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(andrea), we don't want to see the truth.

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turn the pain into power
APARECIUM : 18/06/2017
HIBOUX : 670
CREDITS : av+ lolitaes, everything else+ phanus.
AVATAR : Holland Roden.
PSEUDO : penthésilée.
AGE : vingt-huit ans.
SANG : de sang-pur, d'la pire espèce selon certains.
ANCIENNE MAISON : ravenclaw — "or yet in wise old Ravenclaw, if you've a ready mind, where those of wit and learning, will always find their kind."
SITUATION : célibataire, coeur épris, chaotique et furieuse.
IDÉOLOGIE : ordre du phénix, comme tous les membres de sa famille ou comparses avant elle ; pourtant, depuis la supposée trahison d'Andromeda, son besoin de faire cavalier seul afin de la ramener au bercail se fait cruellement sentir.
MÉTIER : propriétaire d'un petit salon de thé sur le Chemin de Traverse, sobrement dénommé "Beans & Frogs".
ROLE PLAY : alastor + phanès (1) + andrea + weasley family + andromeda (flashback) + ted, meda (flashback) + golden quatuor (flashback) + corban + phanès (2)


MessageSujet: (andrea), we don't want to see the truth. Mar 27 Juin 2017 - 19:50



we don't want to see the truth
If only you, You could see The darkest place that you could be, Oh maybe then you'd understand. From desert heat to cobbled streets, From broken home to the city beat There's so much more than you could know. So take me back When I believed, Back when I was unafraid Just like a thief, And all the heights That I could reach Back when I was unafraid Just like a thief. If I could live a thousand times, If I could make a thousand tries Maybe then I'd get it right. The more I see, the more I know That everyone just wants a show, No we don't want to see the truth. So take me back When I believed, Back when I was unafraid Just like a thief. ~ thief,
imagine dragons
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Le doute. Empêtrée, en plein dedans, l'échine courbée sous son poids. Longeant les rues de Londres, essayant de ne pas se perdre au sein de ces différentes foules qu'elle traverse petit à petit, les souvenirs de Daisy semblent se revigorer au fur et à mesure de ses enjambées. Elle observe les façades, les gens, les enfants ; et lorsqu'à un croisement elle tourne à droite, Daisy se souvient du jour où elle a annoncé la mort du père Northrop à sa fille, Andrea. Elle n'était pas celle qui s'était exprimé mais elle avait tout observé – elle avait senti son cœur se serrer lorsque le couperet était tombé, implacable et inéluctable. Elle avait vu le choc, l'effondrement, le chagrin et la colère. Elle avait assisté à la création de ce cocktail, n'usant que de ses bons sentiments pour se rapprocher de la sorcière et lui assurer que tout allait bien se passer ; comment ? pourquoi ? Des paroles rassurantes malgré sa gêne et son angoisse, des paroles qui se voulaient aussi sincères que possible. Mais lorsque la mort frappe à la porte, les sorciers redeviennent humains et ne sont plus rien ; ce décès, aussi brutal que surprenant, n'a pas poussé Daisy à reconsidérer sa vie. Elle pensait encore à Andrea, prenait de ses nouvelles, s'inquiétait de son état comme elle s’inquiéterait du sien à la suite du départ de l'un de ses proches ; proches sans être amies, inquiète sans pour autant s'immiscer dans sa vie privée. Il y avait des codes à respecter, des barrières aléatoires qu'elle se devait d'éviter. Daisy n'était rien d'autre qu'une membre de l'Ordre, étonnamment gentille avec Andrea malgré le sale caractère qu'elle se traînait habituellement, étrangement prête à lui ouvrir la porte de son foyer si elle en avait besoin. Consoler un être en deuil forge des liens et, même si ce fait est dardé d'une amertume vacillante, Daisy est forte d'idéaux qui ne permettent pas le moindre recul. Elle s'est toujours montrée polie et bienveillante à l'égard d'Andrea, ne se permettant jamais la parole de trop ou l'acte qui pousserait l'intéressée à grincer bruyamment des dents.

