interpelée par cette réaction bien mystérieuse, l'Auror suivit la brune du regard et tendit le cou pour la regarder s'enfoncer et disparaitre dans le sol. Elle comprit bien vite qu'elle lui montrait ainsi le chemin et c'est pourquoi elle ne tarda pas à lui emboiter le pas, passant à grandes enjambées mais sans perdre sa suspicion habituelle. Cela n'avait pas l'air dangereux certes, mais c'était un endroit inconnu et elle était seule si ce n'était avec un spectre d'une sorcière sans magie à la mémoire défaillante. Alors... Côté sentiment de sécurité c'était pas trop ça.
Pénétrant dans cette nouvelle salle presque trop sombre soudainement, il fallut quelques secondes à Oswin pour s'adapter à la luminosité avant de distinguer toutes ces petites formes scintillantes qui semblaient chacune vouloir s'attirer l'attention de la nouvelle venue, comme des centaines de minuscules feux-follets à travers une forêt bien trop sombre. L'atmosphère du lieu était, il fallait bien l'avouer, tout à fait particulière et la tranquillité presque parfaite de sa guide n'était pas vraiment pour rassurer la sceptique. Toute cette salle... Seulement des souvenirs ? Elle n'en n'avait jamais vu autant, et elle doutait jamais en revoir un tel nombre. Et, selon Hesper, tout cela serait directement sorti de la tête de Ludovic ? Etait-il seulement possible qu'une vie suffise à retenir tout ça ? Muette, les yeux écarquillés en observant l'espace, Linda lâcha un discret souffle impressionné avant de revenir à la réalité et de prendre la suite de son guide fantomatique qui semblait vouloir lui montrer quelque chose mais allez bien savoir quoi.
Un souvenir, évidemment. Mais lequel ?

La réponse ne se fit pas attendre et rapidement, l'esprit emmena l'Auror à une toute autre époque.

L'atmosphère changea du tout au tout, passant de cette fraicheur lourde de la pièce souterraine à une douce chaleur, lumière chaude, tamisée, qui ne fut pas pour déplaire à la française. Papillonnant une seconde des yeux pour s'habituer à la luminosité ambiante, elle coula ensuite un regard tranquille autour d'elle pour se situer quelque peu. C'était une pièce simple mais pas moins confortable, tout paraissait calme, un silence de fin d'après-midi où l'on se plaisait à simplement regarder par la fenêtre sans autre prétention que celle de perdre son temps. Un peu plus détendue bien que toujours sur la défensive, Linda tourna doucement la tête en direction de la fenêtre, s'y approchant aussi discrètement que possible vu la situation pour jeter un coup d'oeil au paysage. De larges plaines, quelques collines, de la nature, de l'herbe et de la roche à perte de vue. Cela pourrait être n'importe où, ce qui ne l'aidait pas vraiment pour se repérer. Passant sur cette déception, Linda se redressa en observant la personne présente avec eux qui n'était personne d'autre que... Hesper elle même. D'habitude, dans les souvenirs, l'apparence changeait toujours un peu. Quelques rides en moins, une apparence plus négligée, plus soignée, mais là... Elle lui paraissait étrangement semblable à celle qui la guidait, trop semblable même. L'Auror glissa un coup d'oeil en direction de la plus réelle des deux images, la détaillant un instant comme si elle cherchait à comprendre qui elle était réellement. En vain, bien évidemment.
Dans cette atmosphère presque apaisante Linda ne pensa pas immédiatement à regarder ce que le souvenir écrivait, s'attendant à une réaction, une action immédiate, mais quand elle comprit que cette dernière ne viendrait pas elle se permit d'approcher de la jeune femme. Se penchant sur son travail, elle parcouru les lignes manuscrites avec attention, l'ombre d'un sourire en coin étirant ses lèvres alors qu'elle connaissait bien cette situation quelque peu épineuse.
Malheureusement, les bruits de combats lui fit brutalement relever la tête à la seconde même où l'Auror les remarqua. Main sur la baguette, prête à dégainer, elle n'eut même pas à s'approcher de la fenêtre que l'image le faisait déjà, soufflant un mot qui, quoi qu'étonnant, n'avait rien au final de très surprenant. Ludovic et les bagarres... L'un n'allait pas sans l'autre dirait-elle. Au moins cela signifiait-il que ces bruits de combat étaient bien au souvenir, et non pas à la réalité.
Il ne fallut que quelques secondes pour que la principale concernée ne parte à grandes foulées porter secours à Ludovic qui se trouvait dans une situation... Assez impressionnante elle devait l'avouer. Ludovic était là, se tordant de douleur au sol avec un inconnu presque aussi maigre que lui penché juste au dessus de lui. Déjà, une large flaque de sang s'étendait au sol laissant deviner la plaie non moins importante qui devait le faire souffrir. Linda était habituée aux blessures, sur elle en tous cas et, de manière générale, elle prenait plutôt bien le contrecoup et assumait avec un sang-froid suffisant pour survivre au final. Mais elle n'était pas médicomage, et voir ses coéquipiers souffrir était toujours une épreuve particulièrement difficile pour elle. Droite, stoïque, elle n'en démontra pourtant rien. Son regard rivé sur le corps de l'homme, fixé sur lui sans même vraiment le voir, elle serrait poings et mâchoire alors que tout autour les disputes n'étaient qu'une sorte de brouhaha indistinct.

- Hesper ! Hesper je te jure que...

Du sang. L'homme se convulsait presque tant la peur et la panique empirait son état. Elle devinait déjà la suite de la scène : son coeur battait de plus en plus vite, faisant affluer le sang encore plus rapidement pour que lui même se vide en deux temps trois mouvements de ce dernier.

- Laisse moi t'expliquer Hesp' ! Je suis désolé c'est... Ce n'était... Je ne voulais pas...

Il fallait le calmer d'une manière ou d'une autre. Elle n'avait jamais été très bonne à ça. Encore les bandages, remettre en place, les soins, elle avait quelques connaissances basiques, mais pour réussir à apaiser quelqu'un... Elle n'était clairement pas la meilleure.
Détournant le regard, le visage froid et inexpressif, elle baissa sombrement la tête en écoutant distraitement la scène continuer autour d'elle, n'osant pas même relever les yeux lorsque le Descremps prit enfin la parole. Mais elle écouta, et tandis que le ton du français la toucha directement au coeur pour avoir déjà entendu cette même peur panique sur cette même voix, celui de la jeune femme montrait clairement la tendresse et l'inquiétude qu'elle avait envers lui.
Ludovic avait de la chance. Partout où il allait, il y avait toujours quelqu'un pour veiller sur lui.

Alors que le souvenir touchait à sa fin, Linda ferma les yeux, se sentant sortir du souvenir pour retrouver cette froideur particulière de la salle de souvenirs avec un certain regret, mais soulagée d'échapper à toute cette horreur médicomagique.
Se redressant lentement, elle prit une profonde inspiration et, les yeux toujours bas, demanda bassement :

- Pourquoi m'avoir montré cela ? souffla-t-elle calmement. Est-ce que vous pensez que cela puisse... avoir un rapport avec l'endroit où il a fuit cette fois ?

Parti... Sans rien dire à personne.
Mourir dans le silence sans que personne ne le sache jamais.
Cela lui paraissait étrangement familier.

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MessageSujet: Re: The River of Life Mar 3 Oct 2017 - 23:43



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Poudlard ; Ecosse – Appartements de Ludovic Descremps – Fin Janvier 1976


Plongée dans ses rêveries, la tête pleine d'anciennes images surgies de sa propre personne plutôt que d'une pensine, la jeune sorcière ne réalisa pas tout de suite que son invitée était sortie de ses propres contemplations. Tournant la tête avec un air quelque interrogateur vers l'Auror elle ne comprit pas immédiatement sa question, secouant d'abord brièvement la tête à la négative avant de hausser clairement les épaules et faire signe qu'elle n'avait aucune idée des raisons pour lesquelles elle avait choisit ce souvenir en particulier. C'était quelque chose en rapport avec ce que la française avait dit. Une histoire de solitude, de perte, de départ caché à tout le monde... La jeune sorcière s'y attarda un instant avant de tourner de nouveau la tête vers l'Auror, fronçant les sourcils d'une façon familière en cherchant à mieux comprendre la requête que la sorcière. L'endroit où il avait fuit cette fois, l'endroit où il fuyait d'habitude... Comment répondre à cela ? En avait-elle seulement la plus petite idée ?

Silencieuse, la sorcière s'approcha une nouvelle fois de son étagère, s'arrêtant devant un instant en cherchant celui qui aurait pu convenir. Lequel choisir ? Après un peu d'hésitation, l'anglaise fini par saisir une petite fiole étiquetée avec soin qu'elle déposa sur le bord de la pensine, toujours avec cette façon particulière de déplacer les objets sans réellement les toucher. Soucieuse, elle la fixa un instant avant de lever les yeux vers son ainée, semblant presque chercher à la convaincre de ne pas y toucher.

