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the night is dark and full of terrors (lily and sirius)

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and now he's so devoid of color
APARECIUM : 20/06/2017
HIBOUX : 178
CREDITS : alaska.
AVATAR : avan handsome jogia.
DOUBLE COMPTE : jonas parkinson, le gamin oublié.
PSEUDO : SCHREAVE (leslie).
AGE : vingt-et-une années, la jeunesse ternie.
SANG : une pureté implacable dont il se moque éperdument.
ANCIENNE MAISON : lui l'exception, destiné à devenir une vipère, réparti au sein des lions.
SITUATION : un célibat éternel dans lequel il se complait.
IDÉOLOGIE : membre de l'ordre du phénix, en guerre.
MÉTIER : auror déchu.
ROLE PLAY : (open)


MessageSujet: the night is dark and full of terrors (lily and sirius) Sam 24 Juin 2017 - 14:53



the night is dark
and full of terrors

Les journées s’éternisent et il peine à les voir passer. L’impatience le gagne, ses doigts s’agitent, martelant toutes les surfaces planes qui se trouvent à portée de mains. Il aimerait sortir, il aimerait agir. Tout plutôt que de demeurer ainsi prisonnier entre quatre murs à nourrir des rêves de vengeances d’une violence inouïe. Son travail lui manque. Pas tant les devoirs d’un Auror en lui-même, non, mais plutôt le fait d’avoir quelque chose à faire. Il aimerait pouvoir mettre sa cervelle sur pause, Sirius. Accéder à un interrupteur à même de le déconnecter de toutes les émotions qui le rongent. Il aimerait tellement de choses. Tant de choses qu’il n’aura jamais. Il n’a que trop peu à quoi se rattraper, Sirius et il doit composer avec. Composer avec cette attente qui le ronge. Composer avec tout ce qu’il ne peut faire, tout ce qu’il ne peut changer. Les heures s’écoulent et il se fait l’effet d’être un lion en cage. Il a l’impression d’être de retour chez ses parents, coincé dans sa chambre, prisonnier d’une existence qu’il exècre. Il est plus libre à présent, mais à peine. Il reste captif, l’enfant rebelle. Prisonnier de la colère sourde qu’il éprouve, prisonnier des pulsions meurtrières qui l’habitent.

Lily est partie bosser toute la journée. Sirius s’en réjouit, tant pour elle que pour lui. Outre le fait qu’elle est mieux là-bas, son attention accaparée par son boulot, plutôt que de rabâcher comme lui-même le fait, il préfère aussi se savoir hors de son champ de vision quand le désespoir le gagne. Il répugne à se laisser aller devant elle. Il est sensé prendre soin d'elle et non pas l'inverse. Les heures de la journée s’égrènent, à la fois atrocement longues et effroyablement courtes. Au final, la nuit commence à tomber sans qu’il ne s’en préoccupe vraiment. Comme déconnecté, il a élut domicile dans le salon. Toute la maison lui semble inhospitalière dans l’obscurité naissante. Il ne s’en préoccupe guère. Sur la table basse, les bouteilles vides côtoient celles qui contiennent encore un maigre fond de liquide ambré. Il enchaîne les verres, vaguement apaisé par la douce brulure de l’alcool dans sa gorge, sentiment de paix aussi fugace qu'addictif. Son regard noir se trouble un peu alors qu’il ne se donne même pas la peine de rehausser les lumières de la pièce. Il se complait ainsi en cet instant, dans le noir tombant. La maison se mue en un tas d’ombres, emplies de mystères, de secrets et de noirceur. Dans les ténèbres de son esprit embrumé, un visage transparait, vision persistante, incandescente. Peter. Peter dont il connaît les traits par coeur, Peter dont il rêve du corps sans vie. Et il en est malade, Sirius. Malade de lui avoir accordé sa confiance. Malade d'avoir laissé s'insinuer en lui le poison de cet être néfaste. Malade de ne pas avoir compris avant qu'il ne soit trop tard. Avant qu'Harry ne perde la vie dans la mêlée. Avant que James ne prenne la fuite. Il aurait pu éviter cela, c'est ce qu'il se répète chaque jour et à chaque instant. Il se torture ainsi, à la pensée de tout ce qui aurait pu être, à la pensée de tout ce qui ne sera jamais. Harry ne grandira pas. Mort avant même d'avoir vécu. Lily portera toujours ce deuil, celui du bébé qu'elle a porté et qui s'est vu brusquement effacé de la surface de la terre et il en va de même pour James. James qu'il ne reverra peut-être jamais. James qui ne sera peut-être plus jamais le garçon dont il garde un souvenir qu'il sait indélébile. Peter, de par sa trahison, les a tous détruits. Il est anéanti, Sirius. Amputé d'une part de lui-même, ravagé par le poids d'une culpabilité dont il ne parviens pas à se défaire. Il fulmine, comptant sur l'alcool pour taire sa souffrance, en vain. Elle s'émousse parfois, vaguement apaisée par le breuvage souillé, mais jamais elle ne s'évapore. Jamais elle ne le déleste. Chaque jour, il ouvre les yeux pour sentir ce poids sanguinolent sur sa poitrine et il ne vit plus que dans l'optique de s'en débarrasser. Alléger ce fardeau, apaiser sa conscience, trouver une paix à présent hors de sa portée. Prendre soin de Lily l'aide, mais ses démons perdurent. Ils ne sont jamais loin. Ses fantasmes sanglants ne le distancent jamais et ils tendent toujours à ressurgir quand l'obscurité l'enveloppe. Parfois, il les laisse venir à lui. Il laisse les ténèbres l'ensevelirent et il jubile en s'abandonnant à des rêves de sang. Un sourire vicié, oscillant entre tristesse et folie macabre, tord ses lèvres alors qu'il s'imagine en face du traitre, du sale rat en lequel il a eut la bêtise incommensurable de voir un allié, baguette en main, empli de pied en cape d'une rage sourde, dévastatrice. Ses lèvres fines qui se desserrent et son regard marron glacé, amputé de toute forme de vie, alors qu'il prononce les mots à même de mettre fin à son supplice. Avada Kedavra. Tout abandonné qu'il se trouve être à son délire mortel, il entend à peine la porte s'ouvrir, témoignant le retour de sa colocataire.
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MessageSujet: Re: the night is dark and full of terrors (lily and sirius) Lun 26 Juin 2017 - 19:18



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Le maquillage moldu ou sorcier, tu n’en avais jamais été une fanatique. Cependant, depuis la mort d’Harry tu n’avais jamais utilisé autant d’anticernes. Tu ne t’étais pas réveillée quand le soleil s’était levé, tu t’étais contentée de te lever, les yeux ouverts depuis des heures à écouter les secondes passer les unes après les autres. Tu les entends sur cette horloge du salon dans cet appartement qui n’est pas le tient mais qui est devenu ton refuge. Dormir la porte fermée te fait peur. Enfin dormir, c’est un mot que tu as presque oublié, il te semble si doux pourtant mais jamais dormir n’a été aussi difficile, aussi douloureux qu’aujourd’hui. Tu te souviens d’un temps où tu rêvais, d’un monde meilleurs, d’un monde où tu amènerais Harry prendre le train pour Poudlard, où tu le verrais les yeux pleins d’étoiles te raconter ses premières aventures. Mais tout cela ne restera toujours qu’un rêve ou alors un cauchemar, un cauchemar dessiné pour te faire ressentir un peu plus chaque jour ce deuil, cette tristesse qui ne te quittera jamais. Une fois habillée, tu grignotes ce qui te passe sous la main, une pomme et un biscuit en buvant un thé. Tu ne fais plus que grignoter aujourd’hui, rien ne te tente. Tu sais que tu dois faire peine à voir, tes pantalons sont tous trop grands, ta mère serait certainement horrifiée. Enfin, elle l’aurait été un jour si tu avais été « normale ».