Et la voilà, Daisy, qui tourne en rond à la recherche de la maison de sa comparse. Toutes les rues de Londres se ressemblent, et elle maudit le manque d'imagination des moldus – ne serait-ce pas plus malin d'attribuer une couleur par avenue ? Mais non, elle n'aperçoit que les mêmes briques, les mêmes maisons, les mêmes immeubles. Elle cherche, s'apprête à dire la parole de trop ; parce qu'elle a vu Andrea quelques jours plus tôt, en compagnie d'un sorcier que les membres de l'Ordre soupçonnent d'être un Mangemort. Peut-être devrait-elle reculer d'un pas, se mettre à l'écart – ce ne sont certainement pas ses affaires, et Daisy est réputée pour monter de simples suppositions en mayonnaise, jusqu'à l'implosion fatale et l'annonce de la querelle permanente. Faire un pas en arrière, ce serait plus simple, mais ce n'serait pas Daisy. Qui plus est, le cœur encore lourd de la supposée trahison d'Andromeda Tonks (à laquelle elle n'accorde toujours pas la moindre véracité), elle voudrait simplement pouvoir encore compter sur quelqu'un qui n'était qu'à deux doigts de devenir une amie. Elle se dit qu'elle sauve leur amitié en devenir, qu'elle n'agit pas égoïstement, alors que tout en elle crie le contraire. Entre ses doigts, Daisy sent que ses amis filent, s'éclipsent, malgré tous ses malheureux efforts pour les retenir. Alors, elle rachète à Andrea une conscience, cherche simplement à justifier cette présence néfaste à ses côtés ; car peut-être ne sait-elle pas que ses fréquentations sont mauvaises. Daisy le sait, et c'est certainement plus suffisant que nécessaire. Elle retient toutefois ses ardeurs, sachant pertinemment que la patience d'Andrea est presque aussi limitée que la sienne.

Alors, dès qu'elle repère le numéro qui lui semble vaguement familier, Daisy s'élance avec un enthousiasme clairement restreint. Son poing s'abat par trois fois contre la porte boisée et, frigorifiée, elle attend que le battant s'ouvre. Andrea ne met pas longtemps avant de s'exécuter, et un petit sourire vient éclairer le visage de Weasley tandis qu'elle essaie d'arborer la moue la plus innocente possible ; les soupçons attendront quelques minutes, spécialement si elle tient à passer le seuil.

Alors, Daisy garde sa verve pour ses ancêtres et se contente d'un simple : « Oh, salut, tu vas bien ? Est-ce que je peux entrer ? » elle force son sourire, mais ses yeux se font perçants – elle cherche à déceler de l'animosité, de l'aigreur. Des caractéristiques portées sur des étiquettes qu'elle colle tout naturellement sur les fronts des mangemorts en devenir ; mais rien, non. Andrea ressemble à Andrea. « J'ai quelque chose à te dire. Enfin, rien de vital rassure-toi, mais ce serait mieux si on en discutait à l'intérieur. » elle se penche, place cette phrase sur le ton de la confidence. Elle omet le fait qu'elle va, indirectement, l'accuser ; ou remettre en question des idées sur lesquelles Daisy base son existence entière. Que cette simple formalité va se transformer en parcours du combattant, où rien n'a plus vraiment de sens. Elle y croit encore, déversant ses espoirs vains sur la frêle silhouette d'Andrea ; le plus amusant, c'est que cette dernière n'a très certainement aucune idée de ce qui se trame sous cette tête rousse.

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"and the freedom of falling" ; there is a swelling storm and I’m caught up in the middle of it all, and it takes control of the person that I thought I was, the girl I used to know. but there is a light in the dark and I feel its warmth in my hands, in my heart but why can’t I hold on ? 'cause it comes and goes in waves, it always does. we watch as our young hearts fade into the flood, and the freedom of falling and the feeling I thought was set in stone, it slips through my fingers and I'm trying hard to let go but it comes and goes in waves. @dean lewis
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kill 'em with kindness
APARECIUM : 03/12/2015
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CREDITS : Class Whore (avatar) - Sugar Slaughter (icons)
AVATAR : Leighton Meester
PSEUDO : Sun Showers (Marie)
AGE : Vingt-cinq ans.
SANG : Mêlé, ses racines moldues remontent à sa grand-mère maternelle.
ANCIENNE MAISON : Pouffsouffle, reflet de sa loyauté et son sens de la justice.
SITUATION : Célibataire.
IDÉOLOGIE : Neutre, en réalité, mais Andrea a rejoint les mangemorts pour se venger de la mort de son père.
MÉTIER : Anciennement salariée au ministère de la magie, département de régulation et contrôle des créatures magiques, elle a récemment démissionné.


