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 (andrea), we don't want to see the truth.

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turn the pain into power
APARECIUM : 18/06/2017
HIBOUX : 441
SANG : de sang-pur, d'la pire espèce selon certains.
IDÉOLOGIE : ordre du phénix, comme tous les membres de sa famille ou comparses avant elle ; pourtant, depuis la supposée trahison d'Andromeda, son besoin de faire cavalier seul afin de la ramener au bercail se fait cruellement sentir.


MessageSujet: (andrea), we don't want to see the truth.   Mar 27 Juin 2017 - 19:50



we don't want to see the truth
If only you, You could see The darkest place that you could be, Oh maybe then you'd understand. From desert heat to cobbled streets, From broken home to the city beat There's so much more than you could know. So take me back When I believed, Back when I was unafraid Just like a thief, And all the heights That I could reach Back when I was unafraid Just like a thief. If I could live a thousand times, If I could make a thousand tries Maybe then I'd get it right. The more I see, the more I know That everyone just wants a show, No we don't want to see the truth. So take me back When I believed, Back when I was unafraid Just like a thief. ~ thief,
imagine dragons
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Le doute. Empêtrée, en plein dedans, l'échine courbée sous son poids. Longeant les rues de Londres, essayant de ne pas se perdre au sein de ces différentes foules qu'elle traverse petit à petit, les souvenirs de Daisy semblent se revigorer au fur et à mesure de ses enjambées. Elle observe les façades, les gens, les enfants ; et lorsqu'à un croisement elle tourne à droite, Daisy se souvient du jour où elle a annoncé la mort du père Northrop à sa fille, Andrea. Elle n'était pas celle qui s'était exprimé mais elle avait tout observé – elle avait senti son cœur se serrer lorsque le couperet était tombé, implacable et inéluctable. Elle avait vu le choc, l'effondrement, le chagrin et la colère. Elle avait assisté à la création de ce cocktail, n'usant que de ses bons sentiments pour se rapprocher de la sorcière et lui assurer que tout allait bien se passer ; comment ? pourquoi ? Des paroles rassurantes malgré sa gêne et son angoisse, des paroles qui se voulaient aussi sincères que possible. Mais lorsque la mort frappe à la porte, les sorciers redeviennent humains et ne sont plus rien ; ce décès, aussi brutal que surprenant, n'a pas poussé Daisy à reconsidérer sa vie. Elle pensait encore à Andrea, prenait de ses nouvelles, s'inquiétait de son état comme elle s’inquiéterait du sien à la suite du départ de l'un de ses proches ; proches sans être amies, inquiète sans pour autant s'immiscer dans sa vie privée. Il y avait des codes à respecter, des barrières aléatoires qu'elle se devait d'éviter. Daisy n'était rien d'autre qu'une membre de l'Ordre, étonnamment gentille avec Andrea malgré le sale caractère qu'elle se traînait habituellement, étrangement prête à lui ouvrir la porte de son foyer si elle en avait besoin. Consoler un être en deuil forge des liens et, même si ce fait est dardé d'une amertume vacillante, Daisy est forte d'idéaux qui ne permettent pas le moindre recul. Elle s'est toujours montrée polie et bienveillante à l'égard d'Andrea, ne se permettant jamais la parole de trop ou l'acte qui pousserait l'intéressée à grincer bruyamment des dents.