— Il revient toujours, annonça-t-elle seulement, comme si cette simple phrase pouvait suffire à taire les questions que cette femme aurait pu avoir avant de reprendre la fiole pour la vider tout en lenteur au-dessus de l'eau.

***

Tapie dans la pénombre d'un minuscule appartement miteux, Hesper guettait. Elle se trouvait assise au bord d'un lit, juste à côté d'un bureau chargé de documents couverts d'une fine et élégante écriture, concernant de complexes recherches à la fois médicales et comportementales. Cela faisait plusieurs heures que la nuit s'était élevée, plongeant les lieux dans une obscurité opaque, qui aurait pu être totale s'il n'y avait eut cette petite bougie déjà bien entamée posée à l'un des coins du bureau. Mais même avec cette lueur hors de prix pour un si petit budget, il faisait trop sombre pour travailler. Trop sombre pour faire mieux qu'attendre. Les mains nouées, nerveuse, la sorcière écoutait, attendant le moment, ce fameux moment. Il fallait qu'elle le fasse, qu'elle en ait l'audace.

Un bruit soudain lui fit tourner la tête, déclic de clefs enfoncées au hasard dans une serrure. Des grognements, des craquements, tout cela la fit se redresser avec une crainte certaine, la fit s'avancer en direction de la porte qu'elle avait fait exprès de garder entre-ouverte. Elle s'approcha tout juste de la fente qui donnait vue sur le petit salon encombré d'un vieux canapé défoncé et d'une table basse où se trouvait un couvert et un repas depuis longtemps glacé par l'attente, elle s'arrêta là et attendit encore, jusqu'à voir la silhouette longiligne de son compagnon passer l'entrée.

Honnêtement, il ne ressemblait à rien. Toujours aussi maigre, sa grandeur tassée pour passer le cadre trop bas, ses épaules affaissées, sa dégaine sans maintien enfouie dans des vêtements trop larges et trop épais empruntés à une quelconque friperie de gros pour une bouchée de pain. Il avait le teint jaune, le regard morne et la démarche mal habile. Il balançait d'un pied sur l'autre, fonçait dans les meubles à pas lent malgré le fait qu'il les fixait comme s'il n'avait jamais su ce qu'était une table, une chaise, un canapé... Il était vide, crasseux, ivre.

Posant la main contre le battant, Hesper baissa les yeux tandis que le maigrichon grognait de la difficulté qu'il avait à faire le tour du canapé pour se saisir d'une des bouteilles fraichement rangées dans un petit meuble, prenant tout juste la peine de récupérer un verre avant d'aller se laisser tomber sur le vétuste sofa, se servant déjà une nouvelle rasade de whisky pur feu. Rester forte, avoir l'audace. La sorcière ouvrit la porte, avançant sans bruit, n'ayant aucun mal à ne pas se faire remarquer de cet ivrogne qui aurait à peine perçu une explosion lui tomber à côté.

— Où tu étais ? demanda la jeune femme avec fermeté, mais toujours d'un ton qui se voulait plein de douceurs.

Ludovic soupira aussitôt, levant les yeux au ciel, se laissant retomber en arrière en retirant son verre plein de la table.

— Fait pas chier... grogna-t-il, sirotant son breuvage sans rien ajouter à ça.

Hesper ne releva pas, fermant les yeux une seconde avant de reprendre, tâchant de conserver son calme et sa gentillesse malgré le ton de son compagnon.

— Où tu étais ? répéta-t-elle, un peu plus fermement.

— Tu sais très bien où j'étais, rétorqua le français d'un accent qui s'accentuait de plus en plus à mesure que l'alcool faisait effet. A quoi ça te sers que je te le redise ?

— Pourquoi tu étais là-bas ?

— Mais fait...

— Répond, coupa aussitôt et sèchement la britannique.

L'ivrogne ne répondit rien, peut-être trop gris pour trouver une bonne répartie ou bien quelque peu inquiété du ton employé par sa petite amie qu'il commença à fixer un peu plus sérieusement malgré son regard embrumé de whisky. Il se contenta de serrer un peu plus fort sa bouteille contre lui, comme s'il craignait qu'on lui enlève ou que la jeune femme face à lui ne l'agresse.

— Tu ne veux pas répondre ? renchérit la britannique. Pourquoi ? C'est facile pourtant comme question non ? C'est même ta question préférée je crois, les pourquoi. Pourquoi tu ne veux pas répondre à ça ? enchaina la jeune femme sans laisser le temps à l'homme de se mettre en colère contre elle pour avoir osé remettre en doute des choses qu'il lui avait pratiquement fait promettre de ne jamais répéter. Pourquoi ?

— P't'être parce que j'ai pas envie, répondit finalement l'ivrogne après un temps en avalant encore un peu du liquide doré qui remplissait son verre.

La brunette lâcha un léger soupir, se pinçant les yeux pour se retenir de perdre son calme malgré l'attitude du gamin en face d'elle.

— Ludovic, il faut qu'on parle, sérieusement, reprit-elle.

— J't'écoute,
répondit l'autre le plus naturellement du monde en ouvrant un bras avec dédain avant de continuer à siroter son verre, n'en faisant rien.

Nouveau soupir, la jeune femme crispa les doigts sur les plis de sa robe.

— J'ai besoin de savoir ce qui ne va pas chez toi, entre nous... pourquoi tu bois. Je te l'ai demandé plusieurs fois, à chaque fois tu m'as dit qu'il te fallait du temps, mais du temps je ne peux plus t'en donner maintenant. Je t'ai laissé des chances, des dizaines de chances de changer ton comportement, j'ai fait tout ce que je pouvais pour que tu arrête de faire ce que tu fais tous les soirs, j'ai fait la sourde, j'ai essayé d'être conciliante, mais toi, plus je te regarde et moins j'ai l'impression que tu fais des efforts, je ne te juge pas, s'empressa d'ajouter la jeune femme, empêchant une nouvelle fois son conjoint de partir en gueulante, je veux seulement comprendre. Je me rend bien compte que le problème vient de moi, vient de cet endroit, mais je veux... seulement comprendre jusqu'à quel point. Tu ne me dis jamais rien, tu me mens tout le temps. Tu disparait pendant des heures sans même me dire où tu va et quand tu reviens soit tu es comme ça soit j'ai l'impression... que tu me hais.

— C'est pas vrai, rétorqua l'échevelé d'une voix d'autant plus maladroite que son geste pour commencer à compter sur ses doigts les probables contre-exemples qu'il s’apprêtait à lui sortir.

— Laisse-moi seulement finir s'il te plait, interrompit à nouveau la britannique, fermant les yeux pour garder son calme alors que l'autre faisait une moue contrariée grotesque. Je sais que tu m'aime, poursuivit-elle après avoir une seconde posé son visage entre ses mains, tu me le dis pratiquement tous les jours et j'aimerais que les moments... où tu n'es pas ça, fit-elle en le désignant des mains, durent beaucoup plus longtemps. Mais même quand tu n'es pas ivre tu me mens, tout le temps, tu va me dire que non, je sais, tu va me dire que c'est ton serment, qu'à moi tu ne me mens jamais, mais tu me mens Ludovic, tu me mens chaque fois que tu me cache des choses, chaque fois que tu pars sans rien dire, chaque fois que tu te tais pour ne pas me contrarier. Tu me mens, mais tu sais comment faire pour le faire tout en disant toujours la vérité alors, avant aujourd'hui je ne pouvais pas vraiment te le reprocher, mais j'ai bien compris à force, que c'était sans doute ça aussi le problème. Être en couple, tu comprends, ce n'est pas seulement attendre de moi que je découvre les choses que tu ne me dis pas, ce n'est pas me cacher ta vie entière en attendant que je te pose les bonnes questions pour le découvrir par moi-même. Ce n'est pas... un concours à celui qui en sait le plus sur l'autre, c'est seulement s'aider, se comprendre, se faire confiance. Tu fais de ton mieux pour que ça marche, j'en suis sûre, mais tu ne me donne rien pour faire ça. C'est comme si... tu ne voulais pas vraiment que je fasse partie de ta vie. On vit ensemble, mais tu refuse de me dire quand tu te sens mal, tu refuse de me dire pourquoi tu fais certaines choses, tu refuse de me demander de t'aider. Tu veux être seul Ludovic, c'est l'impression que tu me donne. Tu veux... partir, tu ne veux pas avoir d'attache, tu veux être libre, j'ai bien compris. Tu m'aime, mais c'est comme s'il n'y avait pas de place pour moi, tu es venu avec moi, tu t'es plié en quatre pour que je fasse ce que je voulais, mais toi, de ton côté, c'est comme si tu essayais de vivre une vie parallèle à la mienne, comme si tu restais constamment quelque part où rien ne te touche et que tu voulais y rester seul. Tu veux bien être avec moi, mais tu ne veux pas que je sois avec toi, tu ne veux pas que j'approche ton monde, c'est comme si je pouvais juste le regarder sans jamais pouvoir le toucher, comme si je ne pouvais jamais te comprendre ou t'aider. Je veux t'aider, je veux comprendre, je veux savoir s'il y a un moyen pour moi de me mettre quelque part où tu pourrais bien vouloir de moi sans avoir besoin de t'enfuir tout le temps comme si vivre heureux ne te suffisait pas. Mais tu ne veux pas me le dire, tu ne veux pas me dire où je dois aller pour te retrouver, où je dois être pour ne pas avoir constamment l'impression de ne pas être suffisante. Et j'ai bien compris que, toi, tu n'auras jamais le courage d'admettre ça, que tu ne voudra jamais comprendre que tu ne laisse pas la chance aux autres de rester avec toi pour te montrer que la vie c'est bien aussi quand tu reste où tu es. Tu te dérobe, tout le temps, je croyais que je parviendrais à ce que tu accepte de rester avec moi, mais j'aurais tout aussi bien fait de vouloir capturer du vent, la jeune femme s'interrompit pour s'essuyer les yeux luisants de larme sous le regard toujours aussi vide et morne de son compagnon qui avait dut à peine suivre. Je t'aime moi aussi, je pensais t'aimer suffisamment pour affronter toutes les situations avec toi, mais là... j'ai peur que ça ne soit plus suffisant. Je dois penser... à l'avenir, je dois penser à nous et là... là tu n'es clairement pas prêt, sanglota la jeune femme. J'aimerais que tu le soit, mais je ne peux pas attendre, je ne peux pas te le faire comprendre. Alors peut-être... peut-être que cette fois c'est à moi de partir, de prendre un peu de distances jusqu'à ce que tu sois prêt. Je t'ai laisser une chance aujourd'hui, je t'en laisserai une autre demain, mais après... après je ne pourrais plus. Après je partirai.

