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 (andrea) something's bugging me

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Uneasy lies the head That wears a crown
APARECIUM : 18/06/2017
HIBOUX : 968
SANG : The greatest blood of all.
IDÉOLOGIE : Death to impurity.


MessageSujet: (andrea) something's bugging me   Dim 25 Juin 2017 - 14:07


(andrea et phanès)
He had often told the girl whom he had lured to love him that he was poor, and she had believed him. He had told her once that he was wicked, and she had laughed at him and answered that wicked people were always very old and very ugly. What a laugh she had!--just like a thrush singing. And how pretty she had been in her cotton dresses and her large hats! She knew nothing, but she had everything that he had lost.
something's bugging me

Les suspicions, à justifier : Dans la vie de Diagon Alley, au milieu de la foule aux couleurs vives, les discussions demeurent légère malgré l'air de guerre, l'air déchiré par les conflits à venir. C'est un orage qui peine à tomber, mais on l'entend sans mal gronder. Une silhouette aux pâles couleurs, aux sombres détails se détache des badauds de par son air sérieux et morne. Il est froid comme une matinée d'hiver, et certains le dévisagent avec un mélange d'appréhension et de surprise tant il est rare que l'aîné Parkinson ne soit pas fourré dans les apothicaires, les librairies et les manoirs de ses pairs. Mais debout, à moitié dissimulé par une alcôve et les yeux plongés dans les visages qu'il rencontrent, ça a quelque chose d'intimidant. Car même s'il n'est pas de connaissance publique que la marque des ténèbres danse sur son avant-bras, un air épais et étouffant émane de cet homme, et cela ne pousse généralement jamais à la sympathie ni aux sourires gratuits.

L'air sérieux sur son visage serait d'ordinaire le simple hasard de sa maigre panoplie d'émotions, bien qu'il est pour une fois à propos. C'est rare, qu'il ait le visage qui soit en accord avec ce que le cœur, l'esprit sont attendus de ressentir : il est évident que ça ne se reproduira pas de sitôt. La cause de sa mine concernée est une drôle d'impression qu'il a eut en observant un autre mangemort. C'est l'effet d'un sort bancal, d'une équation inadéquate qu'il éprouve en la regardant. Il ne se souvient plus réellement de son nom, car il ne prend pas la peine de retenir ce genre de détails insignifiants.

Il n'est pas certain de ce qu'il l'accuse, de ce qu'il suspecte dans rien d'autre que des expressions et des soupirs. Au fond il pourrait mille fois se tromper pour ses mauvaises capacités d'interprétation du visage, mais il y a une intuition qui le pousse à continuer. Même s'il attend depuis quelques heures déjà, même s'il a passé la matinée à la suivre de loin. Phanès attend sa sortie d'un magasin, ayant déjà retourné mille fois dans sa tête la marche à suivre. C'est très simple au final, il a juste à lui parler. Il serait direct, comme il l'a toujours été. Les mots qu'il aura seront sans détour, sans flexions hypocrites. Ou doit-il un peu naviguer ? Il n'en a pas la moindre idée.

Mais voilà qu'il la voit sortir du magasin, Andrea. N'importe quel homme se serait arrêté sur le mouvement des cheveux dans la brise, et sans doute au parfum qu'elle porte. Mais Phanès est insensible aux charmes de la beauté, et encore plus à celui des femmes. Avant qu'elle n'ait le temps de disparaître dans la foule, il attrape son bras. La poigne est ferme quand il tient cet avant-bras près de lui, pour être certain qu'elle ne puisse s'y soustraire.
-Il est sage de me suivre sans rien dire. Il serait bête que les passants remarquent quoique ce soit.

Ce n'est en rien en menace, simplement la stricte vérité. Il a la démarche souple, quand il la traîne presque jusqu'à une ruelle en coupe-gorge. Il n'y a rien d'autre dans cette ruelle que de petites fenêtres calfeutrées, et que du verre brisé sur le sol. Il finit par lâcher son bras, et se redresse. Il la toise un peu, pendant qu'il construit ses phrases. Les mots qu'il avait imaginé ne sont plus si certains, maintenant.
-Vous avez quelque chose à me dire ?

