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 What a piece of work is a man

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APARECIUM : 27/02/2016
HIBOUX : 654
SANG : Mêlé
IDÉOLOGIE : Officiellement traitre à l'Ordre


MessageSujet: What a piece of work is a man   Jeu 29 Juin 2017 - 17:46



What a piece of work is a man
What a piece of work is a man
Congrès annuel de la recherche magique ; Calgary - 1964

— Ludovic ?!

Discrètement, l'intéressé tâcha de se fondre un peu plus derrière le pilier qui lui servait de refuge, sa silhouette longue et fine complètement tassée contre le mur. Ce n'était pas comme s'il en avait besoin, camouflé comme il l'était par son sort de dissimulation, il aurait très bien pu se contenter de traverser le hall immense grouillant de monde pour sortir par la grande porte que personne ne l'aurait vu, mais on ne change pas les vieilles habitudes et, longer les murs en prenant garde à ne pas être vu, était bien plus enthousiasmant que l'invisibilité pure et dure. Il ne fallut pas longtemps pour que le vieux petit sorcier qui avait appelé son nom ne finisse par se diriger dans une autre direction, lui tournant le dos en cherchant son apprenti à travers la foule compacte jusqu'à ce qu'un autre sorcier aux épaulettes improbables ne vienne lui serrer la main et commence à lui parler. C'était justement ça que le français fuyait. Cette fâcheuse tendance qui avait court dans les jours de conférences, où tout le monde venait parler à tout le monde de telle façon que vous n'aviez plus le temps de respirer, boire ni manger. Tendant la tête, Ludovic s’assura que la voie était libre, son professeur occupé, avant de continuer sa route, se dirigeant en silence jusqu'à une grande porte fenêtre donnant sur un balcon, ne laissant comme seule trace de son passage qu'une petite poignée de canapés apéritifs flottant dans les airs. Une pause, c'était tout ce qu'il voulait. Loin du bruit et des pas étouffants, loin de la puanteur ambiante d'une armée de sorciers savants entassés dans une salle de conférence surchauffée.

Le centre de recherche magique de Calagary était un bâtiment massif, caché au sommet d'un des tous premiers immeubles qui fleurissaient au Canada. On y accédait par la porte d'entrée d'un bâtiment purement commercial pour déboucher à son sommet, dans une salle immense rendue bien plus large par plusieurs sorts de volumes qui donnait une vue sublime sur le lac et l'ensemble de la vallée. Tout, à cet endroit, respirait la magie. Plus que partout ailleurs il n'y avait pas un seul objet qui pouvait faire l'impression d'avoir été emprunté aux moldus. Des machines improbables, des tables auto-classantes, des fauteuils qui s'adaptaient à votre morphologie pour vous assurer le meilleur confort possible et vous réveillaient si jamais vous vous endormiez pendant une conférence... une véritable opulence magique qui n'était pourtant que la partie émergée de l'iceberg, celle que pouvait voir tous les invités du congrès. Une salle de conférence dotée de tout le nécessaire, grouillante de sorciers venus de tous horizons pour parler ou entendre parler des dernières découvertes sur la magie à travers le monde. Un exemple tant de modernité que d'innovation, un refuge pour tous ceux qui avaient un jour rêvé de consacrer leur vie à la connaissance, un événement majeur inconnu du grand public, mais qui ravissait toujours des centaines de personnes initiées. Loin d'être ce qui passionnait le français.

Lui, il préférait les étages, ceux auxquels ont accédait par un système de cabines ensorcelées. Semblables à des petits salons douillets, pourvus d'une seule chaise, ces pièces minuscules vous menaient encore plus haut dans des laboratoires pourvus de tout ce dont un Serdaigle aurait pu rêver. Des salles entières couvertes de tableaux pour étaler la ligne complexe de vos théories, des salles de tests à l'épreuve de toute explosion et de n'importe quel dragon, des bibliothèques immenses et une cafétéria divine qui servait des repas aussi délicieux que rapides, pensés tout entier pour vous permettre de retourner au plus vite à votre travail voir même pour vous permettre de passer plus d'une semaine sans avoir besoin de dormir. Le rêve, un petit jardin d'Eden des sciences, pourtant condamnée par ces mondanités annuelles auxquelles il était obligé de prendre part. Durant le congrès, impossible d'entrer dans une de ces cabines pour le paradis. Toutes étaient solidement fermées et mises hors services et les escaliers de secours ensorcelés de façon à ce que nul ne puisse quitter le grand hall de conférence. Un moyen d'éviter le vol de projets et de se prémunir de tout attentat envers les nombreuses têtes pensantes qui faisaient l'effort de sortir leurs si précieux cerveaux de leurs bureaux pour venir en partager la connaissance. Une sécurité innovante qui privait les nouvelles recrues de profiter des installations de leurs ainés.