La sorcière lâcha un nouveau flot de larmes en même temps qu'un soupir soulagé. Voilà, elle lui avait dit, c'était fait, rien ne pouvait être pire maintenant, mais elle avait eut beau se répéter mille et une fois que tout cela était pour le mieux et qu'il comprendrait un jour, elle ne se serait sans doute jamais attendue à cette réaction là ; car Ludovic se mit à rire.

C'était un rire dissonant, presque anormal, surtout dans une telle situation, il avait commencé sur un souffle étouffé avant de prendre ces teintes criardes qu'elle lui connaissait, jusqu'à ce que son compagnon ne finisse par rire à gorge déployée.

— Tu me quitte ? répondit finalement le français, souffle court, avant de repartir dans une nouvelle quinte de rire qui firent verser des larmes plus rageuses à sa compagne. Oh ! Vous les femmes, toutes les mêmes garces ! Jamais contentes ! On pourrait faire tout ce que vous voulez vous trouveriez quand même quelque chose à redire. vous voulez quoi à la fin ? Hein ? Un mec qui vous tabasse et vous oblige à lever la main pour parler ? Hein ? Bah non, même ça ça serait chiant à la longue. Tu veux que je te dises moi pourquoi je bois ? Hein ? Bah c'est pour ça, juste pour ça, rétorqua l'échevelé avec une voix déformée. Parce que vous me faites chier toi et ta ville, y a pas un rat ici qui parle anglais, français, j'en parle pas, et la seule qui comprend ce que je raconte elle passe ses journées à me faire la morale et me dire à quel point je suis trop mauvais pour elle. Mauvais au lit, mauvais dans la vie... sauf que c'est toi qui voulais l'épouser au départ l'épave hein ? C'est toi qu'à choisi, si t'étais pas contente il fallait pas venir me casser les co*illes. T'es bien mignonne hein, mais va pas me dire que j'essaie pas d'être gentil, parce qu'il fallait une punaise d'envie de vivre avec toi pour se farcir les mois de conversations géniales sur le rendement d'un truc de traitement des déchets à la con. J'ai une gueule à aimer la merde moi ? Non ! insista le français en se redressant tant bien que mal sur ses pieds, alors désolé hein, de vouloir prendre un peu l'air quand ça devient barbant, t'as qu'à pas être aussi chiante et puis je resterais plus souvent.

Hesper ne répondit pas, rongeant clairement son frein alors que ses larmes se déversaient sans plus aucune retenue. De son côté, l'outre à alcool poursuivit un long moment, enchainant jurons et insultes de plus en plus odieux jusqu'à ce que l'anglaise craque et se redresse d'un bond pour lui asséner une redoutable baffe qui le fit s'affaler sur le canapé.

— T'es qu'un gros con, lâcha l'anglaise, furieuse et dévastée, avant de tourner les talons pour repartir d'où elle venait, aussitôt arrêtée par le maigrichon qui l'avait saisit par la manche et tiré vers lui. Lâche-moi ! rugit la jeune femme en se débattant de toutes ces forces.

Étonnement pourtant, la poigne de l'homme se révélait bien trop puissante pour qu'elle parvienne à s'y dérober, il ne tarda pas à la maitriser complétement malgré ses coups de poings pour se défendre, lui rendant bientôt une claque d'autant plus retentissante qui fit un instant se brouiller le souvenir avant qu'il ne l'immobilise tout à fait, la surplombant de toute sa longueur.

— J'suis pas comme ça c'est clair, fulmina l'échevelé en soufflant son haleine puante au nez de la jeune femme, je suis pas un putain de prince charmant et je suis pas un putain de connard. Si tu me veux, faut me prendre avec mes défauts, c'est clair ? Parce que moi je le fais, assura l'ivrogne en collant brutalement son bassin entre les jambes de l'anglaise qui retint de justesse un gémissement terrifié. Moi j'te prend toute entière. Si tu veux pas, tant pis pour toi. Mais j'suis pas comme ça, assura-t-il, détendant son emprise, en reculant son bassin et en glissant une main douce sur la joue de la jeune femme. Moi je t'aime, je vais pas te faire de mal, assura-t-il en continuant à caresser le visage de sa compagne, passant son pouce sur ses lèvres tremblantes avec une étrange tendresse. J'pars pas moi, j'pars jamais, parce que j'ai beau partir jusqu'à l'autre bout du monde toi t'es toujours là, t'es toujours dans ma tête, susurra-t-il en se penchant un peu plus pour tenter de dérober un baiser à la jeune femme qui détourna la tête. Toi et les autres aussi, vous êtes toujours là, insista-t-il, poursuivant la bouche de sa captive jusqu'à immobiliser son visage pour lui dévorer les lèvres, indifférent à ses tentatives pour le repousser. C'est là, chuchota le français lorsqu'il relâcha cette bouche fine, glissant sa langue sur ses propres lèvres, visiblement repus, là que je suis bien et à l'abri de tout, simplement quand je suis avec toi, fit-il encore, son pouce continuant à redessiner les traits du visage de la britannique alors qu'il caressait son front du sien. C'est suffisant pour moi.

— Lâche-moi je t'en supplie, gémit la sorcière, le souffle précipité par la peur.

— Je ne vais pas te faire de mal, insista le brun qui continuait à faire aller et venir son front contre celui de la brunette.

— Je t'en prie, s'il te plait...

Ludovic hésita, à moins que l'alcool n'ait fini par l’assommer si bien qu'il était en train de s'endormir sur sa malheureuse captive. Il fini pourtant par la relâcher après quelques autres caresses du chef, n'esquissant pas le moindre mouvement pour la rattraper alors qu'elle filait à toute allure s'enfermer dans la chambre. Le maigrichon resta là, vautré sur le canapé, l'air à moitié endormi, ne semblant reprendre vie qu'au moment où il sentit la conscience de sa compagne arriver à la porte.

— I'm a stranger in paradise, fredonna-t-il, reprenant la chanson de plus en plus fort jusqu'à ce qu'elle retentisse dans toute la maison, forçant sa conjointe à plaquer ses mains sur ses oreilles alors qu'elle était déjà tombée assise au pied de la porte pour pleurer. C'est là tu vois, là qu'j'ai bien envie de rester !

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Linda Oswin

APARECIUM : 27/02/2016
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PSEUDO : Linda Oswin
AGE : Trente-six ans
SANG : Son sang est pur mais elle ne se considère pas comme tel
ANCIENNE MAISON : Elle a fait des études avec un professeur Particulier
SITUATION : En couple avec Ludovic Descremps
IDÉOLOGIE : Contre les mouvements extremistes
MÉTIER : Directrice des Auror


MessageSujet: Re: The River of Life Ven 3 Nov 2017 - 15:10




The river of life
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"Il revenait toujours"...
Une affirmation bien prétentieuse pour laquelle Linda aurait donné beaucoup afin d'y croire, afin qu'elle se réalise. C'était facile à dire, évident quelque part, mais Linda doutait. Elle doutait de tout, plus le temps passait dans cette fichue école plus elle se posait de questions sur elle, ses parents, sur la raison qui l'avait fait avancer jusque là, sur ce qu'elle voulait, sur ses collègues et, bien sûr, sur Ludovic. Son monde s'effondrait pièce par pièce, balayé aussi facilement que l'on souffle sur une poussière désagréable pour ne laisser place qu'à plus de questions, plus d'inconnu, un nouveau monde qu'elle n'appréhendait pas encore. Et elle au milieu de tout ça se rattachait à ses quelques certitudes, ridicules, risibles même. "Je dois retrouver Ludovic."
Pourquoi ? Pourquoi elle ? Elle n'avait aucune idée d'où il pouvait être, elle ne le connaissait pas, et elle doutait même de sa fiabilité. Alors pourquoi autant se préoccuper de l'avenir de cette école ?
Chaque question la faisait un peu plus douter, soufflait sur son esprit bercé d'illusions alors qu'elle s'entêtait à continuer d'avancer, pas à pas, la tête haute. Elle devait retrouver Ludovic.