Sirius dort encore quand tu fermes la porte ou du moins il est dans sa chambre. Toi aujourd’hui tu ne fermes les yeux plus que par épuisement et tu ne peux espérer les fermer plus de deux heures que quand Sirius est là, que quand il te prend dans ses bras et pendant quelques heures tu as l’illusion d’être en sécurité, pendant quelques heures tu peux imaginer que c’est James qui est là. Le réveil est toujours un électrochoc mais les cernes sont un peu moins marqués ces jours là. Tu arrives au moment où arrivent des dizaines de blessés d’une attaque de Mangemorts. Une de plus, voilà la réaction de tous aujourd’hui. Une résignation qui te fait froid dans le dos quelques secondes, te rappelant ce pour quoi tu te battais. Et puis la fatigue reprend le dessus, la lassitude. Ton combat t’avait pris ton fils, enfin pas vraiment mais tu n’arrivais à le voir que comme cela. Remettre les pieds à l’Ordre, oui, c’est ce que tu devrais faire mais tu tremblais déjà rien que d’y penser. Un homme appelant à l’aide te fit sortir de ta transe et tu te précipitais pour l’aider. Aujourd’hui, personne ne mourra, aujourd’hui tu pourras les sauver. Voilà tout ce qui t’importe, sauver des vies, les sauver encore et encore. Aider ceux qui ont besoin d’aide, leur donner confiance en un avenir dans lequel tu ne crois plus. Les pertes ont été trop importantes, trop lourdes depuis ta sortie de Poudlard. Tu t’actives, tu ne penses plus, tu agis. Il faut réfléchir, se concentrer et cela te suffit. La journée passe trop vite. Tu essayes de voir si un autre médicomage ne s’est pas désisté pour le service du soir mais non, ils sont tous là. Alors tu traînes dans les couloirs, tu ne veux pas partir, c’est trop dur de penser. Mais ton chef finit par voir ton petit jeu et en soupirant il te dit : « Rentre chez toi Lily. » Tu n’as pas le choix, tu n’as plus ta place ici aujourd’hui.

Tu transplanes, en quelques secondes tu es de retour devant l’appartement de Sirius. Le tient aussi un peu depuis un mois même si tu es incapable de le considérer comme tel. Tu ne frappes pas, tu as perdu l’habitude te contentant de rentrer. La porte refermée derrière toi, tu es assaillie par une odeur d’alcool qui sur ton estomac vide te fait retenir un haut le cœur. Tu mets ta main devant ta bouche avant de te diriger vers les fenêtres que tu ouvres en grand sous les grognements de Sirius. Vous vous effondrez un peu plus tous les deux chaque jour, une descente aux enfers qui paraissait inévitable et pourtant … Tu viens attraper la bouteille qui se tient près du canapé avant de lui dire : « Ca suffit pour aujourd’hui. » Ton remède à toi c’était le travail, Sirius c’est l’alcool. Tu n’as pas essayé de l’arrêter encore mais ce soir tu n’as pas envie de le voir plus saoul qu’il ne l’est. « Ca les fera pas revenir. » Dis-tu presque dans un murmure qui résonne dans cet appartement vide et silencieux. Ni Harry, ni James, ni tous ceux qui vous abandonnent un à un. « Je … Je vais faire à manger. » Oui, tu le faisais avant, tu devais le faire. Tu trembles, les forces te quitte, il faut que tu manges, au moins un peu ce soir.
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MessageSujet: Re: the night is dark and full of terrors (lily and sirius) Lun 26 Juin 2017 - 21:41



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« Ca suffit pour aujourd’hui. » Il ne l’a pas entendu entrer. Il n’entend rien. Il ne voit rien. Il est là sans être là. Enfermé dans les méandres de son esprit, il se trouve bien loin, loin de tout, prisonnier de fantasmes sanguinaires qui l’empoisonnent. La voix de Lily le tire de ses rêveries ensanglantées. Doucement, difficilement, il émerge, le regard trouble, vide. Mentalement, il s’insurge, mentalement, il s’insulte. Il ne veut pas être vu ainsi. Il a conscience de son état de loque et s’il se contre fiche des rumeurs justifiées quant à son alcoolisme et la fin brutale de sa carrière d’Auror, il ne tiens en revanche pas à faire l’étalage de sa dépravation physique comme mentale devant Lily. L'esprit embrumé, il se passe une main sur le visage, se frottant les yeux, comme pour s'arracher à sa léthargie. Douloureusement, il remonte à la surface, reprend pied avec la réalité. Lily le regarde, une bouteille d'alcool à la main, qu'elle tiens hors de sa portée. Elle le réprimande, le remet gentiment à sa place et il a presque l'impression d'être de retour sur les bancs de Poudlard tout à coup. C'était plus simple alors et ça lui manque. Ca lui manque vraiment. Il n'avait jamais eut une vie particulièrement rose Sirius, en grande partie du fait de ses problèmes familiaux qui l'avaient conduis à fuir la maison de ses parents pour trouver refuge chez James à l'âge précoce de seize ans, mais au moins éprouvait-il un bref semblant de sécurité à l'époque où il étudiait encore dans l'enceinte rassurante du château. Lui l'adolescent rebelle, perdu dans l'enfance. Il avait grandit à présent. Il s'était retrouvé projeté dans l'âge adulte de la pire des manières. La nuit du meurtre d'Harry et de la trahison de Peter était un souvenir particulièrement vivace dans sa mémoire, une série d'images qu'il se repassait continuellement quand bien même chaque visionnage lui arrachait un peu plus le coeur. Un souvenir qu'il tuerait pour oublier. Un souvenir qui faisait presque passer sa fugue passée pour un bon moment. Un souvenir dont il savait pertinemment qu'il l'accompagnerait toujours.