MessageSujet: Re: (andrea), we don't want to see the truth. Ven 30 Juin 2017 - 14:40

Un regard dans le miroir, et les yeux qui se baissent. Elle refuse de se voir, de regarder ce visage qu’elle reconnaît à peine. Le visage du mensonge, de la haine, ce visage n’est pas le sien. Elle relève les yeux, pourtant, fronce les sourcils, frôle du bout des doigts les cernes qui semblent désormais la caractériser, la ride de lion qui prend sa place au milieu du front. Elle essaie de sourire, et une grimace se dessine. Ses yeux, autrefois si doux, lancent des éclairs, sont avides de cris, de sang. De mort. Elle ouvre le robinet, s’asperge le visage d’eau glacé, ferme les yeux quelques secondes. Quand elle les rouvre, elle semble presque déçu. L’étincelle rieuse si familière à son regard n’est pas réapparue. Elle soupire. Andrea a changé. Trop. Elle voulait tout arrêter, tout. Mais elle n’avait pas le choix. Elle s’était engagée, dans un combat qui lui semblait souvent trop grand pour elle. Elle ne reculerait pas, malgré la peur, les blessures, les mensonges, l’éloignement de ses proches. Parce qu’elle s’éloignait, volontairement, pour ne pas avoir à leur mentir davantage, pour ne pas qu’il la questionne sur son apparence et son humeur changeantes. Andrea détestait être seule. Elle avait le sentiment que le monde s’écroulait autour d’elle, que jamais plus on ne lui ferait confiance. Même sa mère la regardait d’un air étrange – les rares fois où Andrea daignait lui rendre visite – la questionnant sans arrêt. « qu’est-ce qu’il t’arrive, Drea ? » La jeune femme haussait les épaules, déposait un baiser froid sur le front de sa mère, « ne t’inquiète pas », avant de passer le pas de la porte sans se retourner.

Le bruit de la porte vient sortir Andrea de ses pensées. Elle sursaute et puis, d’un geste rapide, elle attrape la serviette pour s’essuyer le visage. Elle ne sait pas qui pourrait bien venir, aucun mangemort ne connaît son adresse et elle a bien trop délibérément fait comprendre à ses amis qu’elle avait besoin de rester seule pour qu’ils puissent faire la route jusque sa demeure. Elle descend l’escalier en bois, quatre à quatre, passe sa main sur sa longue robe noire, comme pour la dépoussiérer, avant d’ouvrir la porte et de se retrouver nez à nez avec Daisy Weasley. La jolie rousse a le visage éclairé par un sourire ravie, et Andrea s’imagine alors que leurs deux visages sont à l’opposés l’un de l’autre. Elle n’avait pas vu Daisy depuis des semaines, et elles se connaissaient à peine en réalité. Un lien unique les liait, pourtant. Andrea sent les larmes lui monter aux yeux en observant Daisy, celle-ci ravivant, bien innocemment, tous les souvenirs, tous les mauvais souvenirs. Elle se souvient, comme si c’était hier, des mots prononcés par le vieux sorcier – elle ne lui avait même pas demandé son nom – sonnant le glas, la fin de vie de son père. Elle se souvient, bien sûr, des sentiments mêlés, de l’incapacité à entendre, à accepter ses mots, des larmes jaillissant sur le visage de sa mère, de la colère qui lui serrait les dents. Elle se souvient, aussi, du moment passé, quelques jours après l’annonce fatale, avec Daisy, du bouleversement, et de l’effondrement. Les premières larmes qu’elle versait, et Daisy qui l’avait entouré dans ses bras, cette inconnue qui lui murmurait des mots, qui tentait de la soulager. Andrea s’était accrochée à elle, comme si elle était son ancre, celle qui l’aiderait à vivre, à surmonter l’épreuve. Elle n’a pas oublié, non plus, les jours, les semaines suivantes, les visites quotidiennes de Daisy, les mains serrées, les rires qu’elle tentait de lui arracher, les sourires qu’elle arrivait à obtenir. Elle n’avait rien oublié, Andrea, elle se souvenait de tout. Elle se souvenait aussi de l’éloignement dont elle avait fait preuve, avec elle comme avec les autres, alors qu’elle savait que Daisy aurait pu être celle qui l’aurait sauvé de tout. Mais Andrea avait fait son choix, un choix radical, qui la mènerait certainement à sa perte, et elle ne pouvait pas lui en parler.