Et si elle devait se laisser mener par un esprit méconnu d'une sang-pur aussi fiable au moins que l'était celui qu'elle cherchait, elle le ferait.
C'est pourquoi, comme pour les souvenirs précédents, Linda se redressa se tenant bien droite, attentive aux détails pour essayer de comprendre ce langage déformé avec lequel communiquait le fantôme. Toute cette peur, toute cette crainte qui empestait dans la pièce... Pas besoin d'être empathe pour sentir le terreur qui animait là, juste là, assise sur le lit une jeune blonde qu'elle reconnu sans mal pour l'avoir eu devant les yeux quelques secondes plus tôt. Que craignait-elle ? Etait-elle prisonnière ? Ou, plus précisément, qui craignait-elle ainsi ?
Le bruit venant de l'extérieur de la petite chambre mal éclairée fit se retourner brusquement Linda qui, comme à son habitude, laissa ses réflexes prendre le dessus malgré le fait que, ici, tout ne soit qu'illusion. Sans le voir, elle imagina le chemin de l'intrus, sa démarche titubante, ses pieds trainant au sol comme s'ils pesaient soudainement plus lourds que son corps en lui même, ses épaules tombantes signe d'une fatigue de trainer un corps inutile, une plaie. Le bruit sourd de son corps s'affalant dan ce qui devait être une chaise, un fauteuil ou bien un canapé précisa un peu plus l'image déjà claire qu'elle avait de l'inconnu. Presque d'ores et déjà persuadée de trouver derrière cette porte quelque horrible personne, source de cette peur horrible que ressentait Hesper, Linda fut prise d'un léger mouvement de recul en reconnaissant la figure pâle affalée dans le divan, verre à la main, son profil, son nez, son front, son visage enfouis dans des vêtements qu'il n'avait pas pris la peine d'ajuster ou même d'enlever.
Ludovic.
Une gêne étrange prit alors l'Auror par la gorge qui ne rajouta rien, baissant simplement les mains, laissant tomber sa garde, presque... Déçue. Un dégoût, une lointaine surprise, de l'inquiétude aussi peut-être un peu, mais surtout, cette... Gêne. Ludovic... Ne se ressemblait pas. Du trentenaire fringant et bien habillé elle ne trouvait rien si ce n'était son corps, encore plus maigre lui paraissait-il si c'était même possible. La coque était là, mais où était celui qu'elle avait vu tant et tant de fois désormais ? Existait-il déjà ? Encore ?
Perplexe, avec cette attitude de curiosité sans joie, Oswin s'approcha lentement les bras ballants du canapé pour en faire le tur et venir faire face à l'homme. Elle l'observa, une seconde puis deux, écoutant d'une oreille attentive ce qui se disait mais ne pouvant détacher son regard perplexe de ce visage qui lui était familier. Alors, elle s'accroupit, se baissant lentement pour se mettre en contre-bas et tenter d'apercevoir un ton, une mimique. Pourquoi ?
Et pour le coup, il semblait que c'était aussi ce que Hesper voulait savoir ce soir là.

Oswin écouta, ne bougeant pas de son point d'observation et se rapprochant même petit à petit de l'homme alors qu'elle ne comprenait pas. Y avait-il un problème ? Il puait. Il puait à en vomir de dégoût, l'alcool pourtant qu'elle connaissait bien, mais un peu d'alcool ne rendait jamais personne.. Comme ça. La discussion continuait et Linda sentit son coeur se serrer alors que la jeune femme commençait à confier ses craintes, ses doutes, tout ce qui pouvait vous tuer à petit feu de l'intérieur si vous décidiez de tout prendre sur vous. Depuis combien de temps cette situation durait ainsi ? Combien de fois déjà s'était-elle tenue là, prisonnière de sa peur dans sa chambre à entendre un ivrogne aller et venir derrière la porte ? La gorge serrée, Linda leva un regard doux et compatissant sur l'Anglaise, se sentant étrangement familière à cette situation qu'elle n'avait pourtant jamais vécue. Et elle resta là, immobile, écoutant la blonde s'exprimer encore et encore, sincèrement touchée par cette peine qu'elle exprimait. Peut-être était-ce la sensation d'injustice qui la touchait plus que tout, peut-être était-ce aussi une sorte de solidarité féminine, de regret, de tout un rêve qui tournait au cauchemar après tant d'efforts, tant d'espoirs... Mais elle comprenait, et si ses yeux s'humidifièrent doucement, elle ne pouvait que compatir au sort de la jeune sorcière.
Il était trop tard.

Elle se releva alors lentement, prenant une profonde inspiration alors qu'à ce même instant Ludovic éclata d'un rire tonitruant. Loin d'en être surprise, Linda s'humidifia rapidement les lèvres avant de lancer à l'homme ce même regard de dégoût, de questions, de gêne et de déception, cette tristesse étrange qui ne la fit pourtant pas réagir plus que cela. Les rires, les insultes, la giffle, la fuite. Ca, elle connaissait. Et dans sa tête passait un scénario qu'elle aurait été capable de souffler mot à mot.
Une poigne trop forte pour toi, l'alcool rend brusque, l'alcool rend fort...
Tu essaies de te débattre mais c'est vain, et là, il te parle. Des mots qui font mal, des mots qui font peur, des mots qu'on aurait préféré ne pas entendre.

Elle connaissait la scène, et c'est avec désolation et gêne qu'elle détourna finalement le regard, observant le sol sans le voir en attendant patiemment que le souvenir ne s'éloigne enfin.

Des pleurs, encore, une porte qui claque, c'était terminé. Enfin.
Lâchant un imperceptible souffle tremblant, Linda ferma les yeux une seconde comme pour chasser ces images de son esprit, son esprit vide de toutes pensées se les repassant d'une bien vicieuse manière qui la prit aux tripes et lui rougit les yeux. C'était fini, c'était passé, elle ne pouvait rien faire.
Alors, elle redressa la tête, couvrant sa bouche une seconde d'une main tremblante, parfaitement silencieuse, avant de prendre une profonde inspiration et de souffler simplement :

- Je dois retrouver Ludovic.

Et sur ces mots elle se retourna, se dirigeant d'un pas rapide vers quelque étagère au hasard pour en lire les inscriptions, dates, et tout ce qu'elle pouvait trouver. Elle allait le retrouver. Elle y arriverait.
Car plus qu'une affirmation, cette phrase était un ordre pour elle même, l'une de ces certitudes balayée par les vents à laquelle elle s'accrochait désespérément envers et contre tout. Qu'importe si le monde l'en empêchait, qu'importe si c'était là une terrible idée, qu'importe si cet esprit ne cherchait qu'à l'embrouiller et la perdre dans sa propre tête, elle le retrouverait.

Et ensuite, elle aviserait.

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Ludovic Descremps

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MessageSujet: Re: The River of Life Dim 12 Nov 2017 - 11:30



The River of Life
The River of Life
Poudlard ; Ecosse – Appartements de Ludovic Descremps – Fin Janvier 1976

Perdue dans ses pensées alors que son invitée était plongée dans une pensine, Hesper la vit avec une certaine surprise et inquiétude sortir du souvenir l'air plus bouleversée qu'elle ne voulait le paraitre. Il fallut à l'apparition un petit moment de latence avant de comprendre et de se rappeler les raisons pour lesquelles la jeune femme avait pu être touchée ainsi par un souvenir, peut-être n'aurait-elle pas dut lui montrer, peut-être aurait-elle dut se contenter de lui indiquer la mapemonde la plus proche pour lui montrer, vaguement, où Ludovic avait pu s'en aller : n'importe où sur cette planète. Mais le retrouver, lui, sans aucune indication du dernier endroit où il avait pu aller, c'était comme chercher une perle dans un nid de strangulots. Il aurait fallut une chance astronomique pour qu'elle parvienne à lui dire où, précisément, elle aurait pu le trouver, non, tout ce que l'anglaise savait, c'était que pour retrouver un échevelé contrarié ou blessé, il fallait commencer par faire le tour des pubs. Déglutissant légèrement, la jeune femme baissa les yeux, sentant ce même remord, cette même tristesse qui la rongeait depuis une éternité alors qu'elle était encore persuadée d'être celle qui avait précipité le français dans cette chute inéluctable. Elle l'avait vu sombrer petit à petit, dans cette sale manie qu'il avait. Il avait toujours bu, elle le savait, dès qu'elle l'avait rencontré elle l'avait vu boire, parfois plus que de raison, mais jamais pour faire autre chose que la fête. Une vieille habitude qu'il avait hérité de ses années à Poudlard avait-il dit. Et puis les choses s'étaient précipitées juste après leur arrivée dans leur nouvelle vie. Le roumain qu'il n'arrivait pas à apprendre, le chômage qui s'enlisait, ses propres tentatives à elle pour lui faire faire des choses, pour l'empêcher de boire autant et qui avait réveillé cette stupide tête de mule qui ne s'amusait qu'à faire le contraire de ce qu'on lui disait. Elle ne savait plus exactement à quel moment la situation avait vraiment basculée, à quel moment elle s'était rendue compte qu'il n'y aurait plus rien à sauver tant que le maigrichon lui-même ne déciderait pas de faire les efforts qu'il avait à faire. Elle se souvenait de moments tendres, inégalables, précieux, suivit pourtant d'une de ces journées où il était revenu ivre et malodorant. Mais il avait bien dut être doux pour qu'elle perdure si longtemps dans cette relation avec lui. L'amour rendait peut-être aveugle, elle n'était pas stupide à ce point là.