Prisonnier, voilà ce qu'il était Sirius. Libre, physiquement parlant, mais entravé de toutes parts malgré tout. Entravé par la peine, entravé par la colère. Une rage dévorante, sanguinaire, qu'il ne parvenait à étouffer qu'en s'imbibant d'alcool comme il l'avait fait des heures durant ce jour-là. Outre l'alcool, la présence de Lily aidait aussi. Pour elle, il essayait de tenir bon. James n'était pas là et de ce fait, Sirius se sentait pour ainsi dire le devoir de prendre soin de sa femme. Veiller sur elle quand son meilleur ami, lui, ne le pouvait pas. Ainsi, il s'efforçait de toujours répondre présent, laissant Lily s'endormir dans ses bras, demeurant pour elle un pilier. Bien sûr, ce soutien demeurait parfaitement réciproque quand bien même Sirius répugnait à afficher son propre désespoir devant la jeune femme. Il lui semblait normal de prendre soin d'elle, mais il peinait plus à accepter l'idée qu'elle en fasse de même. Elle avait suffisamment souffert comme ça et il n'aspirait en rien à être un poids pour elle. Ce fut son désir de garder la face devant Lily qui l'arracha à la sensation d'engourdissement provoquée par l'alcool. « Ca les fera pas revenir. » Harry. James. La tristesse de Lily le frappe de plein fouet, renforcée par la sienne. Ils en font un beau duo de bras cassés tous les deux. L'un comme l'autre brisés par la vie, le coeur lacéré de toutes parts par les pertes subies. Harry est parti, il est mort avant d'avoir vécu et quant à James et bien... Il pourrait tout aussi bien être mort. Peut-être l'est-il. Non. Sirius refuse une telle idée. Il ne l'envisage même pas. Il le saurait si c'était le cas. Il l'aurait appris d'une façon ou d'une autre et puis, il le sentirait. Il était lié à James et ce plus étroitement qu'il ne l'avait jamais été avec personne. Non. James devait vivre. James était vivant car il le fallait. Il ne pouvait pas les abandonner. Il ne pouvait tout simplement pas leur faire ça. « Je … Je vais faire à manger. » Elle a l'air faible. Elle est faible et il l'est tout autant. Ils mangent sans trop manger l'un comme l'autre et dorment sans trop dormir. Ils vivent à peine. Ils se maintiennent en vie, tout au plus. Ignorant son esprit embrumé, Sirius se lève, s'arrachant au confort contestable du canapé au cuir usé sur lequel il a pris place des heures plus tôt. « Je vais m'en occuper. » C'est mon rôle. Faut bien qu'il serve à quelque chose. D'une démarche un peu chancelante, il quitte le salon pour regagner la cuisine, une petite pièce judicieusement agencée. D'une main, il attrape sa baguette dans la poche du pantalon de survêtement dans lequel il passe l'essentiel de ses journées depuis qu'il s'est fait virer. Ses cheveux soyeux tendent à devenir gras (il pourrait presque rivaliser avec Rogue) et il est mal rasé, tant d'indices trahissant l'abandon auquel il s'adonne. Il a perdu pied, Sirius et c'est pour Lily qu'il s'accroche. Il se rattache à ce qu'il peut. Il se rattache à ce qu'il a. Agitant sa baguette dans un geste gracieux qui tiens désormais du réflexe, il commence à ouvrir les tiroirs pour passer en revue le contenu de ces derniers. « Ta journée s'est bien passée ? » Question purement rhétorique. Ils n'ont pas connu une seule bonne journée depuis cette horrible nuit et celle qui viens de s'écouler ne fait pas exception.

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MessageSujet: Re: the night is dark and full of terrors (lily and sirius) Jeu 29 Juin 2017 - 8:38



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Vous n’êtes plus que l’ombre de vous-même. Toi, Sirius et tant d’autres. Cette guerre faisait petit à petit disparaître tous vos sourires, tous vos moments de bonheurs qui les uns après les autres se brisaient, aussi fragiles que la fine couche de glace qui se formait tous les matins sur les fenêtres de l’appartement. L’hiver a fini par arriver, laissant derrière lui les sourires de l’été et l’automne catastrophique. Ce n’est pas la première fois que tu rentres et que tu vois Sirius dans cet état. Il essaye de te le cacher, de cacher cette souffrance et ce désespoir qui vous ronge tous les jours un peu plus de l’intérieur. Pourtant tu es là, assistant chaque jour un peu plus à sa chute sans faire un pas. Trop égoïste certainement, trop focalisée dans ta propre souffrance, tu n’es pas capable de laisser de la place à celle des autres. Au fond de toi, tu sais qu’il va falloir trouver quelque chose, quelque chose pour sortir de ce cercle vicieux qui t’entraîne toi et d’autres de plus en plus vers le fond. Tu trembles tous les jours un peu plus, à bout de force. Incapable de dormir, seulement capable de grignoter, tu fonds un peu tous les jours mais jusqu’à quand ? Tu regardes tour à tour Sirius et cette bouteille que tu tiens à la main. Elle est presque vide, allant de pair avec l’état de ton ami. Toi il te restait ton travail pour avancer, Sirius avait perdu le sien, certainement pour cette même raison que tu tenais dans ta main. La vérité c’était que tu n’avais jamais demandé. Et ça te brisait le cœur parce que même si tu essayais de les oublier les souvenirs étaient bien là, les souvenirs d’un Sirius qui aurait tout fait pour se battre, pour rire aussi. Tu ne sais pas la dernière fois que vous avez ri, cela doit remonter à bien longtemps, quand Harry était parmi vous.

Rien de ce que vous pouviez faire allait vous ramener Harry, il fallait simplement accepter cette réalité. Toi tu n’étais tombée dans aucune drogue préférant te plonger dans le travail. Peut-être que cela te permettait d’y voir plus clair en tout cas, ton cœur se serra devant le regard perdu de Sirius. Non, Harry ne reviendra pas, jamais. Quant à James tu étais bien incapable de le dire et tu n’avais pas la force d’y penser. Tu décides de préparer à manger, il va falloir que vous mangiez un peu au moins dans l’espoir de pouvoir vous lever le lendemain matin. Tu trembles, tu trembles de plus en plus en ce moment. Tu es épuisée, épuisée de vivre cette vie qui n’a plus aucun sens. Toi qui t’es toujours battue, qui a toujours su où aller, aujourd’hui tu n’a juste plus envie, tu n’as plus la force non plus. « Je vais m'en occuper. » Tu le regardes se lever, titubant vers la cuisine. Ta baguette est sur la table, elle attend que tu l’attrapes. A la place tu t’assois et tu attends. Sirius agite la sienne et c’est bien suffisant. Tu ne peux t’empêcher de le fixer, cet homme avec toujours un sourire dans le regard, aujourd’hui il ne restait plus que du brouillard. Vous ne pouviez pas continuer ainsi, il allait falloir faire quelque chose, vous reprendre en main d’une manière ou d’une autre. Perdue dans tes pensées, la question de Sirius te ramène à la réalité : « Ta journée s'est bien passée ? » Tes journées s’enchaînent les unes après les autres sans réellement que tu puisses les distinguer. Tu soignes les patients qui passent devant toi sans t’attarder sur leur visage, sur leurs blessures. C’est presque mécanique et tu n’as pas envie de discuter. « Il y a eu une nouvelle attaque de Mangemorts, les blessés sont tous arrivés en même temps, ça m’a occupé toute la journée. » Dis-tu sans réellement répondre à sa question. Tes journées ne se passaient jamais réellement mal en soi. Des odeurs de nourriture commencent à envahir la cuisine. L’appétit viens en mangeant dit-on et tu ne peux que l’espérer, pour l’instant tu n’as pas plus envie de manger. Le silence s’installe de nouveau entre vous, il n’est pas pesant, parler pour ne rien dire est quelque chose que tu ne sais plus comment faire. « On peut pas continuer comme ça Sirius. » Dis-tu sentant une larme couler sur ta joue. Tu ignores comment sortir de ce deuil, de cette tristesse, de cette souffrance profonde mais tu es certaine que vous ne pouvez pas continuer à survivre un peu tous les jours, attendant que les choses se passent. James était parti en quête de justice, une justice qu’il n’aura qu’en devenant un meurtrier s’il ne meurt pas avant. Et vous vous étiez en train de mourir à petit feu alors que vos démons gagnaient chaque jour un peu plus de terrain.
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MessageSujet: Re: the night is dark and full of terrors (lily and sirius) Jeu 29 Juin 2017 - 12:51