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kill 'em with kindness
APARECIUM : 03/12/2015
HIBOUX : 307
SANG : Mêlé, ses racines moldues remontent à sa grand-mère maternelle.
IDÉOLOGIE : Neutre, en réalité, mais Andrea a rejoint les mangemorts pour se venger de la mort de son père.


MessageSujet: Re: (andrea) something's bugging me   Lun 26 Juin 2017 - 12:54

They say don't let them in, close your eyes and clear your thoughts again. When I'm all alone, they show up on their own because inner demons fight their battles with fire, inner demons don't play by the rules. They say "Just push them down, just fight them harder. Why would you give up on it so soon?"


Les minutes, les heures de cette matinée s’écoulent lentement. Elle cherchait à faire passer le temps, le temps ne passait pas. Elle ne dormait pas, plus, ne tenait pas en place. Elle avait besoin de marcher, jour et nuit, exorciser ses démons, ceux qui l’entouraient sans répit, qui gravitaient autour d’elle, comme pour la narguer. Elle était si fatiguée mais, paradoxalement, redoublait d’énergie pour défendre sa cause. Ce matin encore, elle s’était réveillée, éreintée par une nuit agitée – les seuls moments où elle parvenait enfin à fermer l’œil étaient parsemées de cauchemars, la souffrance qu’elle ressentait, les larmes qui coulaient, elle finissait toujours, toujours, par se réveiller en sueur, l’air effrayé – et après avoir avalé un bout de pain, avait décidé d’aller flâner dans les ruelles sorcières les plus renommées de Londres. Pas de mission attribuée par les mangemorts, aujourd’hui. Pas de rencontre avec son binôme. Elle passerait la journée seule, longue, longue journée, dénuée de sens et elle savait qu’elle aurait besoin de se changer les idées. Elle regrettait, parfois, d’avoir démissionné du ministère. Elle s’était sentie incapable d’y retourner travailler. Chaque recoin, chaque bureau, lui rappelait son père, l’air sérieux qu’il arborait en pénétrant dans l’antre sacrée, et le sourire en coin qu’il lui adressait quand leurs regards se croisaient. Un secret partagé. Elle était la seule à qui il destinait ses regards et ses paroles bienveillantes. Pour tous les autres, il n’était qu’un supérieur à qui l’on devait le respect, et avec lequel on n’oserait jamais plaisanter. On savait, toutefois, qu’il était un homme bon, mais au travail, les boutades n’avaient pas leur place. Sauf avec elle. Sa fille, son oxygène. Il lui avait tout appris, surtout, il lui avait appris à aimer l’autre, à accepter les différences, à les aimer, même. Et puis, il lui avait conté toutes ses aventures, là-bas, entouré de créatures magiques, et elle en avait rêvé, des heures, des jours. Elle en rêvait encore. Elle savait que quand tout ceci serait terminé, quand elle se serait vengé, elle partirait loin, à leur conquête, à leur découverte. Vivre en compagnie des dragons, voilà ce qui la faisait vibrer, qui l’aidait à avancer.