La voix douce, mais forte, de Daisy la sort encore une fois de sa rêverie. Andrea, d’instinct, se pousse pour la laisser entrer. Elle n’est pas en colère de la voir là, au fond, même si elle sait très bien qu’il aurait mieux valu, pour toutes les deux, que Daisy se tienne à distance. Car Andrea n’avait aucun doute : elle savait pourquoi la jeune rouquine était là. Comme sa mère, elle lui demandera pourquoi elle se montre distante, elle lui proposera sûrement de l’aide. Le motif de sa visite ne pouvait être autre. Andrea était bien trop prudente, elle était persuadée que sa fausse allégeance aux mangemorts était inconnue de tous. Les mots, prononcés dans un murmure, de Daisy semble lui confirmer ce qu’elle sait déjà : « J'ai quelque chose à te dire. Enfin, rien de vital rassure-toi, mais ce serait mieux si on en discutait à l'intérieur. » Andrea acquiesce en silence, et la guide vers la cuisine étroite. Son logement n’est pas des plus charmants, mais il est fonctionnel et lui suffit amplement. Surtout, il l’éloigne de l’atmosphère pesante qui règne encore chez sa mère. Elle invite Daisy à s’assoir, et d’un ton las, lui propose un breuvage, « je vais faire du thé. » Elle se retourne sans attendre la réponse de son… amie ; il est vrai que malgré leur rencontre récente, Andrea avait tout de suite su qu’elle aurait pu compter sur Daisy, envers et contre tous, et cela lui suffisait pour la qualifier d’amie. Elle n’avait pas besoin d’amie, pas aujourd’hui, cependant. Elle glisse de l’eau sur la bouilloire qu’elle pose sur le feu, avant de se tourner vers la jeune femme. Elle s’assoit face à elle, et d’une voix trahissant son anxiété, lui demande, « que me vaut la plaisir de ta visite, Daisy ? » Les mots sont prononcés lentement et paraissent presque étranges. Elle était ravie, quelques semaines plus tôt, de la voir débarquer sur le perron de sa porte. Mais tout avait changé depuis, tout.

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MessageSujet: Re: (andrea), we don't want to see the truth. Mer 5 Juil 2017 - 11:04



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La situation insuffle dans les veines de Daisy un semblant de malaise dont elle est tout bonnement incapable de se défaire. Sans l'intervention qu'elle se croit obligée d'orchestrer, Andrea pourrait devenir une amie ; et ce mot, ces quelques lettres, est dardé d'un sens profond, presque exotique. D'amis, Daisy n'en a pas beaucoup – la faute certainement à son foutu caractère qui tient les autres à bonne distance de son sillage personnel. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'Andrea fait partie de ces quelques rares individus qu'elle ne rechigne jamais d'aller voir ; c'est toujours un plaisir de la rencontrer, d'aller lui rendre visite, de se perdre dans le Londres moldu pour atterrir sur le seuil de sa maison et de se voir offrir une tasse de thé en guise de récompense bien méritée. Peut-être ne se connaissent-elles pas si bien que ça, peut-être pas autant qu'elles le devraient pour se considérer comme proches, mais Daisy n'est pas sans ignorer ce lien unique qui les lie ; finalement, elle est apparue dans la vie d'Andrea au moment où son monde vacillait, au moment où son père fut assassiné. Daisy porte sur son dos des montagnes de souvenirs, des allégories monotones et désagréables, et suppose que son simple aspect est pour toujours rattaché à l'annonce de la mort du père Northrop. Elle comprend, ou du moins essaie, et parvient à ne pas y accorder tellement d'importance. Elle est simplement satisfaite d'avoir été capable d'être là au moment où Andrea en avait besoin, forgeant ainsi entre elles cette relation que Daisy s'apprête, ni plus ni moins, à dissoudre entre ses doigts malhabiles. C'est quitte ou double, se dit-elle en franchissant le seuil de la maisonnée, remarquant sans difficulté le visage terne d'Andrea. Elle ne l'a jamais vue ainsi ; elle l'a vue en colère, malheureuse. Jamais fermée. Son cœur se serre davantage, tandis que son estomac semble supporter un poids supplémentaire en son sein. Si elle a raison, si ses doutes s'avèrent exacts, alors Daisy sait par avance qu'elle sera écrasée par la culpabilité. Elle se dit qu'à peu de choses près, elle aurait pu sauver Andrea. Elle aurait pu la secourir comme elle en a aidé d'autres avant elle ; mais comment faire lorsque le deuil est là, présent et palpable ? Comment faire lorsque l'impuissance la guette ?