Il ne fallut pas longtemps à l'Auror pour se détourner de la pensine et du souvenir et s'en aller vers une autre étagère sans plus lui demander son aide. Soucieuse, Hesper ne tarda pas à la suivre, plus lentement, plus silencieusement, s'approchant d'elle en douceur pour lui pauser une main sur le bras, compatissante.

— Vous allez bien ?

Elle connaissait déjà la réponse, mais la forme voulait que l'on demande. Aussi le fit-elle, attendant même une réponse qui ne vint pas vraiment. La jeune femme croisa les bras, levant de nouveau une main pour jouer nerveusement avec la petite chaine à son cou. Elle n'aurait probablement pas dut lui montrer ce souvenir, cela faisait partie de leur vie privée à Ludovic et elle, mais peut-être... cherchait-elle justement quelqu'un pour l'aider à se sortir de cette situation empoisonnée. Morgan, ses collègues... aucun n'était vraiment parvenu à l'aider, à lui donner cette réponse qu'elle espérait de tout son coeur, qu'il y avait une autre solution, une meilleure solution que celle de l'abandonner.

— Ce n'est pas... vous savez, débuta-t-elle sans parvenir à prononcer les simples mots de "mauvaise personne". Il n'est pas... c'est seulement qu'il a beaucoup de problèmes en ce moment, il finira bien par les régler. Je repartirais avec lui si je pouvais, expliqua-t-elle encore sans bien comprendre pourquoi elle parlait autant avec cette inconnue. Je partirais s'il le voulait, je l’emmènerait en Angleterre ou n'importe où ailleurs, où il pourrait plus facilement trouver une activité. Je voulais le ramener en Angleterre, avoua-t-elle encore en contemplant les fioles dans les étagères, le présenter à mes parents, même s'ils l'auraient détesté à cause de son sang, ils auraient pu nous aider à trouver une maison ou un travail, peut-être qu'ils auraient pu le prendre comme employé quelque part, peut-être que ça aurait suffit à ce qu'il se sente suffisamment bien pour ne plus faire... ce qu'il fait tous les soirs. Mais je ne peux pas le faire maintenant, j'ai un contrat avec le laboratoire, je suis obligée de rester jusqu'à la fin de l'année si je veux obtenir toutes mes qualifications. Sinon tout ça n'aura servi à rien. Je n'ai jamais réussi à le lui expliquer, fit-elle, songeuse, peut-être qu'il était bel et bien trop jeune pour comprendre en fin de compte.

La jeune anglaise laissa passer un silence, perdue dans ses pensées avant de se tourner à nouveau vers l'Auror.

— Il va revenir vous savez, assura-t-elle, il revient toujours. Vous ne devriez pas le chercher. Si vous le cherchez alors qu'il ne veut pas que vous le retrouviez, si vous faites l'opposé de ce qu'il veut, ça ne fera que compliquer les choses. Il va revenir, mais il n'y a rien que vous puissiez faire pour accélérer les choses. Sinon... il vous en voudra.

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MessageSujet: Re: The River of Life Dim 12 Nov 2017 - 14:47




The river of life
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Des souvenirs récents, des sujets mystérieux, des Mangemorts ou n'importe quel symbole rouge et clignotant qui pouvait lui indiquer un tant soit peu où se trouvait Ludovic. Voilà ce dont elle rêvait à l'instant même, passant d'un endroit à l'autre presque sans mettre de pause, fouillant d'un air faussement ordonné parmi ces centaines et centaines de souvenir mais ne parvenant pas à cacher son trouble. Ses mains tremblaient de manière incontrôlable et si, d'habitude, elle aurait plutôt veillé à bien tout remettre en place si jamais elle avait osé fouillé de la sorte et illégalement chez quelqu'un, là, c'était à peine si elle ne ramassait pas les quelques qu'elle faisait tomber avant de passer à autre chose. Gardant en main les souvenirs qui l'intéressaient, elle allait et venait de sorte qu'au bout de quelques instants à peine elle se retrouvait déjà les mains pleines de souvenirs auxquels elle ne croyait même pas en réalité. Elle cherchait les plus récents, non pas ceux du dessus sur ces étagères qui risquaient d'être plus incompréhensibles qu'autre chose, mais ceux qui, au détour d'un bureau ou en ouvrant une lettre, lui montrerait enfin la voie à suivre.
Mais en réalité, elle ne savait même plus ce qu'elle faisait, et elle cela la paniquait.

Alors qu'elle venait de commencer son manège, s'étant arrêté à une étagère qui lui semblait plus prometteuse, le fantôme qui lui avait servi de guide se rapprocha d'elle, lui posant doucement une main fraiche sur l'épaule en lui demandant tout simplement si ça allait.
Bien sûr que non.
Cependant Linda ne répondit pas, serrant un peu plus les dents en sentant ses yeux humides bien trop proches de laisser échapper quelques larmes tout à fait inadaptées alors qu'elle même était loin d'être triste. Ce n'était rien, elle était seulement... Un peu retournée, ça allait lui passer, c'était évident. Il n'y avait pas à s'en faire... Elle voulait seulement en finir au plus vite avec cette histoire qui commençait à lui prendre la tête. Elle ne voulait pas venir là, elle ne voulait pas pénétrer dans cette chambre qui ne lui appartenait pas. Elle ne voulait pas fouiller dans les affaires du Descremps et elle ne voulait pas s'impliquer à ce point dans sa disparition. Tout n'avait été qu'une suite de mauvaises décisions et à présent elle se retrouvait tout à fait prise au piège. Cela n'avait servit à rien, et une fois qu'elle aurait terminé elle ne serait pas plus avancée.
Mais elle ne pouvait plus reculer.

Faisant mine de ne pas entendre la sang-pur derrière elle, Linda n'esquissa pas la moindre réaction à ce que cette guide inopportune lui racontait quand bien même elle écoutait plus ou moins involontairement ce qu'elle lui disait. Et chaque mot qu'elle disait lui faisait prendre de plus en plus conscience dans quoi elle s'était engagée. Ca n'avait aucun sens, elle était morte bon sang ! Comment, elle n'en n'avait pas la moindre idée, mais qu'elle cesse un peu de faire comme si tout cela... Tout ce qu'elle lui avait montré faisait encore partie du présent ! C'était dingue.
Voilà, elle devenait folle.
N'en pouvant plus, Linda donna rageusement un coup des deux poings au support de l'étagère où étaient posée les fioles qui tremblèrent dangereusement quand elle ne se renversèrent pas au moment même où Hesper finit de parler. Le souffle court comme si elle venait de courir une longue distance, tremblante sous la pression et la crainte de cette situation rocambolesque, elle ferma les yeux, serra la mâchoire, dépassée, à bout de nerfs, sur le point de craquer et désespérée.

- Je m'en contrefous. souffla-t-elle à l'intention de l'esprit avant de rajouter plus bas pour elle : A tous les coups il m'en veut déjà de toutes manières... Un temps. Ce n'est pas pour moi que je fais ça, ce n'est pas... Parce que je veux qu'il revienne. C'est mon boulot, c'est pour ses proches, ses amis qui sont là et qui s'inquiètent. Moi j'ai déjà tout foiré en l'air, c'est trop tard, mais je pensais quand même que...

Elle s'arrêta, les mots se perdant dans sa gorge avant qu'elle ne lâche un grognement rageur accompagné d'un nouveau coup au pauvre meuble de bois, d'ailleurs, c'était assez impressionnant qu'avec tout son raffut aucune fiole ne se soit encore brisée.

- Je veux comprendre. Je veux savoir qui il est. Je ne peux pas continuer comme ça c'est juste... Au delà de mes forces.

Une profonde inspiration tremblante termina sa phrase et, toujours les yeux fermés, elle se passa une main sur le visage.

- Mais vous, reprit-elle en se retournant, vous...