Ces jours-là étaient encore loin. Elle vagabondait dans Diagon Alley, les images d’animaux en tête, rentrait dans chaque boutique, regardait les articles sans même les voir. Elle avait l’air distraite, absente, Andrea. Plus rien ne retenait son attention. Sauf. Sauf cette main qui se serre sur son bras, qui l’empoigne, qui l’attire à elle. Elle sent son corps entier se raidir lorsqu’on lui murmure à l’oreille une menace : « Il est sage de me suivre sans rien dire. Il serait bête que les passants remarquent quoique ce soit. » Elle ne reconnait pas la voix, ne voit pas encore celui qui s’accroche à elle. Est-ce un membre de l’Ordre du Phénix ou du ministère qui aurait découvert son allégeance récente aux mangemorts ? Elle frissonne, cherche à se débattre, quand, enfin, en se tournant vers lui, elle le reconnaît. Phanès Parkinson. Elle soupire. Lui. Elle le déteste, comme tous les autres, mais même peut-être un peu plus. Il porte toujours ce rictus affreux, qui indique sûrement qu’il est prêt à torturer, tuer, n’importe qui, n’importe quand. Elle ne cherche même plus à se défaire de son emprise, elle sait qu’elle n’aura pas la force. Elle le suit sans un mot, jusqu’à une petite ruelle. Elle a un rictus d’amusement qui se dessine sur ses lèvres. Une ruelle sombre, éloignée de la rue principale, là où personne ne viendra les déranger. Elle ne sait pas vraiment ce qu’il lui veut, la menacer sûrement. Elle l’a déjà croisé plusieurs fois, Phanès. Et dire qu’une animosité s’est installée entre eux serait presque un euphémisme. Il ne l’aime pas, ne semble pas lui faire confiance. La réciproque est bien évidemment en place depuis longtemps. Il la lâche, elle s’adosse au mur froid et humide de briques. « Vous avez quelque chose à me dire ? » Elle fronce les sourcils et sent la colère monter, s’emparer de son corps entier, qui en tremblerait presque. Elle croise les bras, renifle de dégoût. « Vous rigolez ou quoi ? » elle lui demande, en aboyant presque. « C’est vous qui m’avez emmené ici. » Elle se redresse, le regarde dans les yeux. Elle devrait avoir peur, elle devrait craindre ses yeux sombres, son regard assassin. Andrea refuse de laisser la peur l’envahir, elle se veut plus forte que ça. Pour le moment. « Moi, je n’ai rien à vous dire. » Si elle pouvait même ne plus jamais le revoir, elle en serait ravie. « Qu’est-ce que vous voulez ? » Elle hausse un sourcil. Il n’est pas là en mission officielle, pas comme ça. Elle le sait, il ne la veut que pour lui, un moment. Seule avec elle, il pense pouvoir en faire ce qu’il veut, il pense pouvoir peut-être lui faire cracher le morceau. Parce qu’elle a compris, Andrea, ses regards inquisiteurs, ses questions qu’ils lui posent depuis quelques semaines. Il ne lui fait pas confiance. Il n'a pas tort, au fond.

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In the art of war, if you know the enemy and know yourself, you need not fear the approaching battles. But if you know only yourself and not the enemy, for every victory, there will also be defeat.
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MessageSujet: Re: (andrea) something's bugging me   Lun 26 Juin 2017 - 20:25


(andrea et phanès)
He had often told the girl whom he had lured to love him that he was poor, and she had believed him. He had told her once that he was wicked, and she had laughed at him and answered that wicked people were always very old and very ugly. What a laugh she had!--just like a thrush singing. And how pretty she had been in her cotton dresses and her large hats! She knew nothing, but she had everything that he had lost.
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Les suspicions, à justifier : Il est difficile de savoir si Phanès prend du plaisir à sentir ce corps se raidir sous sa poigne, sous ses doigts qui ne sont pas prêts de la lâcher. Ce n'est jamais certain avec cet homme, tant on semble percevoir à de rares occasions une flamme dans le fond de ses yeux, avant qu'elle ne s'éteigne pour ne plus jamais être rallumée. C'est tout aussi nébuleux que la raison de ses actions : pourquoi s'en charge-t-il ? Ne pourrait-il pas simplement faire courir ses soupçons le long des couloirs du manoir Malfoy, et laisser à un autre le besogne des interrogatoires ? Ce serait bien plus simple, et il aurait passé sa journée à une tâche bien plus importante que celle-ci. Pourtant il a attendu, il la suivie la matinée durant : de loin, toujours. Il l'a traqué, comme un vieux chasseur qui ne sait plus d'où ses réflexes lui viennent mais dont il n'a rien oublié. Elle se débat, un instant. Quand elle le regarde, elle semble bien plus glacée par l'identité de l'homme qu'elle ne l'a été quand son bras a été saisi. Et c'est dans le calme qu'ils parviennent à feindre, cette soumission d'Andrea et la détermination de Phanès qu'ils s'en vont jusqu'à un coupe-gorge. Il la lâche enfin. Et il la regarde aussi, contemplant d'un œil distrait l'animosité qui règne entre eux. Les divergences d'idées qu'il ne saurait oublier, qui le taraudent. Comment peut-elle se raidir à l'entente des idéologies des mangemorts si elle en fait parti ? Est-elle réellement des leurs ? Au fond, cela ne l'étonnerait pas qu'elle ait la trahison dans le sang. Car ce sang est impur, et de ça ne peut apporter que les plus grands maux tels que le mensonge et les doubles jeux. Au fond, il n'a jamais eut de réelles preuves de ce qu'il avance sur le sang, si ce n'est des théories et essais philosophiques de purs radicaux. Pour le scientifique qu'il est, se contenter de si minces avancées, d'expériences truquées et légères est incroyable.