Lentement, Daisy franchit le seuil de la maison, esquisse un sourire et acquiesce simplement lorsqu'Andrea lui propose une boisson ; sans attendre sa réponse, cette dernière s'est déjà détournée d'elle, allant mettre de l'eau dans la bouilloire pour le thé. La sorcière reste pantoise, interdite. Il est encore temps de faire demi-tour, il est encore temps de ne pas briser ce qui n'est même pas encore né entre elles ; mais Daisy perçoit cette situation comme un devoir, martyre désespérée et encore pleine d'un espoir ardent. Sans un mot, Weasley va s’asseoir sur le sofa, ses prunelles virevoltant à droite et à gauche, à la recherche d'un indice. De quelque chose susceptible d'éveiller son intérêt, ou de le réduire à néant. Quelque chose qui lui permettrait d'expliquer la présence d'Andrea en compagnie de Walden Macnair. Elle espère, la pauvre fille, elle espère et voit se profiler au loin les fantômes d'une étrange désillusion. Si Andrea lui ment, ou si elle la déçoit d'une manière ou d'une autre, Daisy pense que son cœur sera irrémédiablement brisé. En ce moment, tout n'est qu'une histoire lugubre de trahisons, méfaits et de noirceur ; rien ne parvient à éclairer cette existence morne à laquelle Daisy assiste. Elle garde pourtant en Andrea une foi incommensurable, conservant précieusement tous les moments partagés, élévation d'une rencontre au rang d'une amitié presque atteinte. Mais Daisy laisse filer ce lien, donc elle sent pourtant encore tous les contours. Elle abandonne, elle baisse les bras. Elle accepte de se tromper. C'est dur, ça fait mal, ça la fait se courber en deux ; mais la vie n'est jamais celle que l'on espère et, bon sang, Merlin seul sait à quel point Daisy aurait voulu autre chose.

Les lèvres de la sorcière s'étirent encore d'un fin sourire, ses fossettes se creusant à la commissure. Elle serre les cuisses, croise les jambes et entame son parcours du combattant, la croix sur le dos et l'incompréhension feinte transperçant sa voix. « On soupçonne Walden Macnair d'être un mangemort. Des soupçons évidemment fondés, notamment à cause de ses fréquentations et de ses activités illicites. Il ne s'agit pas pour le moment une tête à abattre, mais on s'en méfie. » elle hésite, aimerait se détourner de cette confrontation qui prend un nouveau tournant, un virage inédit ; elle a peur, au fond. « Je t'ai vue l'autre jour avec Macnair, sur le Chemin de Traverse. Est-ce qu'il y a des informations à son propos que tu aimerais partager avec l'Ordre ? » demande-t-elle plus doucement à l'accoutumée, les octaves de sa voix se réduisant au strict minimum. « Ou est-ce que tu voudrais me dire quelque chose ? » elle pousse, elle tape, elle exige ; mais tout prend un contour plus soyeux que ce qu'elle sous-entend réellement. Daisy n'a jamais été bonne pour les démonstrations d'affection ; pourtant, c'est l'affection qui l'empêche d'être cruellement honnête, c'est l'affection qui retient son courroux inévitable et ses véritables interrogations. C'est l'affection qui l'a empêchée de se confier à d'autres membres de l'Ordre sur ce qu'elle est sûre et certaine d'avoir vu. Le sentimentalisme ; ce n'est pourtant pas le premier mot qui se forme lorsqu'on voit pour la première fois Daisy Weasley. Rustre, revêche, un peu en dehors de ce monde. Elle aime les gens pourtant, ou du moins elle en aime certains, suffisamment pour essayer de préserver leurs sentiments lorsque le moment se fait plus coriace que d'habitude. Préserver Andrea, mais à quoi bon ? Cette danse, cette joute verbale, ridicule ne fait pourtant que commencer.