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Tout au long de son existence, Sirius s’était toujours fait l’effet de détonner en ce monde. Il était né dans une famille prônant la pureté du sang et n’avait jamais réussi à entrer dans le moule construis par ses parents, persistant à aller à l’encontre de la moindre des opinions défendues par ces derniers. Sa répartition parmi les lions à l’âge de onze ans l’avait définitivement catalogué aux yeux de ses pairs comme une bête de foire, une sorte d’erreur de parcours. Lui, l’héritier Black, le petit garçon tant attendu, c’était avéré être une source de déception profonde et intarissable. Si Sirius s’était toujours efforcé de feindre le contraire en enchaînant notamment  les provocations, ses plus proches amis n’étaient pas sans savoir qu’il avait beaucoup souffert de ce rejet. Il y avait quelque chose de foncièrement douloureux dans le fait de se voir ainsi rayé de son propre art généalogique et considéré comme un pestiféré par les personnes vous ayant mis au monde. Oui, il avait expérimenté la douleur et l’abandon, des émotions avec lesquelles il tâchait encore aujourd’hui de composer, mais il ne s’était jamais senti aussi effondré qu’à présent. La trahison de Peter, le meurtre d’Harry, le départ de James… Tant d’évènements qui l’avaient brutalisés, lacérant son cœur, le détruisant de l’intérieur. Il avait toujours tenu le choc jusqu’ici, même après avoir quitté la maison de ses parents à l’âge de seize ans, même quand il avait eut l’impression que le monde entier s’acharnait contre lui. En dépit de toutes ses difficultés, il avait toujours réussi à serrer les dents et à relever la tête pour poursuivre le combat. Il ne pouvait pas se permettre de baisser ses bras, c’était ce qu’il s’était toujours rabâché.

Son état de détresse actuel était donc assez inédit. Il n’était jamais tombé aussi bas et il avait toutes les difficultés à se relever. Au contraire, loin de renaître de ses cendres, il persistait à s’embourber, noyant sa douleur dans l’alcool, se plongeant peu à peu dans un état de léthargie si profond qu’il craignait de ne plus pouvoir s’y arracher. Paradoxalement, la même rage qui le rongeait de l’intérieur lui permettait de tenir debout, d’avancer un pied devant l’autre. Lily se débrouillait un peu mieux que lui, trouvant refuge dans son travail quand Sirius lui côtoyait plutôt les fonds de bouteille. Elle n’allait pas mieux que lui cependant. S’il ne parvenait plus à dormir, elle-même ne connaissait de nuit sans cauchemars que quand il l’accompagnait dans le sommeil. S’il ne se réjouissait guère de la situation, il éprouvait tout de même une once de satisfaction bienvenue à réussir à apaiser Lily, ne serait-ce que quelques instants, le temps qu’elle parvienne à se réfugier dans un sommeil laborieux et agité. Cela lui conférait le sentiment de faire au moins quelque chose de bien. Ainsi, il n’était pas totalement inutile et puis c’était aussi une façon d’honorer son amitié avec James, même à distance. Soutenir son meilleur ami alors même qu’il ne l’avait pas vu depuis ce qui lui semblait remonter à une éternité. A l’instar de celui causé par la disparition d’Harry, la disparation de James avait laissé un trou béant dans le cœur de Sirius, un manque auquel il n’était pas habitué et qui contribuait à lui donner l’impression qu’il n’était rien de plus qu’une coquille vide désormais.

Sirius n’avait pas fin, à l’instar du sommeil, il avait perdu tout son appétit. Il avait toujours été assez fin, mais cette caractéristique physique s’était accentuée et il flottait un peu dans ses vêtements. Se nourrir était la dernière de ses préoccupations, mais il concéda à se faire violence pour Lily et lui. Agitant sa baguette, il commença à rassembler de la nourriture. Il ne comptait pas se lancer dans une préparation compliquée et se contentait en somme de faire les fonds de tiroir. Interrogeant Lily sur sa journée, il se prépara d’ores et déjà un déluge de mauvaises nouvelles et cela ne manqua effectivement pas. « Il y a eu une nouvelle attaque de Mangemorts, les blessés sont tous arrivés en même temps, ça m’a occupé toute la journée. » Il ne tique même pas. C’est tout juste s’il réagit. La lassitude le pèse. Le monde se déchire, le monde se fissure et son sentiment d’impuissance l’étouffe. Il brule d’agir. Sa soif de vengeance est telle qu’il ne parvient à la maintenir qu’à grands renforts d’alcool. Une part de lui aimerait fuir, retrouver James. Il aimerait lui aussi laisser libre cours au tumulte d’émotions qui l’oppresse tellement. Il est fatigué de lutter contre toute la haine vorace qu’il sent gronder en lui, mais ne parvient pas à s’y résoudre. Son cœur meurtri est divisé, son esprit désossé. Alors que des images de corps meurtris par l’attaque se succèdent devant son regard terne, il continue à s’exécuter, cuisinant d’un air absent, sa baguette s’agitant mollement dans les airs. Ses mouvements sont mécaniques, dominés par l’habitude. Son attention est loin de tout cela, comme souvent.

« On peut pas continuer comme ça Sirius. » A ces mots, il se retourne vers elle pour une voir larme roulant sur sa joue. A cette pensée, le cœur du Black déchu se serre. Il ignore quoi faire. Il ignore quoi dire. Il n’est pas doué pour ça. Il ne sait pas comment l’apaiser quand lui-même est à l’agonie. A nouveau, son inutilité le terrasse, pompant tout l’air de la pièce. « Je sais. » Bien sûr qu’il le sait. Ils ne peuvent pas continuer ainsi, pas alors que rien de tout cela ne leur ramènera Harry, ni James. Il en a conscience Sirius, sans réussir pour autant à trouver la force de se remettre sur pied. Il ploie sous le poids qui l’accable. « Je suis désolé, Lily. » Désolé de tout. Outre la colère et la douleur engendrée par le deuil, sa culpabilité le terrasse. Il pourrait s’excuser durant des heures qu’il n’en éprouverait aucun soulagement. C’est ta faute. Une affirmation qu’il se rabâche chaque jour et qui obstrue tous ces sens. Il ne saurait dire pourquoi il s’excuse ainsi. Il ne saurait choisir une raison. Il y en a tellement. Désolé d’avoir accordé ma confiance à Peter, désolé de ne pas avoir pu protéger Harry quand il était là, désolé de ne pas réussir davantage à te protéger à présent, désolé de ne pas avoir pu retenir James, désolé pour tout ce que je fais et tout ce que je ne fais pas. Désolé.

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MessageSujet: Re: the night is dark and full of terrors (lily and sirius) Sam 1 Juil 2017 - 14:24



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Tu avais compris très tôt, peut-être avant beaucoup de tes camarades, que l’insouciance permise dans l’enceinte de Poudlard s’arrêterait là pour vous. Voilà une insouciance à laquelle tu n’avais jamais réellement goûtée car les insultes contre les nés-moldus étaient tombées dès ton entrée à l’école des sorciers. Tu avais toujours encaissé, n’avait rien dit. Au départ, du haut de tes onze ans, c’était l’incompréhension qui avait primée. Pourquoi est-ce que tu serais une moins bonne sorcière parce que tes parents ne sont pas sorciers ? Cette question avait de nombreuses fois tourné dans ton esprit, te poussant tous les jours un peu plus à travailler pour leur prouver à tous que tu pouvais y arriver. Mais les années avaient passé, tu avais compris à quel point cette question du sang qui coulait dans vos veines avait pris de l’importance quand tu as perdu Severus. Tu n’as jamais parlé de cette amitié avec James ou avec les Maraudeurs. Quand tu as enfin cédé aux avances de James, ton amitié avec Severus était morte depuis longtemps. Et pourtant, c’est à ce moment là que tu as compris, que tu as réellement pris conscience que toutes ces attaques allaient mener à bien plus que de simples insultes échangées sous la protection des murs de l’école. Et aujourd’hui, aujourd’hui cette guerre t’a tout enlevé. Il ne te reste plus rien pour te raccrocher. Un jour peut-être, si cette guerre se termine on se souviendra de vous, de cette génération sacrifiée, condamnée à souffrir encore et encore. Et tout ça pour du sang pur, un concept qui est en train de tuer le monde des sorciers à petit feu.