Personne.
Plus personne aux alentours, elle ne la voyait plus et il était peine perdue d'espérer l'entendre.

- Hesper ? appela-t-elle quand même en regardant autour d'elle, inquiète. Vous êtes là ? Hesper !

Le coeur battant, Linda se lança à travers les étagères pour tenter de retrouver une once de présence de celle qui l'avait amenée ici et qui semblait avoir disparu comme si elle n'était jamais venue... Avait-elle seulement jamais été présente ?
Les yeux rouges, paniquée et perdue, Linda s'arrêta alors en comprenant bien qu'elle ne la retrouverait plus. Et alors, elle regarda autour d'elle. Sur son passage, là-bas, près de la pensine, une dizaine d'étagères dérangées au fioles renversées et parfois même tombées au sol. Un carnage presque lorsque l'on comparait au reste de la salle si bien rangée, presque irréelle... Irréelle... C'était elle qui avait tout dérangé de la sorte, pas un mystérieux fantôme. Avait-elle rêvé alors ? Qui était cette femme ? Pourquoi s'adresser à elle ainsi alors que jamais elle ne l'avait vue auparavant ? Mais elle n'avait pas pu rêver : ces souvenirs, cette voix... Cet endroit. C'était bien trop tangible et précis pour qu'elle ne l'imagine elle même.
Que lui arrivait-il ?

Paralysée un instant, Linda sentait cette idée tout à fait vicieuse lui frôler l'esprit, la torturant doucement comme un enfant prenant plaisir à lentement arracher une à une les ailes d'une coccinelle. Est-ce qu'elle l'avait imaginée ? Est-ce qu'elle n'avait fait que rêver et parler toute seule ? Désormais elle n'était plus sûre de rien, et la panique en plus de cette terrible possibilité lui faisaient doucement tourner la tête petit à petit.
Non, non... elle ne savait pas pourquoi c'était arrivé, mais elle n'avait pas rêvé... Enfin, peut-être...
Titubant soudainement, Linda prit appui sur un meuble qui passa à sa portée, levant un regard vide et humide sur les fioles au sol comme si c'était alors la seule chose encore logique dans tout ça. Et, chassant toute autre pensée de son esprit, elle se redressa pour se saisir de l'une d'entre elles parfaitement au hasard qu'elle ramena vers la pensine, versant son contenu dans la coupole en y regardant une seconde son reflet avant d'y plonger sans la moindre hésitation.

A nouveau, cette sensation de tomber la prit, chassant d'une étrange et agréable manière une partie de la confusion qui l'avait saisie quand bien même elle était loin de se sentir encore remise. Il fallait qu'elle retrouve Ludovic, n'importe quoi, un indice. Allez savoir de quoi ce souvenir était fait, elle n'y prêta à peine attention. Ludovic sur un balais volant à pluie battante en direction de Poudlard... Non, c'était pas ça.
Elle en sortit, et sans attendre une seconde en prit un autre et un autre, en versa un dans la pensine, y restant à peine avant d'en couler un troisième puis un quatrième recommençant encore et encore ces tentatives vaines jusqu'à ce que, sans même le comprendre, elle se redressa, se trouvant là, debout dans cette salle pleine de fioles et de petites lumières fragiles, face à une pensine entourée de plusieurs fioles vides et, tout près, Ludovic Descremps.
Elle le fixa une seconde, muette, ne saisissant pas qu'il s'agissait de lui comme si elle dévisageait un inconnu inattendu. Elle resta immobile une infinie seconde avant, d'enfin, souffler :

- Mauvais souvenir.

Et d'en saisir un autre.

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MessageSujet: Re: The River of Life Dim 12 Nov 2017 - 23:37



The River of Life
The River of Life
Poudlard ; Ecosse – Appartements de Ludovic Descremps – Fin Janvier 1976

Le vent passait contre le tissu dans un claquement continu. Il soulevait la neige, faisait battre les morceaux d'étoles suspendus au-dessus du sol par de longs fils reliant un énorme monolithe et le sol. Une construction étrange de bois et de tissu perchée au-dessus d'un immense précipice, des petits carrés de toile usée, teinte de couleurs rouges, jaunes, vertes... suspendu au-dessus d'une terre gelée et déserte. Le vent les faisait battre sous sa caresse glaciale, comme autant de drapeaux, comme autant de signaux. Il ne s'agissait pourtant pas de l'étendard d'un pays, ou alors d'un pays bien plus vaste que tous ceux que l'on pouvait trouver, car si certains carrés de tissu portaient le symbole de la terre qui les avait vu naitre, bien d'autres avaient été apportés par des voyageurs lointains et se montraient vides de toute attache géographique. Sous chaque drapeau, se trouvait une personne, une âme égarée perdue dans les montagnes, qu'importe son nom, qu'importe son lieu de naissance, pour chaque carré rouge, chaque carré bleu ou jaune, il y avait un voyageur, un aventurier, qui avait traversé le monde un jour à la recherche de quelque chose, à la recherche d'altitude, à la recherche de réponses, pour rejoindre cet endroit, ce rocher perdu sous une épaisse couche de neige, cette montagne dans la montagne où l'on venait accrocher son souvenir parmi ceux des autres conquérants de ce sommet du monde.

Ludovic était assis dans la neige, face au précipice. Sur un cercle de pierre plutôt, dans une bulle magique de chaleur qui avait fait fondre la neige. Il aurait bien profité du froid, aurait bien laissé le vent mordre son visage et s'amuser avec ses cheveux, mais il se trouvait déjà là depuis plusieurs heures, dans le froid et à haute altitude. Les vents gelés avaient beau ne plus lui faire peur et le ravir même, il ne pouvait pas rester dehors sans protection par un temps pareil.

Sur le paysage, le sorcier faisait tache, assis dans sa bulle invisible, vêtu de ses simple vêtements de ville, semblable à une parfaite hallucination. Ce sommet, il l'avait déjà atteint bien des années auparavant, il s'était déjà assit sur ce sol, avait déjà vu ces drapeaux, il avait même dormi là toute une nuit, sous le ciel étoilé le plus proche qu'il n'avait jamais vu. La première fois, il avait eut à faire comme tout le monde, s'était emmitouflé dans une épaisse armure contre le froid, avait prit un énorme sac pour assurer sa survie et avait marché, marché encore et encore jusqu'à ce que ses pieds épuisés ne le fassent s'écrouler ici, sur cette terre isolée. Épuisé, mais ravi, il avait regardé la montagne alors, avait vu les courbes blanches se profiler à l'horizon, les hauteurs rocheuses qu'il lui restait encore à gravir et c'était dit, une fois encore, que le monde valait la peine d'être vu.

Cette fois-ci, il n'avait rien grimpé, n'avait pas le moins du monde usé ses semelles et s'il avait un peu détrempé ses vêtements en s'asseyant dans la neige, il n'avait pas l'air d'appartenir réellement à ce sol, ni même à ce plan d'existence. Il était venu en transplanant, passant de la chaleur assommante des îles au froid glacial de la montagne d'un claquement de doigts et s'il n'avait pas déjà fait le parcours à pieds, il aurait pu trouver cette façon de faire irrespectueuse vis à vis de l'endroit où il se trouvait.

Devant lui se trouvait une vallée ensoleillée, éblouissante alors que les feux ardents du soleil se réverbéraient sur la couche blanche et humide qui enveloppait la roche. Il était arrivé en pleine nuit, à l'heure où le froid est le plus mordant et le plus mortel, et il était resté là, assis, avait même enlevé sa chemise un instant pour sembler méditer dans le froid, contempler les étoiles en laissant le vent lui passer au travers comme s'il n'avait été qu'un drapeau de plus, perdu sans attache contre un rocher. Il avait vu le soleil se lever, teindre les flans de l'Himalaya de couleurs rosées jusqu'à illuminer le paysage de cette blancheur immaculée. Sa peau avait un peu bleuie avant qu'il ne se rhabille et jette son sort de chaleur, et désormais ses yeux le brulaient de tant d'éclat éblouissants. Il n'était pas du tout préparé pour la montagne, mais il semblait refuser de quitter des yeux cette vallée au-dessus de laquelle s'élevait le soleil, comme si fixer ce spectacle loin de tout avait pu suffire à combler le vide abyssal qui l'emplissait alors, comme s'il espérait pouvoir retrouver cette sérénité qui l'avait envahie au moment où il s'était assis là la première fois. Cette beauté irréelle et si proche qu'il ne parvenait pourtant pas à voir.

Il était mort.