Il n'est pas doué pour lire sur le corps des autres, sur les visages et les flexions des voix. Pourtant il n'est pas assez ignorant  pour ne pas remarquer son inconfort. La manière dont elle croise les bras, s'adosse au mur froid de la ruelle et les émotions qui animent ses traits fins crient l'évidence. Sa simple question brise le calme qu'elle a tenté d'arborer : ses mots sont aboyés. Jetés à sa figure, et les accusations qu'il n'a pas encore eut le temps de prononcer balayées. Phanès reste stoïque, attend qu'elle parle moins pour enfin s'exprimer. "Ce que j'ai à dire est très sérieux." Il tient à la préciser, car il ne rigole pas. N'importe quel autre homme aurait compris qu'il s'agit simplement là d'une manière de parler, mais il a le don de tout prendre au pied de la lettre. Le silence plâne un instant, alors qu'il range ses mains dans ses poches de pantalon. Le menton est relevé, la bouche entrouverte. "La manière dont vous réagissez ne fait que confirmer que vous avez quelque chose à cacher. Sinon, vous m'auriez simplement demandé ce que j'avais à vous dire." Le ton est monotone, la voix est grave. Le doux accent de Londres roule sur ses mots. Une chose qu'il a appris avec le temps est que certaines règles sont à respecter dans le cas d'une accusation, de même qu'un interrogatoire. Il a évidemment respecté le lieu en choisissant l'intimité, et lui faut maintenant résumées les constructions de sa pensée. "Vous vous raidissez quand nous parlons de la valeur du sang." Et par nous, il entend les mangemorts. "Quand on en vient à exposer notre mépris pour les sorciers inférieurs, ou même à simplement rire de votre imbécilité, vous ne faites pas comme les autres. Les autres se contentent d'acquiescer et rient avec nous. Plus fort que nous, parfois." Les rires gras lui reviennent aux oreilles, dans le silence de la ruelle. "Vous n'adhérez pas à nos thèses. Et pourtant, vous n'êtes pas venue ici comme une prisonnière, forcée d'intégrer les rangs. Pourquoi, alors ? Pourquoi avoir décidé de rejoindre ce qui vous révulse ?" Phanès adorerait des réponses à ses questions rhétoriques. Il aimerait qu'elle le dise simplement, qu'elle n'est pas réellement des leurs. Qu'elle est tout simplement une fausse, que ses désirs sont autre que servir cette cause.

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MessageSujet: Re: (andrea) something's bugging me   Mar 27 Juin 2017 - 13:48

C’est étrange, au fond. Comme la vie change. Comme les plans que l’on avait fait, les rêves que l’on avait, disparaissaient. Loin, dans des méandres profonds que l’on ne retrouveraient plus jamais. Andrea avait rêvé, enfant, jeune fille. Elle avait rêvé d’un tour du monde, la découverte de tous ces pays inconnus, les cultures qui s’entrechoquaient, les langages qui ne se comprenaient pas. Elle avait rêvé d’un ciel bleu, d’un soleil qui ne jamais s’éteindrait. Elle avait rêvé du bonheur. Elle n’avait pas rêvé de l’amour, pas comme toutes les autres filles qui s’accrochaient au bras des beaux garçons, les Potter, les Black, ou qui qu’ils soient. Elle n’avait pas rêvé de famille, Andrea était bien seule, au fond. Elle n’avait rêvé que de liberté. De fuite. De solitude, mais de bonheur. Elle n’avait pas rêvé de ça. De ce qu’elle avait en face d’elle. Du creux dans son estomac. De la peur, constante, mais cachée, immiscée au fond de ses entrailles. La douleur à en lui déchirer le cœur. Elle n’avait pas rêvé de la mort, de la guerre. Elle n’avait jamais même imaginé devoir jeter un sort sur quelqu’un, un jour, pour se défendre, ou pour attaquer. Elle n’était pas de ceux qui aiment la souffrance. Elle avait rêvé d’une vie calme, loin de tout, loin de tout ça.