Il ne te reste plus que l’option de la survie, c’est la seule chose qui te reste. Essayer de dormir pour reprendre des forces, essayer de manger pour ne pas t’effondrer. Cela semblait si simple dit ainsi. Tu savais ce que tu avais à faire, ce n’était pas le problème. Tu étais simplement incapable de le faire, ne pouvant oublier la perte d’Harry, la perte de cet enfant qui devait être un bonheur de plus pour James et toi et qui était en train de vous séparer et de vous éloigner un peu plus. Plus les jours passaient sans nouvelle de ton mari, plus tu te demandais à quoi rimait cette situation. Se venger, voilà de quoi il avait parlé dans ce mot qu’il t’avait laissé. Il n’était pas le seul qui voulait se venger, les yeux de Sirius brillaient de nouveau seulement quand il parlait de tuer Peter. Le reste du temps il semblait perdu dans une tristesse qui s’abattait sur lui sans lui laisser de répit. Toi aussi tu avais envie de faire souffrir Peter mais il y avait d’autres moyens que la mort pour le faire. La mort c’était tellement rapide, trop rapide. Non, tu veux priver Peter de la seule chose que tout être humain recherche dans sa vie, tu veux le priver d’amour. Il a déjà perdu ceux de ses anciens amis, il n’en trouvera pas chez les Mangemorts, tu sais déjà où il va aller le chercher et tu n’hésiteras pas à frapper fort s’il le faut. Tu es prête à mener ce combat, vicieusement peut-être mais tu es prête. Le tuer ne te donnera aucune satisfaction, tu ne sais très bien.

Tu réponds à la question de Sirius sur ta journée, peu surprise qu’il ne te réponde pas. Les attaques de Mangemorts sont devenues presque quotidiennes. C’est le genre de nouvelle qui se banalise, terrorisant les sorciers, les incitant à vivre dans la peur. Toi, la peur tu ne sais pas ce que c’est. Tu ne penses pas que tu auras peur de nouveau un jour. Non, c’est la tristesse qui te brise toujours un peu plus, ton incapacité à continuer à te battre. Tu prends place autour de la table, jouant avec la nappe que tu as posé dessus quelques jours plus tôt après t’être promenée dans le Londres moldu. Il est là ton échappatoire, ce monde qui t’a un jour rejeté et dans lequel tu retournes de temps en temps. Et puis tu finis par faire le constat qui fâche, celui que vous auriez dû faire il y a bien longtemps mais auquel tu ne sais comment remédier. « Je sais. » Des larmes coulent sur tes joues alors que Sirius plonge son regard dans le tient. Il doit être toujours complètement saoul, il ne peut pas en être autrement. Tu n’ajoutes rien, tu n’as rien à ajouter. Vous alliez devoir faire quelque chose, trouver quelque chose pour vous sortir de là. « Je suis désolé, Lily. » Tu lèves la tête brusquement, surprise. Désolé de quoi exactement ? Tu regardes Sirius en fronçant les sourcils, tu peux voir soudainement ce poids qu’il semble porter sur ses épaules. Tu ne comprends pas pourquoi il s’excuse. Mais surtout de quoi il s’excuse. Il a été là lui quand tu avais le plus besoin de quelqu’un, il ne devrait pas s’en vouloir. Tu te lèves, quelque peu difficilement alors que tu n’as pas mangé depuis vingt-quatre heures. La tête te tourne mais tu te diriges vers Sirius et tu n’hésites pas à le prendre dans tes bras. Contact qui en aurait surpris plus d’un autrefois et qui aujourd’hui était devenu si familier. « Ce n’est pas de ta faute Sirius. Pas de la tienne, pas de celle de James, pas de la mienne, pas de celle de Remus. C’est la faute de cette prophétie, c’est la faute de Peter d’avoir préféré le pouvoir à ses amis, c’est … » Les larmes sont revenues, en force cette fois. Tu te demandes des fois où tu trouves la force de pleurer. Te détachant quelque peu de cette étreinte, tu plantes ton regard dans celui de Sirius avant de lui dire : « Ne fait pas ça Sirius, tu n’as à t’excuser de rien. C’est moi qui devrais dire merci et qui ne le fais pas assez. » Dis-tu simplement, presque dans un murmure.
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MessageSujet: Re: the night is dark and full of terrors (lily and sirius) Sam 1 Juil 2017 - 16:55



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Je suis désolé. Les mots lui échappent et voilà qu’il ne peut plus les rattraper. Est-ce l’alcool qui lui délie la langue ? Il ne saurait le dire. Il ne parle plus beaucoup Sirius ou du moins plus autant qu’avant. Il semble bien loin l’adolescent empli d’insolence qui arpentait fièrement les couloirs de Poudlard, apaisé par la présence permanente de James à ses côtés, Peter et Remus dans leur sillon. Cette époque, elle lui paraît remonter à une toute autre existence. Vingt-et-un ans qu’il évolue en ce monde et pourtant il se fait l’effet d’être un vieillard. Un corps jeune, ravagé par la douleur infecte, assourdissante. Il a trop vécu déjà et il est fatigué. Tout son corps le pèse, toute son âme imprégnée de ténèbres. Il a le cœur lourd et l’impression de se tenir en permanence au bord d’un gouffre. Un gouffre immense, aussi terrifiant qu’irrésistible. Il crève d’envie de se jeter dans le vide, sans pouvoir s’y résoudre néanmoins. Il s’accroche encore, même si, doucement, ses muscles lâchent. Il s’accroche même si ça le tue. Que peut-il faire d’autres ? Alors soit, il utilise des moyens très discutables, mais au moins est-il toujours là. Méconnaissable, mais présent. Il survit, Sirius, encore et toujours, de la pire des façons. Ca lui fait honte. Ses joues vireraient au rouge à l’idée que Lily, Lily sur qu’il a tant à cœur de veiller, puisse être la spectatrice malheureuse de sa pathétique tourmente. Il est trop bourré pour ça, cependant. L’alcool l’anesthésie le temps qu’il décuve et il aime ça même si c’est pathétique.