Et la voilà, Daisy, qui tourne en rond à la recherche de la maison de sa comparse. Toutes les rues de Londres se ressemblent, et elle maudit le manque d'imagination des moldus – ne serait-ce pas plus malin d'attribuer une couleur par avenue ? Mais non, elle n'aperçoit que les mêmes briques, les mêmes maisons, les mêmes immeubles. Elle cherche, s'apprête à dire la parole de trop ; parce qu'elle a vu Andrea quelques jours plus tôt, en compagnie d'un sorcier que les membres de l'Ordre soupçonnent d'être un Mangemort. Peut-être devrait-elle reculer d'un pas, se mettre à l'écart – ce ne sont certainement pas ses affaires, et Daisy est réputée pour monter de simples suppositions en mayonnaise, jusqu'à l'implosion fatale et l'annonce de la querelle permanente. Faire un pas en arrière, ce serait plus simple, mais ce n'serait pas Daisy. Qui plus est, le cœur encore lourd de la supposée trahison d'Andromeda Tonks (à laquelle elle n'accorde toujours pas la moindre véracité), elle voudrait simplement pouvoir encore compter sur quelqu'un qui n'était qu'à deux doigts de devenir une amie. Elle se dit qu'elle sauve leur amitié en devenir, qu'elle n'agit pas égoïstement, alors que tout en elle crie le contraire. Entre ses doigts, Daisy sent que ses amis filent, s'éclipsent, malgré tous ses malheureux efforts pour les retenir. Alors, elle rachète à Andrea une conscience, cherche simplement à justifier cette présence néfaste à ses côtés ; car peut-être ne sait-elle pas que ses fréquentations sont mauvaises. Daisy le sait, et c'est certainement plus suffisant que nécessaire. Elle retient toutefois ses ardeurs, sachant pertinemment que la patience d'Andrea est presque aussi limitée que la sienne.

Alors, dès qu'elle repère le numéro qui lui semble vaguement familier, Daisy s'élance avec un enthousiasme clairement restreint. Son poing s'abat par trois fois contre la porte boisée et, frigorifiée, elle attend que le battant s'ouvre. Andrea ne met pas longtemps avant de s'exécuter, et un petit sourire vient éclairer le visage de Weasley tandis qu'elle essaie d'arborer la moue la plus innocente possible ; les soupçons attendront quelques minutes, spécialement si elle tient à passer le seuil.

Alors, Daisy garde sa verve pour ses ancêtres et se contente d'un simple : « Oh, salut, tu vas bien ? Est-ce que je peux entrer ? » elle force son sourire, mais ses yeux se font perçants – elle cherche à déceler de l'animosité, de l'aigreur. Des caractéristiques portées sur des étiquettes qu'elle colle tout naturellement sur les fronts des mangemorts en devenir ; mais rien, non. Andrea ressemble à Andrea. « J'ai quelque chose à te dire. Enfin, rien de vital rassure-toi, mais ce serait mieux si on en discutait à l'intérieur. » elle se penche, place cette phrase sur le ton de la confidence. Elle omet le fait qu'elle va, indirectement, l'accuser ; ou remettre en question des idées sur lesquelles Daisy base son existence entière. Que cette simple formalité va se transformer en parcours du combattant, où rien n'a plus vraiment de sens. Elle y croit encore, déversant ses espoirs vains sur la frêle silhouette d'Andrea ; le plus amusant, c'est que cette dernière n'a très certainement aucune idée de ce qui se trame sous cette tête rousse.

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"and the freedom of falling" ; there is a swelling storm and I’m caught up in the middle of it all, and it takes control of the person that I thought I was, the girl I used to know. but there is a light in the dark and I feel its warmth in my hands, in my heart but why can’t I hold on ? 'cause it comes and goes in waves, it always does. we watch as our young hearts fade into the flood, and the freedom of falling and the feeling I thought was set in stone, it slips through my fingers and I'm trying hard to let go but it comes and goes in waves. @dean lewis
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kill 'em with kindness
APARECIUM : 03/12/2015
HIBOUX : 307
SANG : Mêlé, ses racines moldues remontent à sa grand-mère maternelle.
IDÉOLOGIE : Neutre, en réalité, mais Andrea a rejoint les mangemorts pour se venger de la mort de son père.


MessageSujet: Re: (andrea), we don't want to see the truth.   Ven 30 Juin 2017 - 14:40