Elle est là, pourtant, dans une ruelle sombre où, elle en est sûre, personne ne la retrouverait avant des jours, s’il avait la mauvaise idée de mettre fin à ses jours. Elle sent les gouttelettes d’humidité lui couler dans le dos. Elle n’a qu’une envie, s’enfuir. Elle n’a pas fait tout cela pour rien. Elle serre les dents, les poings, attend qu’il parle. Son histoire est bien préparée, pourtant, elle ne devrait pas avoir peur. Elle n’a rien à craindre. Si l’ensemble des mangemorts a décidé de lui faire confiance, lui n’a rien à dire. Il est là de sa propre volonté, elle le sait. Personne ne l’a missionné. Elle n’a pas besoin d’être interrogée, surtout pas par lui. Elle le voit glisser ses mains dans son pantalon, et craint soudain qu’il n’en sorte une baguette. Les secondes passent, mais il reste droit, et elle se détend un peu. S’il avait voulu la menacer, vraiment, il l’aurait déjà fait. Il adopte un air sérieux, et froid, et elle se surprend à penser que s’il n’avait pas cet air sévère, il pourrait presque être beau. Elle hausse simplement les sourcils quand il prétend que son comportement est preuve de mensonge. Quoi ? N’aurait-il pas agi de la sorte s’il avait été interpellé ainsi, en pleine rue, et assommé de suivre une personne qui ne semblait pas lui vouloir du bien ? Elle ne dit rien, pourtant, certaine que tout ce qu’elle lui dira pourra se retourner contre elle. Il n’attend, de toute façon, pas de réponse. Il reprend, de sa voix froide et monotone. "Vous vous raidissez quand nous parlons de la valeur du sang." Elle détourne le regard. Elle sait qu’il a raison. Elle avait tenté, mille fois, de contrôler les réactions de son corps, mais il était parfois plus fort qu’elle. Elle pensait, pourtant, que personne ne l’avait remarqué. Elle ouvre la bouche, pour répondre, mais il est plus rapide qu’elle. Il l’accuse de ne pas rire aux blagues idiotes de ses camarades. Leurs camarades. Elle se mord la langue quand elle l’entend prononcer le « votre imbécilité », la mettant clairement dans le même panier que ceux dont ils passent la journée à rire. Les sorciers inférieurs, comme ils les appellent. Inférieurs, parce que de sang mêlé, de sang impur. « Les autres. » Elle l’observe un instant, alors, même les mangemorts les plus dévoués à la cause, ceux qui, malgré tout, n’ont pas le statut de sang pur, ne sont pas considérés comme les siens. Pas pour lui. Elle a envie de lui cracher dessus, lui qui est la véritable incarnation du mangemort. Celui qui déteste l’autre qui n’est pas comme lui. Celui qui tue, torture, et qui s’en amuse. « Je ne ris pas, parce que vous n’êtes pas drôle. » L’accent dur qu’elle tient du nord de l’Angleterre s’oppose à la douceur de l’accent londonien. « Vous riez des sang-mêlés, mais vous oubliez qu’ils forment là les armes les plus précieuses du Lord. » Elle pense, bien sûr, à Pettigrew, l’homme qui trahit ses amis, pour le pouvoir, pour la gloire, pour quoi d’autre ? « Pourquoi rire de ceux qui vous mèneront à la victoire ? » Ses yeux lancent des étincelles. Elle ne croit pas à un seul mot de ce qu’elle raconte, mais l’air affirmé qu’elle affiche semble prouver le contraire. Lui reprend, se demande comment est-il possible de rejoindre un groupe qui la révulse tant ? Elle se pose encore la question, jour et nuit. Mais, elle n’avait pas eu le choix. Elle secoue la tête, pourtant, lui dit, non, non, les mangemorts ne me révulsent pas. Elle en vomirait. « Vous vous faites de fausses idées sur moi. » Elle est froide, elle le déteste tant qu’elle n’a pas besoin de jouer la comédie. Elle grince des dents. « Vous voulez savoir pourquoi je vous ai rejoint, hein ? » Pour venger mon père. Elle s’approche de lui, jusqu’à être à quelques centimètres de son visage, et dans un murmure, froid, glacial, elle lui ment : « les sorciers sont des êtres supérieurs. Ma mère est fille de moldue, je porte peut-être son sang, mais cela ne veut pas dire que j’en suis fière. Je suis fille de sorciers, et je pense, certainement comme vous, que les moldus doivent disparaître de notre monde. Le sorcier est fort, pur, et il vaincra. Nous vaincrons. » Je vaincrai. Elle se recule, ne brise pas l’alliance de leurs regards. « Vous rêvez de pouvoir. Moi aussi. » Elle ne s’est jamais sentie aussi convaincante. Ses jambes ne tremblent plus, son regard ne fuit plus. Elle oublie le monde autour, rentre dans son rôle à la perfection. « Je n’ai pas à me justifier auprès de vous. Je l’ai fait, mais je ne suis pas sûre que nos supérieurs seraient ravis d’apprendre que vous faites des enquêtes sur les membres, plutôt que de vous occuper de missions plus importantes. » Elle joue avec le feu, elle le sait, mais elle ne trouve pas d’autre échappatoire que de menacer à son tour. Elle voudrait partir, s’en aller loin, rentrer chez elle, mais elle sait, elle voit que lui est loin d’en avoir fini avec elle.