L’alcool lui cause des problèmes. L’alcool le rend à la fois plus faux et plus réel. Je suis désolé. Il le pense tellement fort qu’il lui semble presque les mots se sont inscris dans sa chair, assombrissant chaque centimètre de sa peau. Il ne peut se résoudre à les prononcer d’ordinaire, ses mots qui s’égarent au bord de ses lèvres. Ses excuses demeurent muettes, mais pas ce jour-là. Ce jour-là il les prononcent. Il présente ses excuses à Lily et ça la rend perplexe. Elle trouve ça absurde, Lily, il le voit dans ses yeux. Pourquoi s’excuserait-il ? Il ne l’a pas trahie, Peter l’a fait. Il ne l’a pas abandonnée, c’est James qui s’en est chargé. Lui est resté. Sirius dont elle n’avait pourtant jamais été particulièrement proche, Sirius qui n’avait jamais été que le meilleur ami de James et vice-versa. Il n’avait jamais rien eut contre Lily, l’appréciant même, mais c’était véritablement la fuite de James qui avait bouleversé leur relation en son cœur. Il avait fallu qu’ils perdent la personne qu’ils aimaient le plus en ce monde pour développer une réelle complicité. Ils se serraient les coudes, tous les deux, c’était ce qu’ils faisaient. Ils s’accrochaient l’un à l’autre car ils en avaient besoin, car ils comprenaient le manque de l’autre, sa souffrance. Sans avoir pu développer avec elle la même complicité qui l’unissait à James (ce qui ne l’étonnait en rien, vu qu’il avait toujours considéré son amitié avec ce dernier comme à part), Sirius voyait désormais en Lily une véritable alliée. Il la portait dans son cœur et aspirait plus que tout à la protéger. Il n’avait pas pu protéger Harry, pas plus qu’il n’avait pu retenir James. Ne lui restait que Lily. S’occuper d’elle, l’avoir accueillie chez lui, c’était sa façon de s’acquitter d’une dette qu’il ne rembourserait jamais. Il pouvait bien faire de son mieux pour l’aider et prononcer toutes les excuses du monde sans que cela ne change quoi que ce soit. Aussi fort que sa détermination puisse le rendre, Sirius ne pouvait pas remonter le temps. Il ne pouvait pas changer les choses. Il ne pouvait pas revenir en arrière. Si seulement… Si seulement il pouvait remonter le temps.

Il demeura planté au milieu de la cuisine, son regard trouble exprimant toute sa peine, sa culpabilité et sa colère, ce torrent de colère qu’il retenait tant bien que mal même si ça menaçait de le rendre barge. La vue des larmes de Lily lui écorche la peau. Il en a mal. Il s’en veut, tellement que cela en est tout bonnement insupportable. Sa culpabilité le terrasse, opprimant chaque fibre de son être. L’alcool ne lui permet pas d’oublier cela. Rien n’y fait. Quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, la douleur persiste. Il parvient à l’étouffer un peu, parfois, mais elle revient toujours, encore plus fort. Elle ne le lâche jamais et ça l’épuise. Il est vidé de toutes forces et il ne parvient pas à trouver le repos. Ses nuits sont longues, bourrées d’insomnies. La peine ne lui laisse aucun répit. Elle est toujours là, jamais elle ne s’efface. Lily le rejoins et il se raidit un peu alors qu’elle se rapproche de lui avant de finalement s’abandonner dans ses bras. Son corps se relâche, brusquement. Il ne parvient à pleurer pour autant, les larmes résistent, il les retient en fermant les yeux. Il tâche de trouver du réconfort dans cette étreinte pour mieux s’accrocher à ce sentiment quand les ténèbres reviendront avec force pour l’ensevelir. « Ce n’est pas de ta faute Sirius. Pas de la tienne, pas de celle de James, pas de la mienne, pas de celle de Remus. C’est la faute de cette prophétie, c’est la faute de Peter d’avoir préféré le pouvoir à ses amis, c’est … » Sa voix est altérée par quelques sanglots et il devine sans les voir que des larmes roulent sur ses joues. La souffrance de Lily se répercute dans son corps, faisant écho à la sienne. Ca fait tellement, tellement mal. La douleur est assourdissante et il ferait tout, absolument tout, pour s'en débarrasser. Les paroles de Lily lui parviennent, il les écoute sans les entendre. Rien n'y fera. On aura beau lui dire qu'il n'est en rien responsable de ce désastre, il continuera malgré tout de se flageller. Il se malmène Sirius, faisant preuve d'une tolérance zéro à l'encontre de sa propre personne. A l'entente du nom du traitre, il se tend un peu, se redresse. Il voue une haine vorace à ce salaud, ce maudit rat, une colère qui n'est pas sans aller de paire avec celle qu'il éprouve à l'encontre de sa propre personne. Il n'arrive pas à se défaire de l'idée qu'il s'agit là de sa porte de sortie. Que s'il le tue, s'il tue Peter, ça changera quelque chose. Il n'est pas stupide, pas au point de songer que ça ramènera Harry ou James, non. Mais il veut croire que ça l'aidera lui. Que la vue du corps sans vie de son ancien ami lui apportera un semblant de paix. Il en a besoin, Sirius. Il en a tellement besoin. Il ne peut pas continuer comme ça. Il ne peut pas vivre comme ça et ça le terrifie. Plus que n'importe quoi d'autre en ce monde. Plus que tous les mangemorts qui pullulent, plus que la guerre qui s'abat actuellement sur le monde sorcier. Il est mortifié à l'idée de demeurer ainsi, dans un état de léthargie pétrifiant, oscillant entre la vie et la mort. Doucement, Lily se détache de lui avant de planter son regard dans le sien. Il ne résiste pas confrontant ses iris foncés aux siens, verts et vitreux. « Ne fait pas ça Sirius, tu n’as à t’excuser de rien. C’est moi qui devrais dire merci et qui ne le fais pas assez. » Il secoue la tête légèrement, contestant silencieusement ces paroles. « Tu n'as pas à me remercier. » Il ne reviens pas sur sa culpabilité. Il ne la contrarie par sur ce fait, sur le fait qu'il ne cessera jamais de s'en vouloir pour ce qui est arrivé. A quoi bon lui décrire la profondeur de sa culpabilité ? Ca ne changera rien. Ca n'arrangera rien. Il ne veut pas lui parler de ce poids qui l'opprime. Elle n'a pas besoin de savoir. Il ne veut pas partager ce fardeau. Il aimerait la consoler, lui dire qu'ils vont s'en sortir, qu'au bout d'un moment, le simple fait de respirer ne fera plus aussi mal qu'en cet instant. Il ne prononce pas ces mensonges cependant. Il s'abstiens.

Brusquement, de peur que l'alcool ne lui en fasse dire trop à nouveau, il détourne les yeux et se remet à agiter sa baguette, avec des gestes nettement plus saccadés cependant. Il achève d'amasser de la nourriture sur la table. Il n'y a là rien de bien sidérant. Des aliments divers qui ne lui font pas envie. Il n'a pas faim, mais il va se forcer. Ils vont se forcer tous les deux car ils n'ont pas le choix. Ils vont manger, même si l'appétit les fuit l'un comme l'autre et puis ils dormiront, ou du moins ils essaieront. Continuer de vivre, même si c'est insoutenable. « Allez, mangeons un peu, on fait peur à voir tous les deux. » Lui plus qu'elle, mais tout de même. Sur ces mots, il va s'asseoir à table. Il avait toujours eut de l'appétit, engloutissant sans broncher la nourriture, mais lorsque son regard se posa sur la nourriture rassemblée, il sentit son estomac se soulever. Il n'avait pas faim. Il n'avait envie de rien. Se faisant violence, car il avait besoin de se nourrir mais aussi pour inviter Lily à en faire de même, il attrapa une pomme d'un rouge terne et mordit dedans. Le fruit lui paru sans saveur, aussi délavé que toute son existence. Il enchaîna les bouchées, mordant dans le fruit avec une détermination certaine, divertissante. Il se forçait, mais peu importe, au moins il mangeait. « Délicieux » lança-t'il avec un sourire un peu canaille, de ceux qu'il arborait auparavant en permanence. Le souvenir d'un garçon avec lequel il lui fallait renouer. C'était ce garçon dont Lily avait besoin et non pas de l'ivrogne qu'il était devenu.