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ANCIENNE MAISON : Pouffsouffle, reflet de sa loyauté et son sens de la justice.
SITUATION : Célibataire.
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MessageSujet: Re: (andrea), we don't want to see the truth. Ven 11 Aoû 2017 - 21:14

Il aurait été plus facile de lui refuser l’hospitalité plutôt que de la regarder, là – ou plutôt de tenter de la regarder, car Andrea ne faisait, en réalité, que fuir le regard de Daisy. Elle n’aurait jamais dû ouvrir, elles ne se seraient pas retrouvées face à face. Andrea s’imaginait même qu’il aurait été plus aisé de lui claquer la porte au nez, mais elle savait très bien qu’elle n’aurait jamais pu faire une chose pareille. Daisy était là, dans la cuisine, elle la dévisageait d’un air sombre. D’un geste nerveux, Andrea tapotait ses doigts sur la vieille table en chêne. Elle détestait ces meubles, cette cuisine, et l’odeur qu’ils dégageaient. Elle n’avait guère les moyens de se payer mieux que cette maisonnée, qui lui semblait n’être rien de plus qu’un vieux taudis. Elle ne se sentait pas bien ici, c’était pourtant toujours mieux que l’atmosphère pesante qui régnait chez ses parents.. enfin, sa mère. Les volets restaient constamment fermés, seule une faible lueur parvenait à pénétrer la maison à travers les trous formés par l’usure et le temps. L’air était irrespirable, chaque recoin transpirait de l’eau de Cologne que son père portait quotidiennement. Andrea avait préféré partir, laisser sa mère dans son chagrin, surtout, pouvoir mener ses plans sans les remarques désapprobatrices d’Elea Northrop. Elle avait loué le premier bien qui venait, elle n’avait apposé aucune décoration aux murs, rien qui ne puisse laisser penser qu’elle vivait réellement ici. Elle n’en avait cure, au fond, tout cela n’était que temporaire, son existence actuelle n’était que temporaire. Une fois qu’elle aurait trouvé l’assassin et accompli la vengeance promise, elle fuirait loin de tout ça. Loin de la guerre, de la mort. Loin de l’Angleterre. Loin de Daisy, et loin de ce Miles qui trotte bien trop dans son esprit.


Elle pose la question, la fatidique, celle qui la fait trembler, celle qu’elle n’avait pas besoin de poser, au fond, parce qu’elle sait, elle sait déjà. Elle a envie, à la fois, de pleurer et de rire. Elle se sent prise au piège. Elle n’a pas envie de se confier, elle n’a pas envie de dire que la mort de son père la fait crever chaque jour un peu plus. Qui pourrait comprendre ? Au fond, on imaginerait presque qu’elle venait de perdre un amant, mais personne ne savait l’amour qui liait le paternel et sa fille. Elle ferme les yeux quelques instants, le temps d’entendre les mots de Daisy, sa réponse surprenante. Elle ne s’attendait pas à ce qu’elle vienne lui parler d’un mangemort. Ses yeux restent clos, elle ne tient pas à montrer une quelconque émotion se dessinant sur son visage. Macnair. Ce nom ne lui était pas inconnu, bien sûr. C’était lui qui l’avait emmené à Miles, lui qui les avait présenté, c’était à ses côtés qu’elle avait croisé, pour la première fois, le regard de celui qui l’intriguait. Elle rouvre les yeux et se lève, brusquement, se détourne de Daisy et s’approche de la gazinière. Son amie n’en a pas fini, elle le sait, et Andrea craint le pire. Si le nom de Macnair est évoqué autour de la table, ce n’est pas pour faire la conversation. Elle a encore un espoir, mince. On lui demandera peut-être de jouer l’espionne pour le compte de l’Ordre, reprendre les missions de son père. Elle espère, espère, son estomac se serre. Mais, elle a tort, comme depuis le début. Elle pose ses mains pour la bouilloire dès que celle-ci se met à siffler. Et, Daisy continue son flot de parole, lui indique l’avoir aperçu en la compagnie du mangemort présumé. Ses mains se crispent sur l’anse de l’objet brûlant. Elle a été vue. Son secret était percé à jour. Elle était foutue. Elle sent des frissons lui parcourir le corps, en même temps qu’une fièvre rapide lui réchauffe le visage. Daisy ne pouvait pas tout gâcher, pas maintenant. Il était trop tôt, elle avait à peine intégrer le camp des mages noirs, elle n’était rien. Elle tremble un peu, Andrea, de colère, de frustration. En colère, contre elle-même, et non pas contre sa amie, dont elle sent le regard sur son dos. En colère, parce qu’elle avait été assez idiote pour que l’on remarque ses allées et venues, pour qu’on aperçoive ses nouvelles fréquentations. Alors, elle la sent, cette colère qui monte et qui l’aidera à faire face à la situation.