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MessageSujet: Re: (andrea) something's bugging me   Mer 28 Juin 2017 - 9:45

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MessageSujet: Re: (andrea) something's bugging me   Mar 11 Juil 2017 - 11:17

Il fallait partir, vite, elle le sent. Elle ne devrait même pas être là, coincé contre un mangemort qui la dévisage comme s’il était prêt à la tuer. Il est avide de sang, de mort, c’est écrit sur son visage. Mais elle était coincée, il lui était impossible de bouger, il était trop proche d’elle et parviendrait sans peine à contrer le moindre de ses mouvements. Elle n’avait pas d’autre choix que de se soumettre à lui et répondre à ses questions, son inquisition. Elle qui pensait s’être jouée des mangemorts avec brio, elle voyait son plan se réduire en cendres, petit à petit. Il lisait en elle, elle en était certaine. Petite, elle n’avait jamais réussi à mentir. Le moindre de ses petits mensonges se voyait rapidement, son père savait déceler le sourire en coin qu’elle cherchait pourtant à dissimuler, les yeux rieurs qu’elle tentait de détourner. Elle avait été surprise de constater qu’on l’avait accueilli chez les mangemorts sans même sourciller. L’éclat de ses yeux s’était éteint, et cela avait sûrement contribué à son jeu convaincant. Ou, alors, pensait-elle parfois, ils se montraient plus bêtes qu’ils ne l’étaient. Enfin, pas tous, finalement. Elle soupire en entendant les questions résonnantes, mais vide de sens, de Phanès. Elle ne sait pas y répondre, elle ne peut pas y répondre. Il n’a pas tort, au fond. Ils détestaient les sang-mêlés – ceux qui étaient assez idiots pour les rejoindre risquaient leur vie sans même le comprendre. Les mangemorts les utilisaient, ils leur étaient utiles. Mais lorsque la guerre se finirait, s’ils gagnaient, elle savait tout autant que Phanès que les sang-mêlés seraient torturés, tués, un à un, malgré l’aide apportée. Que répondre à ça ? Il avait raison, sur toute la ligne. Elle devait défendre ses choix, pourtant, expliquer ses motivations. Venger son père n’était pas acceptable. Pas pour lui. Alors quoi ? Mentir encore ? S’empêtrer dans des mensonges plus incroyables les uns que les autres ? Elle ne savait plus vraiment quoi dire, au fond. Il était le seul, le premier, à lui poser ce genre de questions et elle se sentait complètement désarmée.