Un regard dans le miroir, et les yeux qui se baissent. Elle refuse de se voir, de regarder ce visage qu’elle reconnaît à peine. Le visage du mensonge, de la haine, ce visage n’est pas le sien. Elle relève les yeux, pourtant, fronce les sourcils, frôle du bout des doigts les cernes qui semblent désormais la caractériser, la ride de lion qui prend sa place au milieu du front. Elle essaie de sourire, et une grimace se dessine. Ses yeux, autrefois si doux, lancent des éclairs, sont avides de cris, de sang. De mort. Elle ouvre le robinet, s’asperge le visage d’eau glacé, ferme les yeux quelques secondes. Quand elle les rouvre, elle semble presque déçu. L’étincelle rieuse si familière à son regard n’est pas réapparue. Elle soupire. Andrea a changé. Trop. Elle voulait tout arrêter, tout. Mais elle n’avait pas le choix. Elle s’était engagée, dans un combat qui lui semblait souvent trop grand pour elle. Elle ne reculerait pas, malgré la peur, les blessures, les mensonges, l’éloignement de ses proches. Parce qu’elle s’éloignait, volontairement, pour ne pas avoir à leur mentir davantage, pour ne pas qu’il la questionne sur son apparence et son humeur changeantes. Andrea détestait être seule. Elle avait le sentiment que le monde s’écroulait autour d’elle, que jamais plus on ne lui ferait confiance. Même sa mère la regardait d’un air étrange – les rares fois où Andrea daignait lui rendre visite – la questionnant sans arrêt. « qu’est-ce qu’il t’arrive, Drea ? » La jeune femme haussait les épaules, déposait un baiser froid sur le front de sa mère, « ne t’inquiète pas », avant de passer le pas de la porte sans se retourner.

Le bruit de la porte vient sortir Andrea de ses pensées. Elle sursaute et puis, d’un geste rapide, elle attrape la serviette pour s’essuyer le visage. Elle ne sait pas qui pourrait bien venir, aucun mangemort ne connaît son adresse et elle a bien trop délibérément fait comprendre à ses amis qu’elle avait besoin de rester seule pour qu’ils puissent faire la route jusque sa demeure. Elle descend l’escalier en bois, quatre à quatre, passe sa main sur sa longue robe noire, comme pour la dépoussiérer, avant d’ouvrir la porte et de se retrouver nez à nez avec Daisy Weasley. La jolie rousse a le visage éclairé par un sourire ravie, et Andrea s’imagine alors que leurs deux visages sont à l’opposés l’un de l’autre. Elle n’avait pas vu Daisy depuis des semaines, et elles se connaissaient à peine en réalité. Un lien unique les liait, pourtant. Andrea sent les larmes lui monter aux yeux en observant Daisy, celle-ci ravivant, bien innocemment, tous les souvenirs, tous les mauvais souvenirs. Elle se souvient, comme si c’était hier, des mots prononcés par le vieux sorcier – elle ne lui avait même pas demandé son nom – sonnant le glas, la fin de vie de son père. Elle se souvient, bien sûr, des sentiments mêlés, de l’incapacité à entendre, à accepter ses mots, des larmes jaillissant sur le visage de sa mère, de la colère qui lui serrait les dents. Elle se souvient, aussi, du moment passé, quelques jours après l’annonce fatale, avec Daisy, du bouleversement, et de l’effondrement. Les premières larmes qu’elle versait, et Daisy qui l’avait entouré dans ses bras, cette inconnue qui lui murmurait des mots, qui tentait de la soulager. Andrea s’était accrochée à elle, comme si elle était son ancre, celle qui l’aiderait à vivre, à surmonter l’épreuve. Elle n’a pas oublié, non plus, les jours, les semaines suivantes, les visites quotidiennes de Daisy, les mains serrées, les rires qu’elle tentait de lui arracher, les sourires qu’elle arrivait à obtenir. Elle n’avait rien oublié, Andrea, elle se souvenait de tout. Elle se souvenait aussi de l’éloignement dont elle avait fait preuve, avec elle comme avec les autres, alors qu’elle savait que Daisy aurait pu être celle qui l’aurait sauvé de tout. Mais Andrea avait fait son choix, un choix radical, qui la mènerait certainement à sa perte, et elle ne pouvait pas lui en parler.