Ludovic ne bougeait pas, écoutant le claquement des drapeaux. Cela faisait plusieurs jours maintenant qu'il n'arrivait plus vraiment à réfléchir. Sa tête lui semblait vide, désespérément vide, comme le reste de sa personne, mais il valait mieux ainsi, car les seules fois où il parvenait à activer ses cellules grises c'était pour entendre encore et encore les petits mots pernicieux d'un certain vampire. Il n'arrivait pas à y croire, il ne voulait pas y croire, ni même y penser, mais Morgan avait raison, l'échevelé s'était renseigné. Elle était enceinte, c'était pour ça qu'elle avait voulu le quitter. Il avait faillit être père, il avait été père, sans même le savoir, mais à peine l'apprenait-il qu'il se rappelait la vérité, qu'il se rappelait l'avoir tué, avoir empêché son propre enfant d'exister. Il était mort, ils étaient mort, et c'était entièrement de sa faute. Le maigrichon n'y pensait pas. Il ne pouvait pas penser à ça. Trop y penser l'aurait probablement rendu fou, aussi préférait-il faire le vide, se bruler les yeux, se geler les os, face à la blancheur immaculée de cet endroit que tout le monde connaissait comme le plus serein du monde. Ici, il n'était rien, mais il était bien.

Hélas, le monde ne tolère jamais les pauses, surtout lorsque, comme le Descremps ici présent, vous preniez un malin plaisir à croire pouvoir aller plus vite que sa simple rotation. Le monde jamais ne s'arrête, jamais ne se suspend, et le signal du temps ne tarda pas à se rappeler à lui, sous la forme d'un bruit strident sans aucun rapport avec le vent.

Le français ne comprit pas tout de suite de quoi il s'agissait, son cerveau trop déconnecté pour seulement réaliser qu'il ne s'agissait pas d'un pur produit de son imagination. Cependant, ce qui retentissait dans son esprit était bien réel, c'était le son lointain d'une alarme qui l'appelait à l'aide. A peine eut-il saisit le message, que le maigrichon bondit sur ses pieds, rompant son sort sans même jeter un coup d’œil au monolithe de tissu et de bois, avant de transplaner en vitesse pour une destination d'autant plus lointaine.

Dans un claquement et un fin nuage de poussière, Ludovic apparut au milieu d'un petit village perdu d’Écosse, prenant tout juste le temps de s'orienter avant de foncer en ligne droite vers le passage secret le plus proche, s'efforçant de marcher malgré son pas plus proche de la course précipité. Il savait avoir disparu depuis un petit moment maintenant, ce n'était pas le moment qu'il se fasse ralentir par une vieille connaissance se demandant où il était passé.

Le chemin pour retourner au château se passa relativement vite, mais ce ne fut qu'une fois gagné les couloirs et escaliers de service que le brun se mit réellement à courir pour rattraper le temps infini qu'il croyait avoir perdu en chemin. Il se trouva bientôt dans une salle de classe familière, puis devant une porte qui l'était d'autant plus.

Ralentissant le pas, Ludovic prit le temps de sortir sa baguette de sa poche avant de faire, très lentement, pivoter le battant.

Aussitôt le seuil franchit, une petite armée de lueurs colorées vinrent l'accueillir pour l'éclairer, visiblement ravies de retrouver leur propriétaire, l'échevelé n'y prêta aucune attention, les repoussant d'un bref geste de baguette avant de s'avancer en prudence vers une des salles qu'il avait créé pour récupérer un petit globe de verre qu'il lança dans les airs. Aussitôt, le globe se mit à s'élever dans la grande chambre, ne tardant pas à revenir vers son maitre pour tomber au creux de sa main et lui afficher l'image de la serre qui se trouvait juste devant ses yeux. Ludovic reposa son bien, continuant sa progression jusqu'à la serre qu'il ouvrit d'un petit mouvement de baguette pour  s'assurer plus de discrétion. Rasant les murs puis les arbres, le brun avança petit à petit dans la végétation jusqu'à presser un peu le pas, légèrement affolé, en voyant dehors les imposantes armoires dans lesquelles il rangeait ses souvenirs. Qui que soit la personne qui était entré, ils allaient avoir beaucoup de comptes à régler. Lançant une seconde son esprit à la charge, le sorcier fut bien vite obligé d'abandonner, son don trop perturbé par la quantité astronomique de souvenirs qui emplissaient l'endroit et suffisaient à eux-seuls à lui donner la migraine. Tant pis, il faudrait procéder à l'ancienne.

Toujours aussi prudent, baguette en avant, le maigrichon descendit dans le bassin, s'assurant à chaque marche du petit escalier qu'aucun bruit suspect ne signalerait sa présence. Il ne tarda pas à arriver au coeur du problème, se retrouvant face à face avec le dos d'Oswin.

Ludovic marqua un arrêt, quelque peu surpris, enfin, si peu, avant de pointer sa baguette sur la jeune femme, baissant bientôt les yeux, son regard attiré par un petit objet fragile et précieux abandonné comme un déchet sur le sol.
Il y en avait des dizaines, des dizaines de petites fioles dérangées et bousculées, certaines répandues sur le sol, certaines tombées dans leurs étagères, certaines tordues, certaines touchées et, pire encore, le casier d'Hesper était ouvert. Sentant son sang ne faire qu'un tour, le français s'approcha en vitesse de la sorcière qui avait encore la tête plongée dans la pensine, se sentant une furieuse envie de la tirer de l'eau pour lui faire passer un très mauvais quart d'heure. Il s'en retint pourtant, non sans regret, songeant que tirer brutalement quelqu'un hors d'une pensine pouvait être dangereux. Aussi prit-il tant bien que mal patience, serrant un peu plus sa main autour de sa baguette qui commençait à dégager une chaleur outrée. Qu'avait-elle fichu bon sang ?! Ludovic s'approcha un peu plus, ramassant une des fioles vides abandonnée au bord de la pensine, pour lire l'étiquette de son contenu, se sentant d'autant moins tolérant alors qu'il déchiffrait la date et le sujet, malheureusement pour lui, il n'eut pas davantage le temps de s'indigner que la sorcière sortit enfin la tête de l'eau, le fixant tout juste une seconde avant de s'emparer brusquement de la fiole qu'il tenait à la main, comme espérant y trouver un nouveau souvenir qui serait moins "mauvais" que le dernier.

Brutalement, sans réfléchir, le maigrichon saisit la jeune femme à la gorge, juste en dessous de la mâchoire, avant de la pousser de toute ses forces en direction des escaliers, l'écartant brutalement de son bénitier.

— Je peux savoir ce que vous foutez là ?! rugit-il comme un tonnerre soudain, se plaçant entre la jeune femme et sa précieuse collection de fioles.

Il n'attendit même pas que la sorcière réponde pour braquer brusquement sa baguette sur elle, parant à toute forme de rébellion stupide, se retenant tout juste d'ajouter un stupefix à la menace.

— Vous allez me poser vos armes par terre, sortir de là et me faire le plaisir de m'expliquer quelle stupide idée vous a fait fouiller ma propriété privée ! Répondez ?! hurla-t-il, un peu plus fort.

Peine perdue, autant parler à un mur.

— Vous croyez que je fais ça moi peut-être ? poursuivit-il en continuant à toiser la brune de toute sa hauteur. Que je rentre chez vous pour saccager vos dossiers ? Vous croyez quoi ?! Comment vous êtes rentrée d'abord ? grinça l'échevelé. Personne ne peut rentrer ici ! Personne ne connait cette entrée, alors par la barbe de Merlin qu'est-ce que vous foutez là ?!

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MessageSujet: Re: The River of Life Mar 14 Nov 2017 - 21:19




The river of life
We're born alone, we live alone, we die alone.
Only through our love and friendship can we
create the illusion for the moment that
we're not alone.

Alors qu'elle allait recommencer son manège mécanique sans même se rendre compte de l'apparition qui lui était soudain parvenue, ce qu'elle avait une fraction de seconde pris pour une hallucination ou un autre de ces souvenirs qu'elle regardait un par un s'approcha brutalement d'elle, la prenant à la gorge en lui faisant écarquiller les yeux. Instinctivement, totalement revenue à la réalité, le regard de la brune s'assombrit alors qu'elle leva les mains pour attraper le bras de l'autre pour s'apprêter à lui faire l'une de ses prises dont elle avait le secret, mais ce fut peine perdue car il la repoussa bien trop rapidement à distance sans la ménager pour le moins du monde.
Tout se passa bien trop vite.
Elle n'eut même pas le temps de se redresser que l'autre rugissait déjà, s'approchant d'elle en braquant sa baguette vers elle alors que l'Auror elle même, comme en miroir, levait sa propre arme vers l'homme. Face à face, bras tendu, l'homme hurlant contre la brune qui ne comprenait même pas encore celui-ci qui lui faisait face jusqu'à ce visage qu'elle avait déjà tant vu ne lui revienne enfin.

- Ludovic... souffla-t-elle à peine perceptible.

Les yeux rouges, le souffle court, tremblante, ce nom passa en boucle quelques fois encore dans l'esprit de la jeune femme qui n'écouta rien de ce que l'autre lui dit, se pinçant les lèvres qui se tordirent progressivement en une grimace de tristesse tandis que progressivement la pression redescendait pour ne laisser place qu'à un vide presque plus effrayant encore. Et alors, alors même qu'elle n'était pas sûre que le français eut terminé, elle abaissa sa baguette pour faire un pas en avant et asséner une vive gifle qui siffla presque dans l'air.