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MessageSujet: Re: the night is dark and full of terrors (lily and sirius) Lun 10 Juil 2017 - 22:53



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Vivre, voilà ce qu’il vous restait à faire. Vivre, pauvres survivants d’une tragédie bien plus grosse que vous. Une tragédie qui allait certainement s’abattre un peu plus chaque jour sur le monde magique et alors combien d’innocents seront tués ? Personne n’est à l’abri, pas même les moldus. Pas même ta famille. Tu ne penses pas qu’il reste un lien entre toi et ta famille aujourd’hui, rien de tangible ne vous relie, beaucoup ont oublié ce nom que tu portais avant de prendre le nom de ton mari. Et c’est tant mieux, tu en viens presque à être soulagée de t’être disputée avec ta famille à la sortie de l’école, tu peux éviter de trop t’inquiéter pour eux aujourd’hui. Tu ne t’inquiètes plus pour toi depuis longtemps alors que les regards alarmés des personnes autour de toi devraient te faire prendre conscience de l’enfer dans lequel tu t’enfermes. Mais tu ne vois rien, incapable de te remettre en question, pourtant consciente que le cercle vicieux ne fait que s’installer. Se battre, il fallait se battre. Voilà ce que tu entendais de la bouche de toutes les personnes qui te connaissaient. Tu ne leur demandais pas pourquoi, tu savais pourquoi il fallait que tu te battes, pour une société libre, une société où tu n’auras pas à te cacher. Oui, ça c’est facile, c’est un touche de blanc, une touche d’espoir sur le noir qui s’installe autour de vous et autour de ton cœur. On t’avait appris à te battre, jour après jour il avait fallu que tu te battes. D’abord pour essayer de garder ta famille en faisant le moins de magie possible puis à l’école pour montrer que tu valais mieux que les autres puis pour ton poste de préfète puis pour ton amitié avec Severus puis pour ton poste de préfète en chef puis pour ta relation avec James puis pour l’Ordre, puis pour ton enfant et désormais tu étais à bout de souffle, incapable de trouver la force de continuer à te battre même pour une cause que tu savais juste et nécessaire. Si James avait été à tes côtés, les choses auraient été différentes, bien différentes. L’abandon de James avait été la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. Si James avait été là pour te prendre dans ses bras, si tu avais pu être là pour l’aider aussi, peut-être qu’à deux, vous auriez pu trouver la force de continuer à vous battre. A la place, il avait préféré partir, pour une vengeance qui le conduira à la mort très certainement vu son impulsivité quand il est en colère. Tu le sais, voilà pourquoi tu trembles tous les matins en attrapant le journal. Tu le sais mais tu n’arrives pas à te faire à l’idée de perdre une des dernières personnes à qui tu tiens le plus dans ce monde de brute. Il y a les autres, il y a Sirius, Dorcas, Marlene, Remus et tant d’autres et pourtant tu le sais, c’est la mort de James qui sonnera le dernier coup de couteau, celui de trop, celui dont tu ne pourras te relever.

Sirius s’excuse, tu ne sais pas pourquoi, c’est inutile à tes yeux. S’il y a bien quelqu’un qui ne devrait pas s’excuser c’est bien lui. Lui qui malgré tout est toujours là. Tu ne peux ignorer la colère, la haine qui brille dans ses yeux par moment, il aurait certainement préféré suivre James dans cette quête inutile à tes yeux. Et pourtant, il est là, encore et toujours. A perdre un peu tous les jours le goût de la vie. Tu t’en veux, tu t’en veux d’être égoïste. Il aurait dû aller avec James, ils auraient été là l’un pour l’autre, comme toujours, à se protéger. Et pourtant, tu sais que si tu le laisses partir, c’est toi qui vas t’effondrer. Alors tu es égoïste, tu le regardes s’effacer un peu plus tous les jours. Non, c’est à toi de le remercier et de t’excuser. T’excuser de lui faire subir une chose pareille. Tu dois l’aider, tu ne peux pas continuer à le laisser s’enfoncer ainsi dans cette culpabilité, dans l’alcool qui doit absorber son sang, le bouffer tout entier. Non, il va falloir que tu agisses, que tu fasses quelque chose mais les idées de manquent, ce vide dans ton cerveau te donne le tournis. Tu prends Sirius dans tes bras, parce que le réconfort physique, la présence de l’autre, il ne vous reste que ça avant de sombrer. « Tu n'as pas à me remercier. » Tu as envie de lui dire à quel point il a tord, tu as envie de le crier, qu’il comprenne le rôle qu’il jouait auprès de toi, qu’il comprenne à quel point tu lui es redevable. Tu ne pourras jamais le remercier d’avoir pris cette place, la place de James. Tu en avais eu besoin, tu en avais toujours terriblement besoin mais peut-être qu’il était temps d’être légèrement moins égoïste. Tâche difficile certes mais nécessaire. Mais les mots te manquent, les mots semblent toujours te manquer ces derniers temps.

Tu n’as pas le temps d’y réfléchir plus longtemps, Sirius te fait signe de prendre place, le repas est prêt. « Allez, mangeons un peu, on fait peur à voir tous les deux. » Oui, vous deviez faire une drôle de paire pour le regard extérieur. Ton ventre se serre mais tu hoches la tête. Sirius a raison, vous devez manger, votre corps en a besoin. Le tient pour pouvoir continuer à courir dans les couloirs de Sainte Magouste sans t’évanouir et le sien pour pouvoir évacuer l’alcool plus vite. Il n’est pas question d’alcool ce soir, seule l’eau et le jus de citrouille sont posés sur la table. Sirius amène le plat, vous vous servez des proportions que vous ne finirez jamais mais c’est un premier pas, un pas nécessaire. Tu attrapes ta fourchette, prenant une grande inspiration. Peut-être que petit morceau par petit morceau, tu vas arriver à avaler quelque chose. Tu prends donc une bouchée, elle tourne dans ta bouche plus longtemps que d’habitude mais tu finis par l’avaler alors que Sirius te dit : « Délicieux » Un sourire apparaît sur tes lèvres alors que tu secoues la tête. Ce n’est pas mauvais étrangement. Oui, tu n’en mangeras pas beaucoup mais le goût n’est pas le problème. Le problème est autre. Tu ne réponds rien, laissant le silence s’installer dans la cuisine alors que petit morceau par petit morceau tu manges. « Je ne travaille pas demain. Je vais aller me promener dans le Londres moldu, tu veux venir ? » Ton nouvel échappatoire, une nouvelles manière d’oublier. Les yeux passent sur ton visage sans te reconnaître, tu peux profiter quelques heures et essayer d’oublier. Alors que tu as fini une pomme de terre, Sirius fait tourner la sienne dans l’assiette. « Mange Sirius, tu ne peux pas continuer à te nourrir d’alcool. » Tu as l’impression de jouer à la maman, un rôle que tu n’auras pas eu la chance de jouer très longtemps malheureusement. « James t’a peut-être fait promettre de veiller sur moi, il ne me pardonnera pas de t’avoir laissé tomber non plus. » James n’aura certainement rien à te pardonner si tu le retrouves dans le même état qu’Harry. Dans l’autre cas, c’est lui qui aura tout à se faire pardonner. Mais c’est la vérité, tu ne pouvais pas continuer à laisser Sirius sombrer, peu importe que tu n’aies plus l’énergie de rien, il fallait que tu te battes, au moins pour ça.
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SANG : une pureté implacable dont il se moque éperdument.
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MessageSujet: Re: the night is dark and full of terrors (lily and sirius) Mer 12 Juil 2017 - 12:12



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Au moins, tu respires toujours. C’était ce qu’il se disait parfois, Sirius, lorsque les ténèbres environnantes se faisaient nettement moins oppressantes. Une poignée de mots sensés le rassurer. Une vérité ignorée qui aurait dut lui donner la force de poursuivre le combat alors même qu’il se faisait l’effet de l’avoir d'ores et déjà perdu. Harry était mort, mort avant d’avoir eut le temps de vivre, mais Sirius lui, était toujours là. Les journées s’enchaînaient avec une lenteur désespérante, mais au moins les voyait-il passer. Parfois, il aurait presque préféré être mort. Dans ces jours les plus sombres, il réussissait presque à se convaincre que c’était effectivement le cas. Qu’il s’était retrouvé amputé de partie de son âme lors de cette horrible nuit et que de ce fait, il n’existait plus vraiment. Un homme  fragmenté, bousillé. Le souvenir fugace d’une personne qu’il se souvenait parfaitement avoir été sans parvenir à la retrouver. Il respirait toujours, Sirius, oui. C’était un fait. Quand le silence régnait, il entendait les battements de son cœur, preuve irréfutable de son existence en ce monde, mais parfois, il n’entendait rien qu'un vide angoissant. Parfois, il aurait tout autant pu être mort.