Elle le lance sur ses supérieurs, il s’énerve, elle voit la colère monter en lui, il s’approche encore, et l’air lui semble irrespirable. Son parfum acre et piquant lui soulève le cœur. Instinctivement, elle se recule encore mais le mur de briques derrière elle ne lui laisse pas beaucoup le choix. Elle est là, contre lui, leurs vêtements se frôlent, et elle a envie de vomir. "Et que crois-tu qu'ils pensent de toi, les supérieurs ? Qu'ils apprécient ton travail ?" Elle hausse les épaules, remarque le tutoiement mais n’en fait aucune remarque. Elle n’a ni le cran ni le courage. Elle se sent petite et faible. Comme une enfant pris sur le fait, que l’on dispute pour sa mauvaise conduite. « Je débute… » elle murmure faiblement, comme pour s’excuser. Son travail n’est pas encore prêt à être apprécié, elle n’a effectué que de simples missions d’espionnage – ennuyeuse – en compagnie de Miles Bott, où rien, jamais rien, ne se passe. Elle n’a pas l’habitude qu’on déprécie son travail, son engagement, elle qui s’est toujours donnée à fond dans ses projets scolaires ou sa petite carrière au ministère de la magie. Il attrape son poignet entre ses mains, elle sait pourquoi alors elle tente de respirer lentement, ne pas laisser transparaître ses émotions. Il lui demande pourquoi les sang-mêlés seraient intégrés à leur société idéale, celle où ne règne que les sang-purs. « Un semblant d’honnêteté et de gratitude vous forcerait peut-être à nous accepter. Il vous faudrait être bien lâche pour refuser de reconnaître la part que nous avons joué. » Elle penche la tête sur le côté, le regarde. « Tous ne sont pas comme toi, tu sais, » elle insiste, elle aussi, sur le tutoiement, « la plupart ont accepté mon aide sans rechigner. » Andrea, elle-même, avait été surprise de l'accueil reçu dans sa nouvelle équipe. Surtout, Miles, au fond. Elle se débat, parvient à lui faire lâcher son poignet, et pose sa main, lentement, sur le torse de son nouvel ennemi. « Tu me parais assez intelligent pour savoir que les sang-purs vont à leur perte. » Elle hausse un sourcil. « Un à un, vous allez disparaître. » Elle chuchote, presque, murmure entre ses dents, la mâchoire serrée. « Vous êtes obligés, tu es obligé, d’accepter les sang-mêlés si vous ne voulez pas disparaître à tout jamais. » Elle le savait que les familles de sang-purs se faisaient de plus en plus rares. Le mariage avec les sang-mêlés leur permettrait l’assurance de la lignée. « Tu n’as pas d’autre choix que de m’accepter, que de nous accepter. » Sa main retombe le long de son corps, et elle se glisse hors de sa portée, s’éloigne du mur de briques, de lui. « Vous êtes le passé. Nous sommes le futur. » Elle le provoque, il va encore se mettre en colère, mais elle s’en fiche, elle le défie du regard, se tient droite, comme pour assurer ses propos. Et finalement, pour prouver – ou pour le convaincre – son engagement, elle lâche : « ça ne veut pas dire que l’on ne peut pas s’unir dans ce combat. »


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IDÉOLOGIE : Death to impurity.