La voix douce, mais forte, de Daisy la sort encore une fois de sa rêverie. Andrea, d’instinct, se pousse pour la laisser entrer. Elle n’est pas en colère de la voir là, au fond, même si elle sait très bien qu’il aurait mieux valu, pour toutes les deux, que Daisy se tienne à distance. Car Andrea n’avait aucun doute : elle savait pourquoi la jeune rouquine était là. Comme sa mère, elle lui demandera pourquoi elle se montre distante, elle lui proposera sûrement de l’aide. Le motif de sa visite ne pouvait être autre. Andrea était bien trop prudente, elle était persuadée que sa fausse allégeance aux mangemorts était inconnue de tous. Les mots, prononcés dans un murmure, de Daisy semble lui confirmer ce qu’elle sait déjà : « J'ai quelque chose à te dire. Enfin, rien de vital rassure-toi, mais ce serait mieux si on en discutait à l'intérieur. » Andrea acquiesce en silence, et la guide vers la cuisine étroite. Son logement n’est pas des plus charmants, mais il est fonctionnel et lui suffit amplement. Surtout, il l’éloigne de l’atmosphère pesante qui règne encore chez sa mère. Elle invite Daisy à s’assoir, et d’un ton las, lui propose un breuvage, « je vais faire du thé. » Elle se retourne sans attendre la réponse de son… amie ; il est vrai que malgré leur rencontre récente, Andrea avait tout de suite su qu’elle aurait pu compter sur Daisy, envers et contre tous, et cela lui suffisait pour la qualifier d’amie. Elle n’avait pas besoin d’amie, pas aujourd’hui, cependant. Elle glisse de l’eau sur la bouilloire qu’elle pose sur le feu, avant de se tourner vers la jeune femme. Elle s’assoit face à elle, et d’une voix trahissant son anxiété, lui demande, « que me vaut la plaisir de ta visite, Daisy ? » Les mots sont prononcés lentement et paraissent presque étranges. Elle était ravie, quelques semaines plus tôt, de la voir débarquer sur le perron de sa porte. Mais tout avait changé depuis, tout.

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In the art of war, if you know the enemy and know yourself, you need not fear the approaching battles. But if you know only yourself and not the enemy, for every victory, there will also be defeat.
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MessageSujet: Re: (andrea), we don't want to see the truth.   Mer 5 Juil 2017 - 11:04



we don't want to see the truth
If only you, You could see The darkest place that you could be, Oh maybe then you'd understand. From desert heat to cobbled streets, From broken home to the city beat There's so much more than you could know. So take me back When I believed, Back when I was unafraid Just like a thief, And all the heights That I could reach Back when I was unafraid Just like a thief. If I could live a thousand times, If I could make a thousand tries Maybe then I'd get it right. The more I see, the more I know That everyone just wants a show, No we don't want to see the truth. So take me back When I believed, Back when I was unafraid Just like a thief. ~ thief,
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La situation insuffle dans les veines de Daisy un semblant de malaise dont elle est tout bonnement incapable de se défaire. Sans l'intervention qu'elle se croit obligée d'orchestrer, Andrea pourrait devenir une amie ; et ce mot, ces quelques lettres, est dardé d'un sens profond, presque exotique. D'amis, Daisy n'en a pas beaucoup – la faute certainement à son foutu caractère qui tient les autres à bonne distance de son sillage personnel. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'Andrea fait partie de ces quelques rares individus qu'elle ne rechigne jamais d'aller voir ; c'est toujours un plaisir de la rencontrer, d'aller lui rendre visite, de se perdre dans le Londres moldu pour atterrir sur le seuil de sa maison et de se voir offrir une tasse de thé en guise de récompense bien méritée. Peut-être ne se connaissent-elles pas si bien que ça, peut-être pas autant qu'elles le devraient pour se considérer comme proches, mais Daisy n'est pas sans ignorer ce lien unique qui les lie ; finalement, elle est apparue dans la vie d'Andrea au moment où son monde vacillait, au moment où son père fut assassiné. Daisy porte sur son dos des montagnes de souvenirs, des allégories monotones et désagréables, et suppose que son simple aspect est pour toujours rattaché à l'annonce de la mort du père Northrop. Elle comprend, ou du moins essaie, et parvient à ne pas y accorder tellement d'importance. Elle est simplement satisfaite d'avoir été capable d'être là au moment où Andrea en avait besoin, forgeant ainsi entre elles cette relation que Daisy s'apprête, ni plus ni moins, à dissoudre entre ses doigts malhabiles. C'est quitte ou double, se dit-elle en franchissant le seuil de la maisonnée, remarquant sans difficulté le visage terne d'Andrea. Elle ne l'a jamais vue ainsi ; elle l'a vue en colère, malheureuse. Jamais fermée. Son cœur se serre davantage, tandis que son estomac semble supporter un poids supplémentaire en son sein. Si elle a raison, si ses doutes s'avèrent exacts, alors Daisy sait par avance qu'elle sera écrasée par la culpabilité. Elle se dit qu'à peu de choses près, elle aurait pu sauver Andrea. Elle aurait pu la secourir comme elle en a aidé d'autres avant elle ; mais comment faire lorsque le deuil est là, présent et palpable ? Comment faire lorsque l'impuissance la guette ?