C’était pathétique, fallait bien le dire. Il se trouvait pathétique, Sirius. Cet homme désemparé qu’il était devenu, il l’exécrait profondément. Il ne le supportait plus, refusait de lui faire face. Lui qui s’était toujours senti en paix avec sa propre apparence ne supportait plus la simple vision de son reflet, évitant de ce fait avec obstination toutes les surfaces miroitantes à même de le mettre en face de ce type fatigué qui n’avait rien de Sirius Black. Une épave qui trainait lamentablement sa carcasse. Un alcoolique. Un dépravé. Ah ça, il avait le sang pur, le petit Black déchu, mais il ne s’était jamais senti aussi infiniment souillé. Le pire tenait incontestablement dans le fait qu’il ne pouvait se le reprocher qu’à lui-même. Il n’avait de cesse de se flageller, Sirius. Sans arrêt, tout le temps. Il venait de prononcer des excuses, mais il en avait encore plein d’autres. Des milliers de je suis désolé qui se bousculaient sur ses lèvres sèches. Des tonnes d’excuses qui ne suffiraient jamais car ce n’était pas ça qui allait ramener Harry ou faire revenir James. Il n'avait que des mots, Sirius et c’était vraiment beaucoup trop peu. Il aurait voulu pouvoir donner bien plus à Lily. Il aurait tellement aimé. Elle ne pouvait guère s'imaginer combien il se sentait coupable, coupable pour tout ce qui s’était passé et aussi pour ce qu’il lui faisait vivre à présent. Il l’avait accueilli chez lui et tâchait de se montrer présent, comme pour rattraper l’absence si pesante de son meilleur ami, mais cela ne suffisait pas. Ca faisait peut-être de lui une bonne personne, mais il en doutait. Il sentait que ce n’était pas assez. Il n’était pas fort Sirius, pas en ce moment et ce n’était pas ce dont Lily avait besoin. Elle était suffisamment obnubilée par son propre chagrin sans avoir à gérer les états d’âmes d’un ivrogne incapable de faire barrage aux émotions dévastatrices qui le consumaient. Elle méritait mieux. Plus de force. Plus de soutien. Alors non, elle n’avait pas à le remercier. Clairement, il ne le méritait pas.

Il fallait qu’il se relève. Il fallait qu’il trouve la force en lui de poursuivre le combat. Il le fallait car ça ne pouvait tout simplement pas continuer comme ça. Ce n’était pas une vie. Ils se laissaient mourir, en proie à leur chagrin, à tout ce qui aurait pu être, à tout ce qui ne serait jamais, à une vie qui leur avait été volée. On ne vit pas avec des regrets. On les supporte, on les accepte et on apprend à composer avec eux car on n’a pas le choix. Ils n'avaient pas le choix, tous les deux. Ils ne pouvaient pas remonter le temps, simplement serrer les dents et se lever chaque jour jusqu’à ce que ça ne fasse plus mal à ce point. Mais est-ce que la douleur allait seulement finir par s’effriter ? Il en doutait, Sirius. Il doutait que ce trou béant dans sa poitrine puisse un jour se refermer. Se nourrir cependant, ça restait un bon début. Une preuve de bon sens. Reprendre des forces, même s’il fallait se forcer pour cela. Là, encore, ils n’avaient pas franchement le choix. Il fallait qu’ils se fassent violence.

Ils devaient se nourrir. Sirius baissa les yeux sur son assiette. Son contenu ne l'attirait guère, ce qui n'avait rien à voir avec la nourriture en elle-même. Il n'avait jamais été particulièrement difficile sur le plan alimentaire, ses parents l'ayant dès l'enfance forcé à ingérer toutes sortes d'aliment. Non, il avait toujours eut un bon coup de fourchette. Tout était simplement différent à présent. Parmi bien d'autres pans de son existence et de sa personne, son appétit s'était tout bonnement envolé. « Je ne travaille pas demain. Je vais aller me promener dans le Londres moldu, tu veux venir ? » Sirius s'interrompit dans la contemplation malheureuse de son repas et releva la tête, heurtant son regard foncé aux yeux verts de Lily. Par le biais de cette proposition, cette dernière essayait de l'arracher à cette maison, à ce cadre devenu lourd et presque macabre dans lequel il s'enfermait durant des heures depuis qu'il s'était fait viré de son travail. Bien sûr, Sirius avait mis le nez dehors depuis, mais il devait admettre que les sorties en question étaient de plus en plus espacées dans le temps. « Pourquoi pas » répondit-il. Une réponse qui ne suintait pas franchement l'enthousiasme, mais qui valait tout de même amplement mieux qu'un refus pur et simple. Sirius était en train de se décomposer lentement dans cette maison et cela allait sans doute lui faire du bien d'évoluer pour quelques heures dans le Londres moldu. Croiser des gens sourds à son drame personnel, réaliser que le monde continuait de tourner en dépit de la situation particulièrement critique. De l'air frais. De la vie.

« Mange Sirius, tu ne peux pas continuer à te nourrir d’alcool. » Elle est presque maternelle en cet instant. Une maman privée de son enfant qui se retrouve à prendre soin d'un grand adolescent qui répugne à avaler le contenu de son assiette. Ca pourrait presque être drôle dans d'autres circonstances. Sirius s'exécuta avec le manque d'enthousiasme palpable d'un gosse qui redoute d'avaler un légume. La petite pomme de terre lui sembla sans goût. Ce n'était pas bon. Ce n'était pas mauvais. Juste fade. « James t’a peut-être fait promettre de veiller sur moi, il ne me pardonnera pas de t’avoir laissé tomber non plus. » James. James dont l'absente était un peu plus pesante chaque jour. Ils ignoraient totalement où il pouvait bien se trouver ce qui ne les empêchait pas d'éplucher les journaux à la recherche d'une allusion même minime au garçon disparu. Sirius décida de s'abstenir de préciser à Lily que James ne lui avait rien fait promettre du tout, bien que cela soit suffisamment implicite pour se passer de mots. James était simplement parti, sans demander son reste. Il s'était évaporé dans la nuit du jour au lendemain, sans leur donner la moindre chance de le retenir. Il avait fuit et Sirius en avait éprouvé un sentiment de peine viscérale. Il n'avait pas besoin de ça. Ils n'avaient pas besoin de ça. « Tu penses qu'il reviendra ? » La question lui avait échappé entre deux maigres bouchées. Il ne l'aurait peut-être pas posé s'il n'avait pas ingéré autant d'alcool au cours de la journée.

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