MessageSujet: Re: (andrea) something's bugging me   Ven 14 Juil 2017 - 19:21

Le monde idéal de Phanès se dessine clairement à ses yeux, mais ne se résout par par la simple extermination de cette race inférieure, de cette race polluante et menaçante. Son grand rêve – celui qui le tient éveillé le soir et qu'il nourrit depuis ses plus tendres années, et que ses amis ont tant de fois entendu, consiste en une Angleterre purement sorcière. Et pour cela, un bain de sang n'est pas forcément nécessaire – bien sûr que les victimes et les dommages seront immenses, mais il faudrait simplement que toute personne n'ayant pas la moindre goutte de sang sorcier soit expulsé. Ceux-là chercheront bien asile dans des pays à la tolérance plus grande, comme les îles autour au bien le reste de l'Europe. Et enfin, plus aucun sorcier n'aura à se cacher, n'aura à être effrayé par le spectre de Salem : la magie sera librement pratiquée, étendue, améliorées. Les expériences les plus folles ne connaîtront plus aucune barrière, et la pensée intellectuelle magique rentrera dans une nouvelle ère de gloire et de progrès. Et quant est-il des mêlés dans son plan ? Quelle est leur place dans sa merveilleuse vision ? Il s'est toujours imaginé les voir partir avec les autres, bien que ce soit peu réalisable. Combien de fonctionnaires faudrait-il remplacer du jour au lendemain ? L'économie sorcière ne serait pas simplement plombée par le départ de quelques fortunes, de quelques ouvriers de la société ? A cela, on lui a souvent répondu que l'Angleterre deviendrait une terre d'accueil pour les purs qui partagent les mêmes idées. Ce sera suffisant ? Ne finiront-ils pas comme Sparte qui après sa fermeture et son élitisme s'est effondrée ? C'est un risque qu'il doit être prêt à prendre pourtant, que tous les autres qui se réunissent autour des mêmes idéaux – bien que certains ne sont là que pour le carnage, doivent concevoir et appréhender. Mais les mots de cette femme ne sont pas suffisants pour le faire douter. Car quand il la voit, il n'a que du mépris. Du mépris pour la peur qui l'agite, de la haine pour sa condition de femme – la gente féminine le révulse tant pour la fragilité qu'il leur prête. Alors Andrea Northrop  représente tout ce qu'il hait, et c'est sans aucun doute réciproque. Il déteste la manière qu'elle a de hausser les épaules, la manière dont elle tend sous ses doigts mais se résout à résister aux émotions qui la submerge. Mais sous ses doigts, le cœur bat fort malgré ses tentatives – le cœur bat et il le sent. Le bien fondé ce ses doutes est inscrit dans l'air lui-même.

Les sourcils du mangemort se haussent quand elle vient à le tutoyer, la frêle jeune femme. Qui est-elle pour se permettre cette familiarité ? Se croit-elle assez pour lui rendre ses irrespectueuses phrases ? La réponse est néanmoins évidente : elle ne l'est pas. C'est un semblant de rire qui fait écho à l'aide qu'elle dit avoir apporté. « Si ton aide est si remarquable, comment cela se fait-il qu'elle ne m'ait jamais été vantée ? » A quoi sert-elle, si ce n'est à de rares missions d'espionnage ? De filature qui n'intéressent personne et dont on est toujours prompt à se débarrasser ? Puis de l'amusement d'une confrontation naît la lassitude d'idées balancées, de cette petite souris qui s'échappe d'entre ses griffes. « Peut être. » Phanès concède en réajustant les manches de son costume, avant de s'engager vers la sortie de la ruelle. « Mais la médiocrité... » Un instant où il cherche sa phrase, où il lisse les plis de son vêtement. « Disons que je préférerais mourir que de me corrompre. » Ce sont les derniers mots qu'il prononcera quand il quittera l'étroit coupe-gorge pour se fondre dans la foule et dans les commerces.

Quant à savoir si cette entrevue à répondue à sa question, disons que la réponse a été vite détournée. Pour l'instant, Andrea Northrop  n'est à ses yeux qu'une arriviste sans réelle valeur. Peut être une voix qui parle un peu trop fort, mais il ne pense rien qui puisse mettre en danger la position de la jeune femme.


FIN

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or, being lied about, don't deal in lies, or being hated don't give way to hating, and yet don't look too good, nor talk too wise;If you can dream- -and not make dreams your master; if you can think- -and not make thoughts your aim, if you can meet with Triumph and Disaster and treat those two impostors just the same:
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