Arrivé au niveau des balcons, Ludovic mit un temps fou à en trouver un de libre. C'était à croire que pas un seul centimètre du bâtiment n'avait la chance d'être dépourvu de sorcier. La moindre surface, le moindre refuge potentiel était déjà envahi par des petits groupes de chercheurs discutant vivement qui avaient eut la même idée que lui pour profiter d'un répit et s'étaient, une fois de plus, retrouvés pris au piège dans ces amabilités envahissantes. Ludovic avait faim, soif, il ne voulait pas être dérangé.

Il trouva son bonheur sur un balcon tout à fait à l'écart, qui paraissait un peu moins solide que les autres et donnait sur une vue qui se voulait splendide mais n'avait rien d'extraordinaire. Soufflant enfin, le brun reprit sa baguette, passée à sa ceinture, dissipant le sort d'invisibilité pour s'appuyer contre la façade, loin de la longue lézarde qui fendait la rambarde, et commencer à manger. Ce n'était pas trois canapés au saumon qui allait le rassasier, mais pour lui qui n'avait rien pu avaler depuis son arrivée sur place, cela valait mieux que rien. Mâchonnant consciencieusement, le brun tâcha de faire le vide, de profiter du silence malgré le brouhaha confus qui lui parvenait encore dans le dos. Il avait encore un peu de mal à croire qu'il se trouvait là, dans un autre pays, complétement libre d'où il pouvait poser ses pas, et pourtant obligé de rester cloitré dans un immeuble. Ce n'était pas comme s'il était indispensable pourtant, il aurait pu partir, transplaner pour un lieu ou un autre, disparaitre pour quelques heures et revenir sans que personne ne s'en aperçoive, mais il l'avait promis, il resterait.

Le regard dans le vague, son repas terminé, mais le ventre toujours vide, les traits creux et l'air aussi maussade que fatigué malgré son jeune âge, le maigrichon songeait encore à la façon dont tous ces sorciers lui étaient tombé dessus tout à coup. Eux qui l'avaient si bien ignoré durant tout le début du congrès avaient semblé se ruer sur lui comme des mouches juste après qu'il ait eut terminé sa brève intervention sur l'Ancienne Magie. Werhborn le savait, il l'avait fait exprès. Il avait voulu présenter son "poulain" à l'ensemble du monde sorcier et ne s'était pas privé pour le forcer à prendre la parole dès sa première visite au congrès. Une façon on ne pouvait plus idéale de commencer sa carrière dans la recherche. Jeune, inconnu, mais déjà écouté et harcelé de questions dans un haut lieu de la connaissance. L'idéal. Il y avait en contre-bas tout un monde qu'il ne pouvait pas atteindre, des vallées, des rues pleines de monde, des horizons déchirés par les lignes des montagnes, des laboratoires à ne savoir qu'en faire et l'assurance qu'il n'y mettrait probablement jamais les pieds, mais qu'elle importance quand une poignée de vieux érudits poussiéreux venaient vous secouer la main et vous écraser les pieds pour tenter de vous vendre leurs idées.

Machinalement, Ludovic glissa une main à l'intérieur de sa veste, en tirant une flasque cabossée qu'il eut tôt fait d'ouvrir et de porter à ses lèvres. Avalant une puis deux rasades d'alcool brulant pour entretenir cette brume opaque dans laquelle il avait plongé son cerveau depuis longtemps. La première pour chasser le goût poisseux qui commençait à lui encrasser la gorge de ne pas avoir bu depuis un moment, la seconde pour calmer sa migraine naissante au profit de celle que lui apporterait l'absinthe et la troisième, qu'il avala avec beaucoup plus de soin lorsque les deux premières furent finies, pour chasser la mélancolie par cette béatitude creuse empruntée aux ignorants.

Code par Melody  |  Gif : Tennant-tuesday.tumblr.com

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