Elle entend à peine le murmure de Daisy, celui qui ose lui demander si elle a des choses à révéler à l’Ordre, le groupe qui avait soutenu son père, qui lui avait surtout apporté la mort. Elle se retourne, à nouveau avec vigueur, et s’approche de la table. « Qu’est-ce que tu insinues, Daisy ? » elle crache, elle s’énerve, et le monde alors ne tourne pas rond, parce que jamais, jamais, Andrea Northrop ne se serait énervée sur une amie. « Tu débarques, là, avec tes noms, tes suppositions idiotes. » Elle la regarde froidement, voit ses mains trembler et s’appuie sur la table. « Vraiment ? Moi ? Avec un présumé mangemort ? Est-ce que tu te rends compte de ce que tu dis ? » Sa voix s’accentue, contrastant avec le précédent murmure de la jolie rousse. Mais, elle ne nie pas, au fond. Elle ne dit pas, non, Daisy, ce n'était pas moi, non, Daisy, tu t'es trompée. Non, elle ne dit rien, parce que Daisy ne se trompe pas. Et elle le sait. « Dois-je te rappeler ce que tu es venue m’annoncer la première fois que nous nous sommes rencontrées ? Dois-je te rappeler que celui que tu prétends avoir vu avec moi est probablement l’un de ceux qui ont assassiné mon père ? » Elle s’interrompt, haletant, le son de sa voix résonnant dans ses oreilles. « Crois-tu vraiment que je puisse être comme ces monstres ? Ceux qui tuent sans jamais sourciller, ceux qui torturent pour s’amuser ? » Les rires qu’elle entend presque chaque jour lui reviennent à l’esprit. Parce qu’ils rient, ces idiots. Ils voient les visages se déformer sous la douleur atroce qu’on leur fait subir, et ils rient aux éclats. Elle en avait vomi, elle était rentrée, chez elle, en larmes, et avait fini par s’endormir à côté des toilettes après avoir vomi ses tripes en repensant à ce à quoi elle avait assisté, impuissante. Elle avait regardé, n’avait rien fait, car elle était censée apprécier ce qu’elle voyait. Elle se dégoûtait, de plus en plus. « Jamais, tu m’entends, jamais, » elle hurle à présent, « jamais, Daisy, je ne serai comme ces assassins. » Elle ne dit pas, jamais, je ne les rejoindrai. Elle ne ment pas. Elle tait simplement la vérité. Elle finit par se laisser tomber sur la chaise, épuisée. « Plutôt mourir », murmure-t-elle. Et puis, elle prend son visage dans ses mains et laisse échapper les sanglots qui lui montent aux yeux depuis quelques minutes, depuis des semaines, des mois. « plutôt mourir, » elle répète. Parce qu’elle meurt, de toute façon, elle est en train de mourir, bouffée par la mort, la torture et son mensonge, qui finira par l’étouffer. Elle meurt, et elle le sait.


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In the art of war, if you know the enemy and know yourself, you need not fear the approaching battles. But if you know only yourself and not the enemy, for every victory, there will also be defeat.
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(andrea), we don't want to see the truth.

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