Lentement, Daisy franchit le seuil de la maison, esquisse un sourire et acquiesce simplement lorsqu'Andrea lui propose une boisson ; sans attendre sa réponse, cette dernière s'est déjà détournée d'elle, allant mettre de l'eau dans la bouilloire pour le thé. La sorcière reste pantoise, interdite. Il est encore temps de faire demi-tour, il est encore temps de ne pas briser ce qui n'est même pas encore né entre elles ; mais Daisy perçoit cette situation comme un devoir, martyre désespérée et encore pleine d'un espoir ardent. Sans un mot, Weasley va s’asseoir sur le sofa, ses prunelles virevoltant à droite et à gauche, à la recherche d'un indice. De quelque chose susceptible d'éveiller son intérêt, ou de le réduire à néant. Quelque chose qui lui permettrait d'expliquer la présence d'Andrea en compagnie de Walden Macnair. Elle espère, la pauvre fille, elle espère et voit se profiler au loin les fantômes d'une étrange désillusion. Si Andrea lui ment, ou si elle la déçoit d'une manière ou d'une autre, Daisy pense que son cœur sera irrémédiablement brisé. En ce moment, tout n'est qu'une histoire lugubre de trahisons, méfaits et de noirceur ; rien ne parvient à éclairer cette existence morne à laquelle Daisy assiste. Elle garde pourtant en Andrea une foi incommensurable, conservant précieusement tous les moments partagés, élévation d'une rencontre au rang d'une amitié presque atteinte. Mais Daisy laisse filer ce lien, donc elle sent pourtant encore tous les contours. Elle abandonne, elle baisse les bras. Elle accepte de se tromper. C'est dur, ça fait mal, ça la fait se courber en deux ; mais la vie n'est jamais celle que l'on espère et, bon sang, Merlin seul sait à quel point Daisy aurait voulu autre chose.

Les lèvres de la sorcière s'étirent encore d'un fin sourire, ses fossettes se creusant à la commissure. Elle serre les cuisses, croise les jambes et entame son parcours du combattant, la croix sur le dos et l'incompréhension feinte transperçant sa voix. « On soupçonne Walden Macnair d'être un mangemort. Des soupçons évidemment fondés, notamment à cause de ses fréquentations et de ses activités illicites. Il ne s'agit pas pour le moment une tête à abattre, mais on s'en méfie. » elle hésite, aimerait se détourner de cette confrontation qui prend un nouveau tournant, un virage inédit ; elle a peur, au fond. « Je t'ai vue l'autre jour avec Macnair, sur le Chemin de Traverse. Est-ce qu'il y a des informations à son propos que tu aimerais partager avec l'Ordre ? » demande-t-elle plus doucement à l'accoutumée, les octaves de sa voix se réduisant au strict minimum. « Ou est-ce que tu voudrais me dire quelque chose ? » elle pousse, elle tape, elle exige ; mais tout prend un contour plus soyeux que ce qu'elle sous-entend réellement. Daisy n'a jamais été bonne pour les démonstrations d'affection ; pourtant, c'est l'affection qui l'empêche d'être cruellement honnête, c'est l'affection qui retient son courroux inévitable et ses véritables interrogations. C'est l'affection qui l'a empêchée de se confier à d'autres membres de l'Ordre sur ce qu'elle est sûre et certaine d'avoir vu. Le sentimentalisme ; ce n'est pourtant pas le premier mot qui se forme lorsqu'on voit pour la première fois Daisy Weasley. Rustre, revêche, un peu en dehors de ce monde. Elle aime les gens pourtant, ou du moins elle en aime certains, suffisamment pour essayer de préserver leurs sentiments lorsque le moment se fait plus coriace que d'habitude. Préserver Andrea, mais à quoi bon ? Cette danse, cette joute verbale, ridicule ne fait pourtant que commencer.

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