- Je vous interdit de me reprocher quoi que ce soit ! gronda-t-elle les dents serrés, sur le point de craquer, pointant un doigt accusateur vers l'autre. Je vous interdit de me dire ce que je dois ou ne dois pas faire ! Pas maintenant, pas après ce que vous avez fait, pas après ça ! A son tour elle rugissait, fort, sans s'interrompre, et bien décidée à ne pas se laisser couper, tout à fait enragée mais surtout, tout à fait bouleversée. Vous n'avez rien à me dire ! Rien ! Vous partez, sans un mot à quiconque, pas seulement à moi, mais à tous ces gens qui se sont posés des questions, tous ces gens qui m'ont posé des questions dans l'espoir que je sache où vous vous trouviez ! Mais non ! Non vous vous êtes barrés sans rien dire, en nous laissant derrière alors que même votre satané meilleur ami ne croyait plus en votre retour ! rajouta-t-elle en le bousculant presque tant elle s'approchait de lui, reniflant de plus en plus. Vous êtes parti, comme si le monde ne comptait pas ! Comme le pire des imbéciles et des égoïstes de Grande-Bretagne ! Vous m'avez laissée ! Vous ne pouviez pas ! Pas... après ce que vous avez dit la dernière fois. Et moi, je me suis retrouvée comme une imbécile, l'Auror qui ne sert à rien, l'incapable ! Je suis venue jusqu'ici après des jours et des jours à me répéter que c'était une mauvaise idée, je ne voulais pas ! Et je... Alors vous... Vous...!

Elle se tût, les mots ne sortant plus alors qu'elle se trouvait à à peine quelques centimètres du visage de l'autre. Mais ce qui l'avait fait taire ce n'était pas la colère ni les mots qui lui manquaient, mais c'était plutôt la douleur qui à présent la retournait entièrement. De la déception, voilà ce que c'était, voilà ce qui la faisait hurler à présent comme un animal blessé qui craignait de laisser voir sa faiblesse. Elle ne lui en voulait même pas, et en l'observant de ses yeux remplis de larmes qui se refusaient à couler elle se rendait de plus en plus compte qu'elle n'était pas en colère contre lui.
Elle était déçue.

- Vous n'avez aucun droit de me dire ce que je dois faire ou non dans cette école. répéta-t-elle fermement bien qu'il n'y avait à présent plus que sa voix qui paraissait dure, se sentant de plus en plus sur le point de céder aux pleurs qui la prenaient à la gorge. Pas après ce que vous avez fait. termina-t-elle d'une voix qui mourut dans sa gorge.


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MessageSujet: Re: The River of Life Jeu 16 Nov 2017 - 16:41



The River of Life
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Ludovic avait agit vite, deux temps : repousser, désarmer. Il savait qu'en duels non officiels il n'en menait pas large face à une Auror, du moins tant qu'il jouait dans les règles. Il savait que la jeune femme ne manquait pas de ressources, pouvait lui casser un bras s'il avait le malheur de lui attraper l'épaule par surprise et aurait très bien pu le stupefixer - au mieux - en un battement de paupière s'il lui en avait laissé l'occasion. Aussi n'avait-il pas pris de risque, attaquant vite et bien pour prendre son adversaire par surprise et la mettre hors de portée de sa pensine et hors de portée de sa personne. Puis il avait sa baguette, prêt à parer à tout geste d'opposition, voyant sans surprise la brune lever sa propre arme en retour et tirant aussitôt chez lui un experliarmus expert qui eut tôt fait d'éliminer la menace. Le morceau de tremble gisait désormais bien loin, perdu dans un dédale de fioles que lui seul avait une chance de connaître à merveilles et la jeune femme se trouvait maintenant parfaitement inoffensive, bien disposée à l'écouter avec toute l'attention dont elle devait être capable dans ce genre de situation. Enfin, presque. Car il eut beau crier et se répéter la française à ses pieds ne parut pas l'entendre une seule seconde - ou, du moins, ne pas comprendre ce qu'il lui racontait - et si ce comportement l'agaçait déjà souvent avec ses élèves, avec l'Auror et dans cette situation, ce total manque de compréhension, voir de respect, eut tôt fait de donner au professeur l'irrépressible envie d'attraper cette brune par le col pour la tirer hors de sa chambre à coups de pieds aux fesses et de la larguer dans le couloir avec sa seule petite baguette pour toute consolation.
Il ne le fit pas, il était galant.

Il s'ébranla tout de même, bien décidé à raccompagner la française dehors plus ou moins brutalement - en tous cas sans coups de pieds - perdant aussitôt le peu d'ascendant qui lui aurait été nécessaire pour éviter le mouvement d'humeur qui prit subitement la jeune femme lorsqu'elle fonça sur lui. Il parvint tout juste à retenir son bras gauche et son buste, essayant de la garder à distance, mais cela n'empêcha pas le moins du monde l'Auror de lui décocher une droite claquante qui lui aurait sans doute fait monter les larmes aux yeux à une autre époque.

La joue cuisante, l'ancien Serdaigle fit de son mieux pour ne pas perdre la face, plaquant une main contre son visage par habitude avant de reculer lui-même d'un pas, trouvant la méthode plus efficace pour retrouver un peu de marge de manoeuvre que tenter de faire reculer cette furie en colère. Il ne se démonta pas pourtant, foudroyant la brune du regard en sentant aussitôt venir les réparties acides que les reproches de l'Auror faisait naître en lui. Qu'avait-il fait hein ? Et elle alors, qu'avait-elle fait ? Quelques semaines plus tôt seulement et elle semblait avoir déjà tout oublié du genre de numéro qu'elle lui avait servit pour de bêtes histoires, au moins aussi puériles que les siennes. Pour lui, elle n'avait aucun droit de lui faire des reproches, pour lui, on se taisait lorsqu'on avait fait la même erreur pas même un mois auparavant, mais non, la brune continuait. Il était un imbécile ? Le pire égoïste de Grande-Bretagne ? Très bien, car, non, le monde ne comptait pas. Non, ses proches ne comptaient pas, surtout lorsqu'ils n'étaient la que pour lui reprocher de vivre sa vie comme il l'entendait. Le monde était une farce, une aberration, sa vie une simple tâche dans un tourbillon de couleur qui virait sans cesse du blanc au noir quoi qu'on ait pu y faire alors qu'est-ce qu'il pouvait bien en avoir à faire des dégâts qu'il provoquait ? Qu'est-ce qu'il pouvait bien en avoir à faire de tous ceux qu'il se disait aimer ? Rien, rien de plus que n'importe quel rocher nu auprès duquel il ne faisait pas meilleur d'aller.

Tant de choses que le maigrichon aurait bien aimer déballer à l'Auror lorsque cette dernière se retrouva soudain au bord de la crise de nerfs. Les larmes aux bords des yeux, le ton de la voix... à si peu de distance du visage de la brune, l'échevelé ne pouvait pas ignorer la détresse qui secouait Oswin à ce moment là et, si d'habitude il restait plutôt aveugle à ces choses là lorsque sa colère grimpait, cette fois il la sentit s'effacer bien loin en lui, chassée par une toute autre sensation beaucoup plus ravageuse, beaucoup plus pernicieuse : le regret. Face à l'Auror, le brun se sentit soudain le devoir de la prendre dans ses bras, de la réconforter comme il l'avait déjà si souvent fait, de lui montrer qu'il restait là même s'il avait pu partir, mais il n'osa pas, pas tout de suite, ses mains remuèrent légèrement, cherchant à entourer les bras de la brune, mais sa simple hésitation suffit à laisser la jeune femme poursuivre, chassant cet élan de gentillesse, du moins suffisamment pour qu'il parvienne à conserver les apparences et se retourne, s'écartant de l'Auror pour ramasser distraitement les fioles vides qui traînaient sur le bord de la pensine. Ranger pour ne pas penser, ranger pour ne pas culpabiliser.

- Et qu'est-ce que j'ai fait ? Hum ? répondit finalement le brun comme s'il cherchait à repousser encore l'Auror. Je suis parti, la belle affaire. Vous avez fait la même chose et vous êtes revenue. Si vous voulez savoir pourquoi j'ai fait ça demandez-vous pourquoi vous l'avez fait, poursuivit-il, semblant presque de plus en plus calme. Non, je n'ai pas pensé à vous, je n'ai pas pensé à mes proches et à cet endroit encore moins, parce que qu'importe que je m'en soucis ou non, le monde il ne se souvient que de ce qu'on fait se mal. Je peux passer des années à ne faire que le bien autour de moi il n'y a jamais que les faux pas qui ressortent. J'avais besoin d'une pause, de vacances, de réfléchir un peu sans qu'on vienne constamment m'empêcher de respirer. Vous pouvez comprendre ça non ? fit-il encore en commençant à lire les étiquettes sur les fioles, réprimant tant bien que mal un nouvel élan de colère en voyant ce que l'inquisitrice avait fouillé. Quoiqu'il en soit ça ne vous donnait pas le droit de regarder mes souvenirs.

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